Les bombes: des femmes rongées par la dépendance

Serge Gauvin

Marie-Hélène Goulet

2023-02-01T12:00:00Z

Juliette, Vicky, Claudine et Emma sont toutes rongées par une dépendance. Qu’elles le reconnaissent ou non, leurs troubles sabotent leur existence, pourtant bien remplie. Elles font connaissance au centre Catharsis, où naît entre elles une amitié salvatrice.

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Ce sont Olivia Palacci, Sarah Desjeunes Rico, Debbie Lynch-White et Julie de Lafrenière — qui incarnent respectivement Juliette, Vicky, Claudine et Emma — qui ont eu l’idée de la série Les bombes. Souvent convoquées en audition pour les mêmes rôles de femmes rondes, les quatre copines actrices étaient condamnées à être des adversaires plutôt que des collègues pour les productions qu’elles convoitaient. Elles ont donc imaginé leurs personnages et le concept de la comédie dramatique en six épisodes, dont la scénarisation a été confiée à Kim Lévesque-Lizotte. «J’ai eu envie de donner à ces actrices une palette de choses à jouer qu’on ne leur offre pas nécessairement. Leur offrir un nouveau terrain de jeu est ma façon de célébrer la diversité du corps», explique l’autrice. 

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Du poker aux médicaments

Ainsi, les problèmes des filles ne sont pas liés à l’alimentation. Juliette, par exemple, est une joueuse compulsive. La dépendance de cette grande joueuse de poker a peu de conséquences sur sa situation financière, car son budget est presque illimité. «Toute sa famille habite en France, et elle a beaucoup d’argent. Comme Juliette a choisi d’étudier à Montréal, ses proches lui donnent une allocation généreuse. Toutefois, elle fait semblant d’aller à l’école et elle joue à la place», précise Kim Lévesque-Lizotte. Le jeu a une telle emprise sur sa vie que Paul (Fred-Éric Salvail), son amoureux, lui donne un ultimatum. Quant à l’ultraperformante Vicky, ce sont ses employeurs qui l’obligent à consulter pour mettre fin à sa dépendance aux médicaments. Si cette procureure de la Couronne veut garder son emploi, elle n’a d’autre choix que de suivre une thérapie. 

Des relations malsaines

Le problème d’Emma, c’est les réseaux sociaux. Cette travailleuse sociale multiplie les faux profils et s’invente des vies en ligne. Sa malhonnêteté est purement virtuelle, car elle est adorable dans la vie. «Emma est le cœur et la sensibilité des Bombes», avance l’autrice. 

Claudine, elle, est dépendante du sexe. Adoptée par le couple Piché (Maka Kotto et Chantal Baril), elle est très proche de son clan: elle travaille pour la compagnie familiale d’entretien de piscines, et elle habite avec son frère, Gilbert (Maxime-Olivier Potvin). Elle est également en «trouple» avec un couple de banlieue. Malgré ses nombreuses relations, elle bourre son agenda de rencontres sexuelles, dont elle ne se rassasie jamais. Ce sont ses parents et son frère, inquiets, qui la poussent à entamer une thérapie, même si la jeune femme ne voit pas vraiment son amour du sexe comme un problème.     

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«L’accoutumance au sexe devient un problème au même titre que la boulimie. On ne peut pas dire à quelqu’un d’arrêter de manger ou de faire l’amour; il faut lui apprendre à le faire raisonnablement. Ce n’est pas la même chose que pour une personne qui cesse de consommer de la cocaïne. Personne ne dira: “Il faut bien prendre de la coke dans la vie!”» dit Kim Lévesque-Lizotte, qui a fait bien des recherches sur les dépendances pour écrire Les bombes

L’entourage

Outre les quatre héroïnes de la série, le public découvrira d’autres patients de Catharsis et, bien entendu, le personnel sur place. Les fondateurs du centre sont Louise et Pierre (Lise Roy et Pier Paquette), deux médecins qui consacrent leur vie aux patients dépendants, car leur fille s’est battue contre la toxicomanie. Ils emploient Fabien Delongchamps (Jean-Nicolas Verreault), un psychothérapeute terre à terre, et Rose-Aimée (Francesca Barcenas), une psychologue à l’esprit très ouvert. Fabien a longtemps travaillé dans le système carcéral. «Il fait contrepoids à ses collègues, dont l’approche est plutôt holistique», dit l’autrice. 

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À bas les préjugés!

Avec Rose-Aimée, les filles participent souvent à des thérapies par l’art ou la nature, ce à quoi certaines d’entre elles sont bien réfractaires. Kim Lévesque-Lizotte elle-même se moquait de ce genre de méthodes avant de les étudier davantage pour écrire Les bombes. «Beaucoup de choses que je croyais très ésotériques ont des assises scientifiques prouvées, notamment la sylvothérapie, une thérapie par la forêt», dit-elle. Elle assure toutefois que sa série n’est pas un documentaire déguisé sur les coulisses des thérapies et qu’il s’agit bien d’une œuvre de fiction remplie d’émotion et d’humour. «C’est vraiment une série bonbon qui fait du bien et dans laquelle tout le monde peut se reconnaître. Elle illustre les bienfaits de l’introspection», conclut-elle. 

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