Les boycotts diplomatiques des JO de Pékin

AFP
Suivant les États-Unis, plusieurs pays ont décidé un boycott diplomatique des JO d’hiver de Pékin pour dénoncer les violations des droits de l’homme en Chine, notamment dans la région à majorité musulmane du Xinjiang (Nord-Ouest).
Ces pays n’enverront pas de responsables officiels à Pékin mais leurs athlètes participeront bien aux compétitions.
Les autorités chinoises ont très vite réagi en avertissant les nations occidentales s’associant à ce boycott qu’elles en «paieraient le prix», sans préciser la nature de ces représailles.
États-Unis
Faisant fi des mises en garde chinoises, la Maison-Blanche annonce le 6 décembre 2021 que les États-Unis n’enverront aucun représentant diplomatique aux Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Pékin, en raison des atteintes aux droits de l’homme en Chine.
Aussitôt, la Chine exprime sa colère, accusant les États-Unis d’avoir violé le principe de la neutralité politique du sport.
Australie
Deux jours après Washington, l’Australie qui n’a pas eu de contacts ministériels avec la Chine depuis deux ans, se joint au boycott américain et annonce qu’elle enverra des athlètes mais pas de délégation officielle à Pékin.
Canberra invoque alors la question du respect des droits humains au Xinjiang, ainsi que d’autres différends existant entre les deux pays.
En retour, la diplomatie chinoise estime que «tout le monde se fiche» de savoir si Canberra envoie ou non des représentants officiels.
De son côté, la Nouvelle-Zélande qui avait prévenu dès octobre 2021 qu’elle n’enverrait pas de représentants diplomatiques au niveau ministériel aux Jeux, invoque comme motif de cette décision «un éventail de facteurs mais principalement le COVID».
Royaume-Uni
Dans la foulée, le Premier ministre britannique Boris Johnson annonce à son tour un «boycott diplomatique» des Jeux, auxquels «aucun ministre» de son gouvernement ne prévoit de se rendre, soulignant devant les députés que le boycott sportif n’est «pas la politique» de son gouvernement.
Canada
À son tour, le premier ministre Justin Trudeau annonce le 8 que les athlètes canadiens participeront aux JO-2022 mais qu’aucun représentant du gouvernement ne se rendra en Chine.
Les sources de tensions sont nombreuses entre les deux pays qui viennent de sortir d’une crise diplomatique sans précédent liée à l’arrestation, en décembre 2018, de la fille du fondateur du géant chinois des télécoms Huawei au Canada.
Japon
Le 24 décembre, le Japon annonce qu’il n’enverra pas de représentants gouvernementaux à Pékin. Les autorités nippones évitent toutefois de qualifier cette décision de boycott.
Le Japon «estime qu’il est important que les valeurs communes partagées par la communauté internationale, telles que la liberté, les droits de l’Homme et l’État de droit, soient également respectées en Chine», affirme alors le porte-parole du gouvernement, Hirokazu Matsuno.
La présidente du comité d’organisation des JO de Tokyo-2020 Seiko Hashimoto se rendra en revanche sur place, ainsi que le président du comité olympique japonais Yasuhiro Yamashita.
Danemark
Évoquant également la situation des droits humains en Chine, les autorités danoises annoncent le 14 janvier 2022 qu’elles n’enverront pas de délégation officielle aux JO d’hiver.
«Les athlètes danois peuvent compter sur le soutien total du gouvernement. Et nous les encouragerons» (...) «depuis chez nous, pas depuis les tribunes de Pékin», déclare le ministre des Affaires étrangères, Jeppe Kofod, à l’issue d’une réunion européenne n’ayant pas permis de dégager une position commune entre les 27 pays de l’UE.
Pays-Bas
Le même jour, les Pays-Bas annoncent qu’aucun représentant officiel ne participera aux cérémonies des JO, à cause de la pandémie, tout en expliquant que les restrictions sanitaires provoquées par le coronavirus rendraient «difficiles» des discussions suffisamment approfondies entre diplomates néerlandais et leurs homologues chinois sur des sujets comme les droits humains.