Les gens d’affaires derrière le tramway
La Chambre de commerce et d’industries de Québec souhaite qu’il se réalise «dans les délais prévus»


Dominique Lelièvre
Fortement désiré par la communauté d’affaires, le réseau structurant de transport en commun de Québec doit se réaliser « le plus rapidement possible » et « dans les délais prévus », clame la Chambre de commerce.
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Selon un sondage interne réalisé par la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ) auprès de ses membres, 69 % des répondants sont « plutôt » ou « très » favorables au mégaprojet et à son tramway, alors que cette proportion était de 61 % il y a trois ans.
« Ce que nos membres disent, c’est que, un, ils veulent le projet, et, deux, le plus rapidement possible, dans les délais prévus », analyse Steeve Lavoie, président et chef de la direction de la CCIQ, qui y voit un élément important de la relance économique de la capitale, quand la pandémie s’estompera.
« Il faut être prêt au jour “un” quand la relance va se faire pour ne pas passer à côté », a dit M. Lavoie.
Un total de 321 membres de l’organisation ont répondu au questionnaire en ligne — elle qui en compte 4200 — au début du mois. En excluant les 3 % d’indécis, les appuis au projet de 3,3 milliards $ grimpent à 71 %. Une proportion plutôt stable de 28 % a une opinion défavorable.
« Probant »
Même si l’exercice n’a pas de valeur scientifique, le résultat est malgré tout « probant », a évalué M. Lavoie en présentant ces données mardi.

« Présentement, il y a un projet structurant dans la région, puis c’est le réseau structurant de transport en commun. Demain matin, si on n’a pas ce projet-là, il n’y en a pas d’autres. Un projet structurant comme ça, ça peut prendre des années à mettre en œuvre », a-t-il affirmé.
Il a toutefois évité de s’immiscer dans les négociations entre la Ville de Québec et le gouvernement Legault, alors que les deux parties tentent toujours de trouver un terrain d’entente sur le tracé du tramway.
Le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel, qui demande une meilleure desserte des banlieues, a concédé dernièrement que des ajustements pourraient générer un délai de « quelques mois ».
« On leur fait confiance parce que nous, on n’a pas l’expertise. Ce qu’on leur dit, c’est que la population d’affaires, sur le plan économique, a besoin de ce projet-là, qu’elle désire ce projet-là, tant pendant sa phase de construction qu’après », a résumé Steeve Lavoie.
Le troisième lien absent
La CCIQ mesurait l’opinion de ses membres sur un total de cinq grands projets. Aucune question n’a toutefois été posée concernant le tunnel entre Québec et Lévis, un absent remarqué.
« Le troisième lien, nous, on n’a jamais eu de présentation, on n’a jamais vu de tracé », a expliqué M. Lavoie, disant que l’enquête s’intéressait aux projets plus « structurés » ayant déjà été présentés à la population.
D’autres projets qui ont la cote de la communauté d’affaires
Train à grande fréquence
Avec 95 % d’avis favorables (en excluant les personnes indécises), le projet de train à grande fréquence de VIA Rail dans le corridor Québec-Windsor est celui qui fait le plus l’unanimité chez les membres de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ). Discuté depuis des années, ce projet est toujours en attente d’une réponse positive du fédéral. « C’est un signal très clair de la communauté d’affaires », estime Steeve Lavoie, président de la CCIQ.
Relance de l’aéroport
En ne tenant pas compte des indécis, 94 % des répondants au sondage de la Chambre de commerce appuient le plan de relance de l’Aéroport international Jean-Lesage de Québec (YQB). Présenté en décembre dernier, celui-ci repose sur cinq axes : croissance de l’achalandage, consolidation de la desserte régionale, mise en place d’un centre logistique intermodal, aménagement d’un parc aéroportuaire et mise en service d’un centre de prédédouanement américain.
Zone d’innovation Littoral Est
Poussé par la Ville de Québec, le projet de Zone d’innovation Littoral Est demeure méconnu, d’après le sondage de la Chambre de commerce et d’industrie, alors que 48 % des répondants n’ont pas d’opinion ou n’ont pas voulu répondre. Ceux qui ont un avis sur la question sont toutefois sympathiques à l’idée dans une proportion de 92 %. Le projet consiste à créer une zone d’innovation technologique au bord du fleuve, entre les quartiers Maizerets et du Vieux-Moulin, qui pourrait accueillir jusqu’à 280 nouvelles entreprises et 15 000 nouveaux emplois spécialisés sur une dizaine d’années.
Projet Laurentia
Malmené dans l’opinion publique et un rapport fédéral préliminaire l’automne dernier, le projet de terminal de conteneurs en eau profonde du Port de Québec est néanmoins souhaité par une majorité de 67 % des répondants au sondage de la CCIQ si l’on ne tient pas compte des indécis. Le Port a toujours le soutien de la Chambre de commerce, a fait savoir son président, Steeve Lavoie. « On voit clairement qu’il y a deux [membres] sur trois qui sont en faveur du projet. Alors oui, on va continuer d’appuyer le projet tant que nos membres vont vouloir qu’on l’appuie », a-t-il souligné.