Le tramway et les banlieues

Karine Gagnon
Il est inconcevable que le gouvernement Legault bloque le projet de réseau structurant de Québec parce qu’il souhaite une meilleure desserte des banlieues, sans même avoir daigné préciser ses attentes et demandes en la matière.
Questionné en marge d’un point de presse sur les attentes du gouvernement pour mieux desservir les banlieues avec le réseau structurant, le maire de Québec a répondu qu’elles n’étaient pas claires.
« Moi, je ne peux absolument pas vous dire ça actuellement. Appelez le gouvernement et tentez de comprendre ce qu’ils veulent dire », a lancé Régis Labeaume aux journalistes, hier, avant la séance du conseil municipal.
M. Labeaume aurait décidément avantage à appeler le gouvernement lui aussi afin de mieux comprendre. Il s’agit après tout du point d’achoppement qui empêche le gouvernement de donner le feu vert au projet.
Véritable fouillis
En attendant, des informations contradictoires ont circulé. Avant les Fêtes, une « source impliquée dans le dossier » évoquait dans La Presse la volonté du gouvernement de voir des coupes dans le tracé à Charlesbourg et à Cap-Rouge. Dans les jours suivants, une source bien informée révélait au Journal que le tracé ouest du tramway serait préservé.
Quoi qu’il en soit, pour la Ville et le Bureau de projet, le réseau répond très bien aux besoins des banlieues, définies par le maire comme les anciennes villes aujourd’hui fusionnées.
« Les banlieues n’auront jamais été aussi bien servies », assure Régis Labeaume, rappelant que 80 % du service du Réseau structurant se déploiera dans les banlieues, en plus d’une connexion avec les MRC environnantes et avec la Rive-Sud.
Qu’attend le gouvernement au juste ? Serait-on en train de s’imaginer que la phase 1 permettra de desservir l’ensemble du territoire, jusqu’aux recoins les plus éloignés et les moins achalandés ?
Il faudra bien entendu, pour cela, compter sur de nouvelles phases. Comme pour tout projet de transport structurant, il faut d’abord mettre en place la colonne vertébrale.
À Montréal, avec le REM, on l’a bien compris, et apparemment le gouvernement aussi. Imaginez, on parle déjà de phase 3, pouvait-on lire à la une de La Presse, hier. Régis Labeaume affirme en avoir renversé son café. On peut comprendre.