Retour sur les bancs d'école: les étudiants soulagés, mais inquiets
Ils craignent que des universités décident de privilégier l'enseignement à distance


Daphnée Dion-Viens
L’objectif du gouvernement Legault de permettre un retour à la normale sur les campus cet automne a été accueilli avec un immense soupir de soulagement dans les rangs des étudiants, qui craignent toutefois que l’enseignement à distance ne perdure dans certains établissements.
• À lire aussi - Les mesures d’urgence levées dans trois régions dès lundi
• À lire aussi - Déconfinement du Québec: les employeurs se disputent les travailleurs
«C’est un euphémisme de dire que c’est un soulagement généralisé», a lancé Samuel Poitras, président de l’Union étudiante du Québec.
Mardi, le gouvernement Legault a annoncé que tous les étudiants des cégeps et des universités pourront revenir sur les campus pour des cours en présence, à condition que 75% des Québécois âgés de 12 ans et plus aient reçu leurs deux doses de vaccin à la fin août.
Le premier ministre a par ailleurs précisé qu’un étudiant qui aurait reçu une seule dose à la rentrée pourra quand même retourner à une vie normale sur les campus, si le taux de vaccination de 75% est globalement atteint.
Des craintes
Les étudiants craignent toutefois que les directives gouvernementales ne soient pas suivies à la lettre par tous les établissements universitaires, comme ce fut parfois le cas depuis le début de la pandémie.
«On a des craintes que certaines universités décident de faire à leur tête. C’est pour ça qu’on demande que [la ministre de l’Enseignement supérieur] Danielle McCann donne des consignes claires aux universités», ajoute M. Poitras.

Ce dernier reconnaît néanmoins que les établissements sont autonomes et que le pouvoir de contrainte de Québec à ce sujet reste limité.
Plusieurs universités avaient déjà annoncé il y a quelques semaines un retour marqué de l’enseignement en chair et en os pour la session d’automne. L’Université Concordia avait toutefois indiqué que la plupart des cours suivis par un grand nombre d’étudiants seraient tout de même donnés en ligne.
Mercredi, une de ses porte-parole a indiqué qu’il était trop tôt pour dire comment l’établissement modifiera l’organisation de sa session d’automne à la suite des orientations rendues publiques par Québec.
Une «augmentation d’activités en présentiel» est prévue, mais tout dépendra des directives du ministère, de la situation épidémiologique à Montréal et de «notre propre réalité», indique Vannina Maestracci.
Modèle hybride à l’UL
De son côté, l’Université Laval avait annoncé en février qu’elle se préparait à offrir des cours en formule hybride pour la session d’automne. Sa rectrice, Sophie D’Amours, avait alors indiqué qu’elle ne prévoyait pas revenir à une offre de cours en présence semblable à celle qui prévalait avant la pandémie.
Mercredi, Mme D’Amours a indiqué au Journal qu’il était encore trop tôt pour se prononcer sur l’impact des orientations dévoilées mercredi.
«On va faire ce qu’on a fait depuis le début, travailler avec agilité et bienveillance, pour avoir une solution la plus inclusive possible», a affirmé Mme D’Amours.
L’établissement mise sur son «leadership en technopédagogie» pour offrir aux étudiants «la flexibilité nécessaire», notamment à ceux qui sont à l’étranger et qui ne pourraient entrer au Canada cet automne, a-t-on précisé par la suite.
Retour à 100% dans les cégeps
La situation est différente dans le réseau collégial, où un retour à l’enseignement 100% en présence semble assuré.
Le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, voit dans les orientations gouvernementales un message «extrêmement positif» et affirme qu’il est réaliste de penser que le retour en présence se réalise sur le terrain, si l’objectif de vaccination est atteint.