Université Laval: les diplômés de la pandémie enfin réunis

Dominique Lelièvre | Journal de Québec
Après deux années d’absence, la grande tradition de la collation des grades a repris en personne mercredi sous le signe des retrouvailles et de l’émotion pour des centaines de diplômés de l’Université Laval.
Soumis à un protocole sanitaire strict, les finissants des deux dernières années ont quand même pu retirer leur masque au moment de défiler devant leurs proches et anciens professeurs. Leurs sourires sous un concert d’applaudissements en disaient long sur le chemin parcouru.
«On est fébriles. C’est sûr que ça fait un peu drôle, parce que ça fait quand même un certain temps qu’on a fini», souligne Marie-Gabrielle Gagné, dont le dernier cours «présentiel» remonte à mars 2020.

«On a déjà notre travail à temps plein depuis quand même un certain temps, mais on trouvait ça important de se libérer, de venir boucler la boucle, et célébrer les beaux efforts qu’on a faits. On revoit des visages», se réjouit la diplômée en communication, qui a complété son cheminement au printemps dernier.
11 cérémonies
En tout, l’Université Laval décerne 22 596 diplômes pour les cohortes 2019-2020 et 2020-2021. La rectrice Sophie D’Amours va présider durant six jours un nombre record de 11 cérémonies, qui verront passer un total de 4666 diplômés qui ont accepté l’invitation vont enfiler la toge.
Pour la première fois, celles-ci se déroulent hors du campus. Le Centre des congrès a été choisi pour permettre une meilleure distanciation.
Les choses se déroulent de manière un peu différente. En plus du port du masque, le passeport vaccinal est requis. Les étudiants n’ont droit qu’à deux invités et les rassemblements sont impossibles. Sur scène, la rectrice évite de serrer des mains, mais continue de saluer chaleureusement chaque diplômé qui passe devant elle.

Grande fête
Les éclats de rire, la camaraderie et les discours solennels, eux, sont toujours au rendez-vous.
«C’est une expérience humaine d’abord. C’est une grande fête. [...] C’est pour ça qu’on a été persévérants. On a attendu, on avait hâte», a souligné Sophie D’Amours, en entrevue, disant être «extrêmement émue.»

La dernière collation des grades de l’Université Laval remontait à juin 2019. L’institution a jugé que le contexte était finalement propice à son retour. D’autres universités québécoises renouent également avec la tradition cet automne.
«Il y a quelque chose de différent. On se sent un peu comme un enfant à la veille de Noël. Ça fait deux ans qu’on n’a pas vu les étudiants dans ce contexte-là», a renchéri Guillaume Pinson, doyen de la Faculté des lettres et des sciences humaines.
L’événement permettra aussi de remettre 17 doctorats honorifiques à des personnalités, dont six par webdiffusion. Parmi elles, l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, le biologiste et humoriste Boucar Diouf, la femme d’affaires Christiane Germain, et le leader cri Romeo Saganash.