Le traditionnel «Boxing Day» sacrifié
Plus de 40 % des Québécois prévoyaient magasiner pendant cette période

Martin Jolicoeur
Le Boxing Day n’aura finalement pas lieu cette année au Québec, si l’on se fie aux propos tenus par le premier ministre, François Legault, au cours de la journée d’hier.
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M. Legault annoncera aujourd’hui que les commerces non essentiels seront fermés du 25 décembre au 11 janvier.
« Nul ne le sait avec certitude. Mais je vous dirais que c’est le scénario le plus probable actuellement », nous a confié en fin de journée, hier, le directeur des relations gouvernementales du Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), Jean-François Belleau.
La semaine dernière, il avait déjà prévenu que de nouvelles restrictions seraient nécessaires pour casser la seconde vague de la pandémie. Cela avait provoqué une nouvelle vague d’inquiétude dans l’industrie du détail, déjà mal en point.
« Le pire aurait été que des fermetures nous soient imposées aussi rapidement que cette semaine », a soutenu le PDG du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin. Comme la semaine d’avant Noël est l’une des plus payantes de l’année pour les détaillants, le compromis le plus intéressant serait sans doute de reporter les fermetures au lendemain de Noël. »
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Inspiré par Merkel
C’est en tout cas ce compromis que le gouvernement Legault a choisi. En entrevue hier à TVA, François Legault a dit s’inspirer de l’Allemagne. Dimanche dernier, en réponse à l’explosion des cas d’infection, la chancelière a annoncé la fermeture de tous les commerces à compter de demain. Seule exception : les commerces « répondant aux besoins quotidiens » de la population.
« On regarde différents scénarios, a expliqué François Legault. Mais comme le disait Mme Merkel en fin de semaine, on peut peut-être laisser les gens faire leur magasinage jusqu’à Noël. Mais après ça, est-ce qu’on peut, pour un certain temps, fermer les magasins pour être capables de casser la vague et éviter des contacts ? »
La fermeture des commerces, à compter du 24 décembre au soir, entraînera une rare suspension du traditionnel événement commercial. Né au 19e siècle en Grande-Bretagne, le Boxing Day est aujourd’hui présent dans la plupart des pays du Commonwealth.
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Qui seront les essentiels ?
Selon le CQCD, 42 % des Québécois avaient l’intention de faire des achats pendant le Boxing Day, une manne pour les détaillants. Bon an mal an, affirme M. Drouin, les Québécois dépensent une moyenne de 300 $ pour l’occasion.
Reste à voir quels seront ceux qui pourront faire partie de la courte liste des détaillants d’exception qui pourront maintenir leurs portes ouvertes. Est-ce que les Costco, Walmart, Canadian Tire et Dollarama feront toujours partie des commerces que Québec considère, comme au printemps, comme essentiels ?
Et si oui, est-ce qu’à l’instar du Manitoba depuis novembre, Québec aura le courage d’empêcher ces grandes chaînes de vendre des marchandises jugées non essentielles chez d’autres commerçants, tenus de fermer boutique ?
Quoi qu’il en soit, l’industrie espère de la flexibilité du gouvernement. On espère par exemple que, tout en ordonnant la fermeture des magasins, Québec leur permettra de maintenir ouverts leurs services d’autocueillette.
– Avec Jean-Michel Genois Gagnon et Francis Halin
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