Vos vacances au Québec: le Vieux-Québec en mode survie

La situation est devenue critique pour certains commerçants

Depuis un an, les touristes ont semblé délaisser les grands centres comme le Vieux-Québec et la place Royale, au profit des régions plus éloignées.
Depuis un an, les touristes ont semblé délaisser les grands centres comme le Vieux-Québec et la place Royale, au profit des régions plus éloignées. Photo Didier Debusschère
Photo portrait de Dominique Lelièvre

Dominique Lelièvre

2021-05-09T04:00:00Z

Avec la chute vertigineuse du tourisme, la situation est critique pour les commerçants du Vieux-Québec. Mais de son bureau du Château Frontenac, Ken Hall, directeur de l’emblématique hôtel, voit venir, l’an prochain, de meilleurs jours.

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« C’est plus qu’une boule de cristal, ce sont des contrats signés. Nous, on continue de travailler avec des congrès, dont des congrès américains, les tours internationaux, le marché coréen. Il y a beaucoup de demandes », révèle M. Hall, dans un entretien avec Le Journal.

Pour 2022 et 2023, ces clientèles ont déjà réservé des milliers de chambres, ce qui laisse entrevoir des retombées dans tout l’écosystème touristique. Pour le moment, le marché du tourisme d’agrément est moins concerné par cette tendance. On sait toutefois que celui-ci réserve moins à l’avance.

Pour la saison qui est à nos portes, les prévisions sont plus conservatrices : « Je pense que ça va être un été comme l’été passé. Peut-être un peu mieux. Beaucoup de touristes québécois, de l’Ontario », avance le directeur général du Fairmont Le Château Frontenac.

Solidarité

Le directeur du Château-Frontenac, Ken Hall, demeure confiant de voir cette tendance renversée dans les prochains mois.
Le directeur du Château-Frontenac, Ken Hall, demeure confiant de voir cette tendance renversée dans les prochains mois. Photo Stevens LeBlanc

« Solidaire » avec les membres de l’industrie, Ken Hall tente de semer de l’espoir chez ses pairs. « Je sais que c’est difficile pour tout le monde, mais il faut voir l’avenir aussi », dit-il, se montrant même « très optimiste pour le futur ».

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Des touristes, le Vieux-Québec en a désespérément besoin. Sur la rue Saint-Jean uniquement, plusieurs locaux sont vacants. Un inventaire de la Société de développement commercial (SDC) datant de l’automne indique qu’au moins 22 commerces du secteur ont fermé définitivement.

Le président sortant de la SDC Vieux-Québec, Jacques-André Pérusse, trouve ça « très dommage », mais préfère voir le verre à moitié plein. Selon lui, plusieurs de ces locaux trouveront preneur car « il y a du magasinage qui se fait » actuellement. 

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L’Association hôtelière de la région de Québec ne rapporte, elle, aucune fermeture chez ses membres du Vieux-Québec. Dans la grande région de Québec, c’est une autre chose ; on parle de neuf fermetures, surtout des petites auberges et des gîtes.

Fardeau

Même les entreprises bien établies trouvent ça dur. « Il n’y a pas une journée où je ne sens pas le fardeau sur mes épaules », confie Michelle Doré, propriétaire de quatre établissements d’hébergement, dont l’Hôtel Champlain.

Si elle a dû gruger dans ses économies, qui sont aussi en quelque sorte son fonds de retraite – une décision crève-cœur –, Mme Doré assure qu’elle sera « capable de passer au travers » de la crise.

Pour aider l’industrie, la Ville de Québec a dévoilé récemment un plan de près de 12 millions $ qui permettra de tenir environ 500 animations sécuritaires dans toute la ville cet été.

On prévoit aussi, avec l’Office du tourisme, une offensive « peut-être jamais vue depuis 2008 », sur le plan du marketing notamment, a révélé le maire, Régis Labeaume, au conseil municipal du 19 avril.

« On veut que les gens du Québec comprennent que dans les prochains mois, s’ils se cherchent un lieu pour prendre des vacances, c’est à Québec que ça va se passer », a-t-il expliqué. 

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