Les champignons magiques, nouvel espoir pour traiter la COVID longue?


Gabriel Ouimet
Après la dépression, les chocs post-traumatiques et les dépendances, les champignons magiques pourraient être utiles pour traiter de nombreux symptômes associés à la COVID longue, croient des médecins.
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Brouillard cérébral, difficultés de concentration, troubles cardiaques, fatigue, troubles menstruels et gastro-intestinaux: les symptômes les plus courants de la COVID longue sont nombreux et mal compris par les professionnels de la santé. Selon Statistique Canada, la COVID longue a affecté plus de 1,4 million de Canadiens jusqu’à présent, soit près de 5 % de la population. La maladie touche plus de femmes que d’hommes.
Puisqu’il n’existe encore aucun traitement reconnu pour traiter la COVID longue, des Américains qui souffrent de cette maladie se sont tournés vers les champignons magiques dans l’espoir d’amenuiser leurs symptômes.
Une patiente interrogée par le magazine Time affirme avoir observé des améliorations «exceptionnelles» après la prise d’une forte dose de 5 grammes de champignons magiques. D’autres personnes souffrant de COVID longue soutiennent que la prise quotidienne d’une microdose amenuise leurs symptômes.
Bien que l’amélioration de l’état de ces personnes ne prouve rien sur le plan scientifique pour le moment, leur expérience pousse des chercheurs à s’intéresser aux impacts de l’utilisation des psychédéliques dans le traitement de la COVID longue.
Des médecins optimistes
Le Dr Joel Castellanos, directeur médical associé de l’initiative de recherche sur les psychédéliques et la santé de l’université de Californie à San Diego, soutient que plusieurs de ses patients atteints de la COVID longue lui rapportent avoir essayé, ou vouloir essayer, les psychédéliques à des fins médicales.
Il affirme qu’un de ses patients a vu sa fatigue, ses maux de tête, sa dépression et son brouillard cérébral s’atténuer «de manière spectaculaire» après avoir consommé une combinaison de psilocybine, l’élément psychoactif des champignons magiques, et de MDMA. Si bien que le médecin travaille actuellement à la publication d’une étude de cas sur l’expérience de son patient.
Motivés par plusieurs témoignages semblables, des médecins de l’Arizona, de la Louisiane et de New York mènent aussi des recherches préliminaires sur la question.
Dans le passé, il a été démontré que les médicaments psychoactifs régulent les neurotransmetteurs, stimulent la croissance des cellules du cerveau et réduisent l’inflammation dans le système nerveux central. Comme plusieurs patients présentent des symptômes inflammatoires et neuronaux, les spécialistes croient que les effets des psychédéliques comme les champignons magiques pourraient leur être bénéfiques.
Jusqu’à présent, la recherche médicale sur les psychédéliques s’est surtout concentrée sur les troubles mentaux, comme le stress post-traumatique, la dépression et les troubles liés à la consommation de substances psychoactives.
Il est important de préciser que les médecins s’intéressent aux champignons magiques dans un contexte thérapeutique et qu’ils avertissent de ne pas tenter de se guérir soi-même.
À titre de rappel, la production, la vente et la possession de psilocybine sont illégales et criminalisées au Canada. Cette substance fait partie de l’annexe III de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, et une offense peut occasionner un emprisonnement maximal de trois ans (possession) ou de dix ans (trafic).
- Avec les informations du Time
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