Les bars veulent une lueur d’espoir
Vanessa Limoges
Alors que les commerces commencent à rouvrir les uns après les autres en zone orange, les bars semblent être les grands oubliés de la pandémie et leurs propriétaires déplorent de n’avoir encore aucun espoir de réouverture en vue.
«On ne sait pas où on s’en va et il faut le savoir! On a du personnel qui attend de travailler, qui va nous quitter pour les restaurants. [...] Il y a des factures, les assurances à payer, il y a les loyers, les propriétaires sont rendus à la dernière cenne», a exposé Luc Pichette, propriétaire du Bar Le Campus de Rimouski depuis 45 ans.
Un manque de communication qui est «inacceptable» pour la Chambre de commerce et d’industrie Rimouski-Neigette.
«Le gouvernement Legault donne des messages d’espoir à certains secteurs à toutes ses conférences de presse, mais pour ce qui est de l’industrie des bars c’est silence radio», a lancé le directeur général de la Chambre de commerce, Jonathan Laterreur.
«On n’est pas considérés comme on devrait l’être, les propriétaires de bars, ce qu’on veut faire, c’est ouvrir servir notre clientèle et agir en bon père de famille comme tout entrepreneur comme tout autre commerce», a également lancé M. Pichette.
Les tenanciers de bar de zone orange voient pourtant leurs collègues restaurateurs accueillir de nouveau des clients depuis le 8 février. Une clientèle qui peut même consommer de l’alcool sans nourriture depuis l’adoption du projet de loi 72, ce qui ajoute à l’injustice pour certains.
«Quelle différence il y a à aller dans un bar pour le 5 à 7 prendre une bière en suivant les consignes plutôt que dans un restaurant», se questionne M. Pichette.
«Le fait que les bars étaient un problème parce qu’il y avait consommation d’alcool et donc, désinhibition des comportements, bien ce n’est plus applicable. Il n’y a plus de raison valable de nous garder fermés comparativement aux restaurants», a expliqué Pierre Thibault, président fondateur de la Nouvelle Association des Bars du Québec.
L’industrie est représentée par près de 2000 établissements dans la province qui emploient quelque 25 000 employés, selon la Nouvelle Association des Bars du Québec.
«Il y a une industrie qui est spécialisée [dans le service d’alcool] et elle ne peut pas opérer », a souligné M. Laterreur.
Les bars de la région de Rimouski sont fermés depuis sept mois.