Plan pour une économie verte : les jeunes mandatés par le gouvernement sont déçus

Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette
Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charrette Photo d'archives Agence QMI, Mario Beauregard
Photo portrait de Guillaume Cyr

Guillaume Cyr

2020-11-25T20:43:11Z

Le groupe de travail jeunesse qui avait été mis sur pied pour conseiller le gouvernement Legault sur son plan pour une économie verte 2030 (PEV), n’a pas apprécié le plan final, qui a rejetté presque toutes ses suggestions.

«C’est problématique, parce qu’on se dit un leader en environnement, mais devant qui? Le Texas?», lance sarcastiquement la coordonnatrice du groupe et directrice générale de l’organisme d’éducation à l’environnement ENvironnement JEUnesse, Catherine Gauthier, qui trouve que le plan présenté par Québec n’est pas assez ambitieux et contraignant. 

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Un groupe de travail de 17 jeunes issus de plusieurs milieux de la société civile (ingénierie, médecine, politique municipale, milieu communautaire) avait commencé ses travaux en juin 2019 pour contribuer à ce qui s'appelait initialement le Plan d’électrification et de changements climatiques (PECC), qui est devenu par la suite le PEV. 

Les jeunes, âgés environ de 18 à 30 ans, s’étaient vu confier le mandat d’identifier des pratiques, des technologies, des modèles et des domaines d’intervention nouveaux ou émergents.

Or, au final, sur les 27 objectifs proposés par le groupe de travail, seulement quatre ont été retenus, en totalité ou en partie.  

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«On retrouve malheureusement rien d'émergent ou d'innovant. Ça ne reprend pas les objectifs de la jeunesse», souligne Mme Gauthier.

CATHERINE GAUTHIER, PHOTO COURTOISIE
CATHERINE GAUTHIER, PHOTO COURTOISIE

Le PEV, qui prévoit 6,7 milliards $ sur cinq ans, a pour objectif de mettre en place des politiques pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et atteindre l’objectif d’une réduction de 37,5% par rapport à l’année 1990. En comparaison, le Québec a raté l’objectif qu'il s’était fixé de réduire de 20% les GES aussi depuis l'année 1990.

Pas de mesures contraignantes

Même si le groupe reconnaît que le plan est modulable chaque année, Mme Gauthier aurait aimé voir des mesures contraignantes, avec la situation actuelle qui nécessite un virage brusque si le Québec veut atteindre ses cibles de réduction de CO2 en 2030. 

Par exemple, pour l'instauration d'une éducation relative à l'environnement et à l'écocitoyenneté, une mesure phare proposée par le groupe jeunesse, on ne trouve que ce passage dans le PEV : «Une attention particulière sera portée à la sensibilisation à l’environnement et à l’écocitoyenneté, tant pour les jeunes que pour l’ensemble des citoyens.» 

La Dre Claudel Pétrin-Desrosiers, qui était membre du groupe et qui est présidente de l’Association québécoise des médecins pour l’environnement, abonde dans le même sens. «On joue la carte de ne pas pouvoir prendre de décisions sans regarder nos enfants, alors qu’on n’est vraiment pas assez ambitieux», s’indigne-t-elle. 

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DRE CLAUDEL PÉTRIN-DESROSIERS, PHOTO COURTOISIE
DRE CLAUDEL PÉTRIN-DESROSIERS, PHOTO COURTOISIE

Contacté par le 24 Heures, le ministère de l’Environnement a assuré que les jeunes ont été entendus dans le PEV. «Des recommandations de ce groupe trouvent écho dans notre Plan, notamment avec l’encouragement au télétravail, l’augmentation de l’offre de transport en commun, l’amélioration de la gestion des matières résiduelles», a indiqué l’attachée de presse Geneviève Richard. 

VUS

Pour Simon Telles, président de Force Jeunesse, une organisation qui vise l'amélioration de la condition des jeunes profesionnels, c'est un pas dans la bonne direction, mais il manque effectivement de mesures contraignantes, tel que des mesures qui visent à rédure la vente de véhicules utilitaires sports (VUS) qui sont en contstante augmentation à chaque année. 

«Les incitatifs pour prendre des véhicules moins énergivores ou le transport en commun ne sont pas assez présents. Ç'aurait fait la différence que ce soit dans le plan... De manière très pragmatique, c'est lorsqu'on va piger dans la poche des gens qu'ils vont réaliser l'impact», a-t-il insisté.

SIMON TELLES, PHOTO COURTOISIE
SIMON TELLES, PHOTO COURTOISIE

 

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