Tombes découvertes en Saskatchewan: les Canadiens «horrifiés et honteux», dit Trudeau

Raphaël Pirro | Agence QMI

2021-06-25T16:27:42Z
2021-06-25T22:09:18Z

«Les Canadiens aujourd’hui sont horrifiés et honteux de la façon dont notre pays a agi», a déclaré Justin Trudeau vendredi, au lendemain de l’annonce de la découverte de 751 tombes sur le site d’un pensionnat autochtone en Saskatchewan.

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Le premier ministre a annoncé la conclusion d’une entente de 4,9 millions $ avec des communautés autochtones de la Saskatchewan, incluant la Première Nation de Cowesses, pour entreprendre et continuer des recherches sur des sites de pensionnats.
«C’est un morceau de notre passé qui résonne, fait écho et continue d’être une réalité de conséquences pour de nombreux Canadiens aujourd’hui», a déclaré M. Trudeau.

Au nom du gouvernement du Canada, «nous nous excusons». «C’est quelque chose que nous ne pouvons défaire, mais nous pouvons nous commettre tous les jours à y remédier dans le présent et dans le futur», a ajouté le premier ministre.

Des actes criminels?

La Première Nation de Cowesses a indiqué, jeudi, qu’elle traiterait le site du pensionnat de Marieval, en Saskatchewan, comme une «scène de crime».

Justin Trudeau n’a pas voulu se commettre sur l’aspect criminel de l’affaire, mais n’a pas exclu l’idée d’y mêler la Justice afin de tenir les personnes responsables soient «redevables» de leurs actions.

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Mais avant de lancer des enquêtes policières, les diverses organisations politiques autochtones au pays demandent à ce que tous les documents portant sur les pensionnats soient rendus publics, une demande qui n'est pas nouvelle et qui fait partie du rapport de la commission Vérité et réconciliation.

«J’espère et je pense qu’on n’en arrivera pas au point où on va devoir utiliser les tribunaux pour forcer ces [documents] à être partagés», a dit M. Trudeau, mais a aussi indiqué que son gouvernement ferait «tout en son pouvoir» pour aller au fond des choses.

Il s’est dit «confiant» que les institutions et les églises impliquées «vont vouloir partager» les informations qu’elles détiennent.

Pour le gouvernement, il reste des zones d’ombres à éclairer avant de traiter le dossier des pensionnats comme une affaire criminelle.

«On sait qu’il y avait de l’abus, on sait qu’il y avait de la maltraitance, mais on sait aussi qu’il y avait de la maladie, qu’il y a eu des enfants qui ont péri de causes, je dirais «naturelles», dans une situation profondément non naturelle», a déclaré le premier ministre.

La communauté de Mashteuiatsh ébranlée

Kate Tremblay

La découverte de plus de 700 tombes en Saskatchewan cette semaine a ébranlé la communauté autochtone de Mashteuiatsh, au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

La colère et la triste habitent le chef du conseil de bande, Clifford Moar, qui a été lui-même pensionnaire à Québec dès l’âge de six ans.

«C’est bouleversant comme nouvelle. Beaucoup de colère, juste à penser que ça pu se faire, en plus possiblement à des enfants», a réagi M. Moar.

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Après la découverte récente des restes de 215 enfants en Colombie-Britannique, il anticipait d’autres drames du genre, mais pas de cette ampleur.

«On le savait qu’il s’était passé autre chose, mais en dedans de moi j’espérais que non», a précisé le chef du conseil de bande, ajoutant que ses pensées sont avec les familles des disparus.

La communauté de Mashteuiatsh a d’ailleurs offert son soutien aux personnes qui souhaiteraient effectuer des recherches documentaires sur l’ancien pensionnat de Pointe-Bleue, et au besoin, sur le terrain.

Le bâtiment, qui abrite aujourd’hui l’école secondaire de la communauté, a accueilli des pensionnaires dans les années 1960 et 1970.

«J’espère qu’il ne s’est rien passé de mortel si je peux m’exprimer ainsi, mais je sais qu’il y a eu des sévices par contre, des gens en ont déjà témoigné, a confié M. Moar. Le comité va commencer par feuilleter des documents, des registres. On va aussi demander à la société d’histoire de notre communauté de participer et s’il le faut, on fera des fouilles.»

Le pensionnat de Pointe-Bleue a d’abord été administré par l’Église catholique, puis pris en charge par le gouvernement qui a embauché des gens de la communauté pour y travailler dans les années précédant sa fermeture, selon M. Moar.

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