Affaire Jocelyne Ottawa: les Attikameks de Trois-Rivières réagissent
Sébastien Houle
Le nouvel incident à saveur raciste au CLSC de Joliette visant une femme attikamek, Jocelyne Ottawa, a choqué la communauté attikamek de Trois-Rivières.
Frustration, incompréhension, peur; l'émotion était palpable au Centre d'amitié autochtone de Trois-Rivières (CAATR), mardi matin. «Je croyais qu'en ayant l'effet de Joyce Echaquan, qu'elle a pu dénoncé par la vidéo, que ça avait crevé l'abcès et que ça avait mis les points sur les i concernant la discrimination faite aux Premières Nations», fait valoir Gabrielle Vachon-Laurent, animatrice culturelle au CAATR.
Si les Attikameks installés à Trois-Rivières, rencontrés par l'équipe de TVA Nouvelles, disent ne pas vivre de discrimination dans le quotidien, des événements comme ceux de Joliette ne les laissent pas indifférents pour autant. «Quand des affaires comme ça arrivent, on dirait que la peur nous pogne plus», a déclaré Joseph-Paul Biroté, travailleur de proximité au CAATR.
Si l'événement Joyce Echaquan n'a pas réussi à crever l'abcès, comme le déplorent les intervenants du CAATR, il aura peut-être eu le mérite d'ouvrir de nouveaux horizons
«On a eu beaucoup de demandes par rapport à la réalité autochtone, les gens étaient plus curieux à savoir comment ça se fait qu'on est encore rendu là. Il y a beaucoup d'écoles aussi qui nous demandent: "est-ce que vous pourriez expliquer la situation"», a relaté Paméla Dubé, éducatrice spécialisée au CAATR.
De son côté, Paul-Émile Ottawa, chef du Conseil des Attikameks de Manawan et frère de Jocelyne Ottawa, demande une enquête indépendante sur les relations entre la nation attikamek et «certains services publics» dans la région de Joliette.