Ouverture de la frontière: le secteur hôtelier espère faire le plein de touristes

Les Américains sont notre plus grand bassin de clientèle

Bertil Fabre, le DG de l’hôtel Sheraton de Montréal. Il note certains signes encourageants. Ainsi, le week-end dernier, les réservations ont été 50 % supérieures à ses prévisions.
Bertil Fabre, le DG de l’hôtel Sheraton de Montréal. Il note certains signes encourageants. Ainsi, le week-end dernier, les réservations ont été 50 % supérieures à ses prévisions. Photo Pierre-Paul Poulin
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Martin Jolicoeur

2021-08-10T04:00:00Z

Après des mois de vache maigre, les hôteliers de la province voient, dans la réouverture des frontières aux touristes américains, l’espoir d’un début de retour à la normale. 

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« Honnêtement, ce n’est pas encore la cohue, admet le directeur général du Centre Sheraton de Montréal, Bertil Fabre. Mais si les choses se passent comme nous l’espérons, notre situation pourrait très vite s’améliorer. »

Depuis hier, les Américains pleinement vaccinés et en mesure de le prouver peuvent recommencer à visiter le pays. Après plus d’un an d’absence causée par les mesures sanitaires, leur retour est, partout, on ne peut plus attendu.

Au cours des dernières semaines, les visiteurs de l’Ontario avaient permis d’accroître considérablement l’activité des hôteliers. À Montréal, leur taux d’occupation est passé de 15 % en juin, à 40,3 % en juillet. 

En comparaison, en juillet 2019, le taux d’occupation moyen des mêmes hôtels avait frôlé les 82 %, précise la PDG de l’Association des hôtels du Grand Montréal, Ève Paré.

Michelle Doré, propriétaire de l’Hôtel Champlain et de l’Auberge Place d’Armes, souligne que, dans certains hôtels de Québec, les Américains constituent plus de 50 % de la clientèle.
Michelle Doré, propriétaire de l’Hôtel Champlain et de l’Auberge Place d’Armes, souligne que, dans certains hôtels de Québec, les Américains constituent plus de 50 % de la clientèle. Photo Stevens LeBlanc

Surtout cet automne

Les États-Unis regroupent le plus grand bassin de touristes étrangers que compte le Québec. Leurs visiteurs sont réputés pour organiser des séjours plus longs et dépenser deux fois plus par nuitée que la moyenne des touristes, toutes provenances confondues.

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Dans certains hôtels de la capitale, les Américains comptent pour plus de 50 % de la clientèle, affirme Michelle Doré, propriétaire de l’Hôtel Champlain et de l’Auberge Place d’Armes, dans le Vieux-Québec. 

« Le USA Today m’a appelé, il y a deux semaines, pour informer les Américains de la réouverture des frontières. Je m’attends à ce qu’ils nous reviennent surtout à l’automne. » 

C’est aussi ce que prévoit l’Association de villégiature Tremblant. Bon an mal an, plus de 12 % des revenus de la station et de ses partenaires proviendraient de la clientèle américaine, explique sa directrice générale, Cristina Romero.

En temps normal, et encore plus cette année, le gros de ses revenus vient de la clientèle québécoise. En 2019, elle représentait 36% de l’achalandage hôtelier. Vennaient ensuite les villégiateurs du reste du pays (surtout l’Ontario), avec 34% des revenus.

Cette diversité de provenance géographique de sa clientèle aurait permis à Tremblant de maintenir en juillet un taux d’occupation comparable (plus de 70%) à celui des années dernières. Dans un tel contexte, la clientèle américaine est accueillie dans la région comme un «boni».

Manque de prévisibilité

Le patron du Sheraton, situé en plein centre-ville, vit une situation différente étant donné que peu de villégiateurs du Québec ont choisi de visiter Montréal. Il ne se laisse pas décourager pour autant, profitant ces dernières semaines de l’afflux de touristes ontariens.

Le week-end dernier par exemple, il avait prévu occuper 200 chambres. Il en aura finalement loué 300, soit 50 % de plus ! Pour le week-end prochain, tenant compte de la réouverture des frontières avec les États-Unis, il se prépare maintenant à en écouler 500. 

«Le manque de prévisibilité est difficile à gérer, soutient M. Fabre. Mais la croissance observée dans les grandes villes est encourageante. Nous travaillons fort et quoi qu’il arrive, nous serons prêts ». 

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