Mesures sanitaires: les autorités satisfaites du déroulement du Festival des Gaulois
Aucun constat d’infraction n’a été donné à l’évènement controversé en Beauce

Elsa Iskander
Malgré leur opposition affichée aux mesures sanitaires, les participants au rassemblement du Festival des Gaulois en Beauce se sont pliés aux consignes de la Santé publique, selon les autorités.
Aucun constat d’infraction n’a été donné en lien avec les règles de santé publique, a indiqué la Sûreté du Québec dimanche. « Somme toute, ça s’est bien déroulé », a dit la porte-parole Hélène St-Pierre.
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« On est satisfaits du déroulement de l’événement et de la collaboration qu’on a obtenue des organisateurs. Assurément que l’ordonnance de la cour a permis un changement de ton », a affirmé Geneviève Dion, directrice adjointe aux communications du CIUSSS de Chaudière-Appalaches.

« Il n’y a aucun débordement majeur non plus qui est survenu », a-t-elle ajouté. Rappelons que la veille de l’événement, une ordonnance a été émise par la Cour du Québec pour les forcer à se soumettre aux mesures sanitaires.
Néanmoins, les autorités de santé publique vont être vigilantes en cas d’une recrudescence des cas de COVID-19 après ce rassemblement. « C’est sûr qu’on a va assurer une vigie concernant les cas potentiels qui pourraient se déclarer en lien avec cet événement », a spécifié Mme Dion.
L’événement extérieur de trois jours qui prenait fin dimanche s’est déroulé sur une terre privée à Saint-Benoît-Labre, municipalité d’environ 1600 habitants située à une dizaine de kilomètres de Saint-Georges. Ses organisateurs le présentaient comme étant aussi une manifestation contre l’état d’urgence et le passeport vaccinal.
Contre le passeport
Si, sur la page Facebook de l’événement, il était précisé que les règles sanitaires allaient devoir être suivies, des vidéos circulant sur les médias sociaux ont exposé que ce n’était toujours pas le cas, alors qu’on pouvait voir des individus boire à même un bidon d’essence modifié.
« J’ai vu les images comme vous. Ça peut susciter l’inquiétude, mais on ne peut pas être derrière les gens 24/7, donc il y avait quand même une responsabilité des organisateurs », a commenté Mme Dion.

Des lacunes observées par la Santé publique lors des visites ont été corrigées, a-t-elle souligné. Samedi, près de 700 personnes étaient présentes, selon Mme Dion.
Proche de la scène, « l’enquêteur a constaté que la distanciation physique n’était peut-être pas toujours respectée par tous les gens, mais évidemment, il était difficile pour lui de savoir s’il s’agissait de gens de la même bulle familiale ou pas. L’une des organisatrices s’est engagée à faire des rappels fréquents au micro de la scène. »
« Ça a été un événement qui s’est fait à l’extérieur au même titre qu’un autre festival », dit pour sa part le maire de Saint-Benoît-Labre, Éric Rouillard, précisant que « la municipalité n’a pas endossé l’événement ».
D’autres à venir
Pour le professeur Bernard Motulsky, expert en communication, le respect des règles sanitaires, malgré un discours très opposé à celles-ci, s’explique par des raisons pragmatiques, comme les amendes encourues en cas de transgression.
« Ils n’enfreignent pas la loi, mais ça ne les empêche pas de protester », dit-il.
« C’est un peu comme la vitesse sur la route : si vous avez suffisamment de surveillance policière, ça va être plus respecté que s’il n’y a pas de radar », illustre-t-il.
Plusieurs manifestations contre le passeport vaccinal auront lieu au Québec dans les prochaines semaines.