Les gens atteints de COVID-19 peuvent faire un don d’organe

Les médecins et l’équipe de chirurgie doivent prendre plusieurs précautions additionnelles lors des dons d’organes depuis le début de la pandémie de COVID-19. Ci-haut, une greffe de poumons, dans un hôpital du grand Montréal, avant la pandémie.
Les médecins et l’équipe de chirurgie doivent prendre plusieurs précautions additionnelles lors des dons d’organes depuis le début de la pandémie de COVID-19. Ci-haut, une greffe de poumons, dans un hôpital du grand Montréal, avant la pandémie. Capture d'écran, TVA Nouvelles

Laurent Lavoie | Le Journal de Montréal

2021-12-13T13:05:27Z

Des patients peuvent recevoir des organes provenant de personnes préalablement atteintes de la COVID-19, ce qui rassure les médecins qui veulent réduire les listes d’attente.

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« Ça ne me dérangerait pas du tout. Ça va améliorer ma condition, fait valoir Jean-Marc Rivest. Ce serait très soulageant, je pourrais reprendre la vie [que j’avais]. »

Le Montréalais de 61 ans est en attente de nouveaux poumons. Souffrant d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC), il est essoufflé au moindre effort.

M. Rivest pourrait ainsi être de ceux qui ont reçu des dons de personnes ayant eu la COVID depuis le début de la pandémie. 

De plus en plus fréquent 

S’il est difficile de les quantifier pour le moment, « ce qu’on sait, c’est que ça va devenir de plus en plus fréquent, indique le Dr Matthew Weiss, directeur médical du don d’organes à Transplant Québec. On va avoir une population de plus en plus grosse qui a un [historique de contamination]. »

Pour la Dre Deepali Kumar, médecin spécialiste des maladies infectieuses liées aux transplantations au réseau University Health Network, en Ontario, il est important d’avoir un maximum de personnes admissibles à donner.

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« Ça augmente le nombre d’organes qu’on peut transplanter » alors que la liste demeure longue, souligne-t-elle.

Rien qu’à la fin de 2020, plus de 800 Québécois patientaient pour des dons, alors que ceux-ci ont chuté de près de 20 % durant cette même année en raison de la crise sanitaire.

Droit de refus 

Plusieurs lignes directrices ont été d’ailleurs émises par les scientifiques canadiens afin d’éviter toute propagation de la maladie.

La gravité des symptômes du donneur, s’il est vacciné ainsi qu’un délai d’environ quatre semaines depuis l’infection sont entre autres considérés. Le receveur est par ailleurs informé de la contamination et est en droit de refuser.

« On peut regarder la charge virale [soit] la quantité de virus qui est là, soutient le Dr Weiss. Heureusement, on n’a pas eu de cas de transmission post-don d’organes ici au Canada et très peu dans le monde. »

L’ensemble des entrailles du corps peuvent être données, sauf exception. « Les poumons sont écartés si quelqu’un meurt de la COVID » comme il s’agit d’une maladie respiratoire, fait savoir la Dre Deepali Kumar, qui ne craint toutefois pas que ce facteur allonge pour autant les listes d’attente.

Diverses études rapportent également que les intestins ont tendance à être frappés, ce qui empêche aussi leur transplantation.

Un virus qui voyage 

En février 2021, un homme de la Pennsylvanie est décédé d’une surdose de drogue. Un don de poumon a donc été organisé pour un patient de 70 ans de l’Ontario souffrant de fibrose pulmonaire. 

Selon un article de la US National Library of Medicine, la présence du coronavirus n’a été constatée qu’après la transplantation, malgré des examens préopératoires. Après avoir été sous respirateur artificiel, le receveur a survécu.  

Personnes en attente d’un organe au Québec en 2020   

  • Cœur : 55   
  • Poumons : 42    
  • Foie : 145   
  • Rein : 535   
  • Autres : 25      

Source : Transplant Québec

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