Le test de la bienveillance avec les non-vaccinés

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Emmanuelle Latraverse

2022-01-18T10:00:00Z

Déjà d’une rigueur légendaire, le ministre fédéral de la Santé semble guidé par une nouvelle étoile : la bienveillance.

Taxer les non-vaccinés ? « Il faut avoir une approche bienveillante, » répond-il.

Resserrer le passeport sanitaire ? Bienveillance. 

Épiphanie

Cette nouvelle philosophie n’est pas dénuée d’ironie. C’est tout de même son premier ministre, son parti qui ont politisé à outrance l’enjeu de la vaccination pour remporter l’élection l’automne dernier.

D’ailleurs, maintenant que le gouvernement fédéral s’est débarrassé de ses employés non vaccinés, il semblerait que seuls les non-vaccinés du Parti conservateur sont des irresponsables dangereux. 

Le ministre Duclos invoque la prudence. Car certains n’ont pas accès aux bonnes informations, d’autres sont trop occupés pour prendre rendez-vous et j’en passe. 

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Vulnérables

Craindrait-il soudainement les dangers d’une trop grande polarisation du débat sanitaire au pays ? Il a le mérite de nous forcer à y réfléchir. De là à ce que la décision de Santé Canada sur le remède anti-COVID Paxlovid passe comme une lettre à la poste, j’ai un doute.

Car ces non-vaccinés, honnis de la majorité, auront un accès privilégié à ce traitement pour éviter les complications de la COVID. Ou plutôt, l’approvisionnement étant limité, le Paxlovid sera réservé aux clientèles les plus susceptibles d’être hospitalisées, dont, bien sûr, les non-vaccinés.

Donc, le mec qui ne croit pas au vaccin obtiendra le précieux médicament avant ceux qui ont respecté toutes les règles depuis 22 mois.

C’est l’universalité de notre système de santé, qui d’ailleurs ne refuse pas de soigner les cancers du poumon des fumeurs. 

Si la bienveillance est une vertu, c’est justement parce que, parfois, elle est difficile à pratiquer.

Encore faudra-t-il que ces non-vaccinés acceptent le traitement de la méchante pharmaceutique qui veut les empoisonner et s’enrichir sur leur dos avec son vaccin.

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