Pandémie: les arbitres désertent les terrains de sport
Le recrutement est si difficile que des matchs sont disputés sans officiels


Jérémy Bernier
Les contraintes sportives liées à la pandémie ont poussé des centaines d’arbitres sportifs à quitter la profession, au Québec, au point tel que certains matchs se jouent même sans arbitres.
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Trésorier de l’APAFQ
« En ce moment, on parle d’une baisse d’effectifs d’au moins 15 % dans la province. Et ce chiffre augmente tous les jours », soupire Hugo Dallaire, trésorier de l’Association provinciale des arbitres de football (APAFQ).
Alors que les saisons de football associatif et scolaire débutent dans moins d’un mois, le bassin d’arbitres n’a jamais été aussi faible. Depuis la pandémie, l’APAFQ est passé de 465 membres en 2019 à moins de 400 cette année.
Il s’agit du double des effectifs perdus au courant des cinq années précédentes réunies.
Mais si les contraintes devaient ressembler à celles de 2020, avec l’arrivée de la 4e vague, on pourrait descendre sous la barre des 350 membres, estime M. Dallaire, se basant sur un sondage mené en juin dernier.
Pas d’arbitrage
Le problème est tout aussi grave dans d’autres disciplines.
« Pour une saison normale de basketball, par exemple, il nous faut une centaine d’arbitres. En ce moment, on en a moins de quarante », déplore Mathieu Rousseau, directeur général de la branche Québec–Chaudière-Appalaches du Réseau du sport étudiant (RSEQ).
« On a plusieurs matchs qui se jouent sans arbitres. Il nous en manque beaucoup, c’est très difficile », lance de son côté le directeur général de l’Association régionale de soccer de Québec (ARSQ), Philippe Bernard.
Cette année, 762 officiels de soccer sont disponibles dans la région par rapport à 910 avant la crise sanitaire. Il s’agit d’une perte de 16 %.
« Mais ce n’est pas qu’un problème régional, la situation est la même à la grandeur du Québec », souligne M. Bernard.
Pas de candidats
Les périodes de la pandémie qui ont forcé l’arrêt de tous les sports, ou presque, ont fait particulièrement mal.
« Les jeunes qui étaient arbitres comme jobine se sont trouvé autre chose », observe le DG de l’ARSQ.
C’est aussi ce qu’a constaté Hugo Dallaire en ce qui concerne le football.
« Ceux qui hésitaient à revenir après la saison 2019 ont pour la plupart quitté. En plus, on a perdu une année de recrutement parce qu’on ne savait pas ce qui s’en venait au niveau des normes. »
Selon le trésorier de l’APAFQ, seulement une quinzaine de recrues se sont ajoutées depuis 2019. En moyenne, en une année, elles sont trois fois plus nombreuses.