Moderna assure qu'elle livrera les doses comme prévu


Anne Caroline Desplanques
Moderna indique que les fabricants de vaccins devront payer des pénalités s’ils ne livrent pas dans les temps et assure qu’elle livrera ses doses aux Canadiens comme prévu.
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«On ne nous a pas donné un chèque en blanc», a dit le vice-président commercial de Moderna, Patrick Bergstedt, au magazine Maclean's. «Le gouvernement s’assure que l’industrie va respecter ses engagements.»
«Ils m’ont tous assuré qu’ils allaient bien respecter leurs obligations contractuelles», a d’ailleurs indiqué ce matin le premier ministre Justin Trudeau, qui a martelé que Moderna et Pfizer livreront six millions de doses d’ici la fin du trimestre.
Interrogée par Le Journal, la directrice générale de Moderna au Canada, Patricia Gauthier, confirme que son entreprise «est en mesure de fournir au gouvernement canadien le volume de doses pour honorer ses engagements contractuels du premier trimestre et des suivants afin de livrer 40 millions de doses d’ici la fin du troisième trimestre».
Comme l’a révélé hier la ministre de l’Approvisionnement Anita Anand, les contrats obligent les fabricants à livrer un nombre donné de doses par trimestre et non pas par semaine ou par mois. Les compagnies n’ont donc pas d’obligation contractuelle d’échelonner leurs envois.
Mme Gauthier n’a d’ailleurs pas fourni d’explication permettant de comprendre pourquoi Moderna a diminué ses livraisons au Canada ce mois-ci, indiquant plutôt que «les activités de remplissage et de finition se poursuivent comme prévu».
À l’abri des Européens
C’est la compagnie pharmaceutique Lonza, basée à Viège en Suisse, qui produit la substance active au cœur des doses du vaccin de Moderna.
La précieuse substance est ensuite transférée par camion en banlieue de Madrid, en Espagne, où un autre sous-traitant, Rovi, met les doses en flacons.
Les fioles sont finalement transférées vers un entrepôt de Bruxelles, en Belgique, où sont centralisés les stocks de vaccins.
Mais Mme Gauthier indique que tous ses accords d’approvisionnement sont honorés depuis la Suisse, sauf celui avec les États-Unis, qui ont une usine locale.
La Suisse n’étant pas membre de l’Union européenne (UE), Moderna serait donc à l’abri des menaces de l’UE de limiter les exportations de vaccins produits sur son sol.
De plus, contrairement à Pfizer et à son partenaire allemand BioNTech, Moderna n’a pas reçu un sou de l’UE pour le développement de son vaccin, s’appuyant plutôt entièrement sur le support des États-Unis.
Québec à court de doses
Mais en attendant les prochaines livraisons, le Québec est à court de doses et ne vaccine presque plus personne bien qu’il estime pouvoir en inoculer 250 000 par mois.
«C'est comme si on avait une voiture neuve, bien réglée, puissante, solide, mais qu’on n’avait pas d’essence», a dit le ministre de la Santé Christian Dubé ce matin.
«Je comprends que les provinces sont en train de faire face à des défis énormes», a concédé le premier ministre Justin Trudeau tout en assurant que les fioles promises seraient bientôt là.
«Ils [les fabricants] nous promettent qu’ils vont livrer», a-t-il répété.
La ministre Anand s’est défendue hier en comité parlementaire de s’accrocher à un agenda de vaccination impossible à tenir.
«Dire que c’est impossible à atteindre est tout simplement erroné sur la base des affirmations des producteurs de vaccins. Ce n’est pas des licornes, ce n’est pas des fantaisies», a-t-elle dit visiblement à bout de patience.