Legault vacciné contre les mauvais sondages

Photo portrait de Richard Martineau

Richard Martineau

2021-05-08T09:00:00Z

Ainsi, selon le sondage Léger que Le Journal a publié hier, François Legault est encore bien en selle avec un solide 46 % dans les intentions de vote.

Vous direz que c’est normal : quand on est sur un bateau de croisière et qu’on traverse une tempête, on fait bloc autour du capitaine.

UN BON CAPITAINE

Vous avez raison, mais c’est plus que ça. 

Quoi qu’en disent les critiques des mesures sanitaires (ceux qui s’apprêtent à voter pour le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime, qui axe actuellement son discours sur ce seul et unique thème), François Legault n’est pas seulement un capitaine.

C’est un bon capitaine.

On n’a qu’à voir le taux de vaccination au Québec : ça va rondement. Plus de 40 % de la population a reçu sa première dose. 

La lumière qu’on voit au bout du tunnel ne provient pas des phares d’un train se dirigeant vers nous : c’est bel et bien la porte de sortie. 

Il fait beau, ça sent le printemps, 86 % des Québécois appuient la campagne de vaccination, le gouvernement va bientôt dévoiler son plan de déconfinement ; plus le nombre de personnes vaccinées augmente, plus tôt on va pouvoir aller prendre une bière sur une terrasse : comment ne pas être optimiste ?

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C’est bien plus l’après-pandémie qui devrait inquiéter le gouvernement. 

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Quand il ne pourra plus compter sur la « raison d’État » et l’insécurité sanitaire pour balayer sous le tapis certains enjeux sociaux particulièrement sensibles comme l’immigration, la défense de la langue, et les deux mots que monsieur Legault ne veut pas prononcer : (racisme) « systémique » et « crise » (du logement). 

LE PQ CONTRE L’ÉPOQUE

Pour le PQ, les nouvelles ne sont pas bonnes. Le parti continue de glisser (12 % des intentions de vote, derrière Québec Solidaire), malgré l’arrivée d’un chef intelligent, jeune et combatif. 

Comme je l’ai déjà écrit au lendemain des élections de 2018, où le PQ sous Jean-François Lisée ne récolta qu’un maigre 17 % des voix, le parti fondé par René Lévesque ne lutte pas seulement contre ses adversaires.

Il lutte contre l’époque. 

Qu’on s’en désole ou non, le mot « nationalisme » (autrefois si exaltant pour les gens de 20 ans) est devenu, pour la majorité des jeunes, un mot radioactif, infréquentable. 

Synonyme de fermeture, de frilosité et d’intolérance. 

Ce n’est pas propre au Québec : c’est la même chose partout en Occident.

Les chantres du nationalisme passent maintenant, aux yeux de beaucoup de jeunes, pour des réactionnaires, pour ne pas dire des fascistes.

La mode est maintenant au multiculturalisme gnangnan à la Trudeau, au franglais bon chic bon genre et à Netflix.

Ajoutez à cette soupe indigeste la vaste niaiserie qu’est le mouvement woke (la plus grande supercherie intellectuelle à être sortie de nos universités depuis la fièvre maoïste) et l’omniprésence de la culture américaine, qui a fini par convaincre les jeunes Québécois que George Floyd a été tué dans une ruelle à Montréal-Nord, et vous avez...

Eh bien, vous avez le PQ à 12 %. 

Et Manon Massé devant Paul St-Pierre Plamondon. 

Fa que.

On mettrait Véronique Cloutier à la tête du PQ que ça ne ferait pas bouger l’aiguille d’un iota.

Mais ce n’est pas parce qu’une idée n’est pas à la mode qu’elle n’est pas pertinente. Et nécessaire.

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