Les femmes toujours en butte à la discrimination dans les «emplois traditionnellement masculins», affirme une chercheuse

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Dominique Plante

2024-11-30T23:25:44Z

En plus de subir l’iniquité salariale, les femmes qui occupent un emploi considéré comme masculin sont toujours en butte à la discrimination lorsqu’elles tentent de monter les échelons, a révélé une chercheuse de l’IRIS.

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«Il y a encore certains emplois qui sont traditionnellement considérés comme masculins où les femmes vont avoir de la difficulté à faire leur place», a expliqué Anne Plourde, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), en entrevue à LCN, samedi.

«Ce sont des emplois qui sont davantage valorisés [et] qui sont mieux payés», a-t-elle ajouté.

Il n’est pas toujours évident non plus d’atteindre le sommet de la hiérarchie. À peine 35% des fonctions de cadres supérieurs dans la province sont occupés par des femmes.

Mme Plourde précise toutefois qu’il y a une augmentation des femmes dans ces types de postes.

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L’écart salarial

Anne Plourde est d’ailleurs l’une des chercheuses qui ont effectué des calculs prouvant que les femmes québécoises travaillent «gratuitement» depuis vendredi dernier à cause de l’écart salarial, malgré la mise en place de la Loi sur l’équité salariale en 1996.

Selon un calcul de la rémunération horaire, les femmes empochent en moyenne 9% de moins que les hommes pour chaque heure payée. Cet écart augmente à 22%, si l’on se fie aux estimations pour le salaire annuel.

«Les femmes gagnent seulement 78% de la rémunération annuelle des hommes», a indiqué Mme Plourde. «Et ça, c’est vrai dans à peu près toutes les catégories [...] qu’on regarde.»

Getty Images/iStockphoto
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Comment limiter la discrimination?

L’experte évoque toutefois des stratégies qui peuvent être mises en place pour réduire cette inégalité.

D’abord, les syndicats contribueraient à diminuer les injustices.

«Ce qu’on constate, c’est que dans les milieux syndiqués, on atteint une quasi-égalité salariale», a-t-elle affirmé. «Dans les endroits non syndiqués, l’écart de rémunération est beaucoup plus grand.»

Anne Plourde aborde aussi les avantages sociaux, comme l’accès aux services de garde et le régime parental pour celles qui ont des enfants.

L’experte ajoute que la prise en charge des tâches domestiques nuit à leurs carrières.

«Les femmes vont effectuer une heure de plus que les hommes par jour de tâches domestiques [...] donc, ça va les ralentir dans leur possibilité et dans leur avancement de carrière», a-t-elle déclaré.

Si la tendance se maintient, les femmes subiront l’écart salarial pour encore au moins 25 ans, selon Anne Plourde. «C’est très long», a-t-elle souligné.

Pour voir l’entrevue intégrale, cliquez sur la vidéo ci-dessus.

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