Élections fédérales et municipales: les jeunes voteront-ils cette fois-ci?

Après plus d’une année et demie de pandémie, les élections fédérales et municipales se tiendront à quelques semaines d’intervalle.
Ce n’est un secret pour personne: peu importe le palier de gouvernement, le taux de vote chez les jeunes reste assez anémique.
Ce faible taux de participation aux élections nous laisse croire que la plupart des jeunes en âge de voter ne semblent pas avoir un intérêt marqué pour la politique.
Mais les jeunes ont de nombreuses revendications et ils prennent parfois des positions politiques, sans même le savoir.
Cependant, la grande question demeure: Est-ce que ces revendications resteront sur les plateformes sociales ou se transposeront aux urnes les 20 septembre et 7 novembre prochains?
Les causes sociales, une raison pour les jeunes de voter
De nombreux enjeux qui touchent directement les jeunes se retrouvent dans les campagnes électorales. Au cours des dernières années, les jeunes ont apporté leurs lots de revendications sur les réseaux sociaux et ont causé bien des remous dans le débat public, en ce qui concerne notamment les études supérieures, l'environnement, l’accès aux logements abordables, le mouvement #BlackLivesMatter, le définancement/désarmement de la police et les pensionnats autochtones.
Mais rares sont les jeunes qui liront des centaines de pages de plateformes politiques avant de voter. Pour ma part, étant un étudiant de 26 ans, je suis indécis et j’attends de voir les débats et propositions des chefs au fur et à mesure que les jours avancent. Et je crois que plusieurs jeunes sont dans la même position que moi.
Stratégies de marketing en vue?
Souvent, les chefs de partis politiques se modernisent et rajeunissent le temps de faire campagne.
Certaines propositions de leurs plateformes semblent cibler directement les jeunes jusqu’aux choix des candidats (il y a de nombreux candidats de 45 ans et moins) et les chefs courtisent les jeunes électeurs.
Aujourd’hui, cela passe par l’utilisation des réseaux sociaux et les interactions des politiciens avec leurs abonnés. Que ce soit sur Facebook, Twitter, Instagram, TikTok, les chefs de partis tentent de montrer qu’ils sont cool. Idem pour le choix de style vestimentaire revu à la mode et qui est visiblement fait pour atteindre les jeunes.
Cette approche n’est pas choisie au hasard. Lors des élections provinciales québécoises de 2018, pour la première fois, les trois générations des 18-38 ans, des X et des baby-boomers représentaient chacune un tiers des électeurs.
La pandémie va-t-elle freiner ou propulser le vote des jeunes électeurs?
Après une année et demie mouvementée en raison de la COVID-19, plusieurs jeunes ont connu le télétravail, l’école à distance, en plus de voir leurs contacts sociaux être mis sur pause.
Cette période a apporté son lot d’angoisse et d’anxiété pour plusieurs, mais elle a aussi permis aux jeunes de penser à la société dans laquelle ils veulent vivre une fois la pandémie terminée.
Le véritable défi sera de voir si les jeunes bouderont les urnes ou s’ils se mobiliseront pour choisir des partis qui porteront leurs causes au conseil municipal ou à la Chambre des communes.
Beaucoup de jeunes ont leur mot à dire sur les réseaux sociaux, mais peu d’entre eux s’expriment lors des élections. Espérons que la crise sanitaire sera l’occasion pour les jeunes de se prononcer au-delà des plateformes virtuelles.

Sacha-Wilky Merazil, Étudiant en immigration et relations interethniques à l’UQAM et ex-candidat aux élections municipales de 2017 à Montréal