Les joueurs s'inquiètent, mais veulent continuer
Jean-François Chaumont | Journal de Montréal
Il y a toujours trois matchs au calendrier avant Noël pour le Canadien. Mais ce voyage dans la région de New York pour y affronter les Islanders, les Rangers et les Devils pourrait représenter un cadeau empoisonné.
Malgré l’explosion des cas positifs à la COVID-19 un peu partout au sein de la LNH et dans la société en général, Gary Bettman n’a pas encore placé sa saison sur pause pour les 32 équipes du circuit. Il y a toujours cinq équipes qui se retrouvent en congé forcé jusqu’au 26 décembre, soit les Flames, les Bruins, l’Avalanche, le Lightning et les Predators.
De retour à l’entraînement avec ses coéquipiers après une quarantaine en raison du satané virus, Brendan Gallagher a émis des craintes bien logiques à la veille du départ de l’équipe pour New York.
«C’est un temps très dur pour les joueurs en ce moment, a reconnu Gallagher. Surtout en raison des règles pour la quarantaine. Si tu testes positif sur la route, tu risques de manquer Noël. Les gars se retrouveraient coincés dans une chambre d’hôtel à New York. Nous avons des familles et il s’agit d’une période heureuse de l’année pour tout le monde. Tu veux rester en famille.»
«C’est une inquiétude pour plusieurs joueurs, a renchéri le numéro 11. Nous voulons demeurer en santé. Je sais qu’il y a quelques cas au sein de l’équipe. Je sors justement du protocole. Nous avons des conversations entre joueurs. Mais nous savons aussi que nous avons un travail à accomplir. Nous aimerions juste que tout le monde revienne pour passer les fêtes en famille.»
Samuel Montembeault, qui devrait obtenir un rare départ lors du prochain périple de trois rencontres sur la route, a tenu un discours semblable à celui de son coéquipier. Il ne souhaiterait pas offrir la Covid-19 à un proche lors de Noël.
«Oui, ça reste dans nos conversations, on s’en parle entre joueurs, a expliqué le gardien de 25 ans. Il y a des gars avec des enfants. Chris Wideman vient tout juste d’avoir un bébé. Il y a aussi des femmes enceintes dans notre entourage. Les gars ne veulent pas pogner ça et ramener le virus dans les familles. Avec Noël, ça peut déraper et tu peux donner ça à plusieurs personnes.»
Des transports adaptés?
Il y a toujours des quartiers de New York à découvrir. Dans une vie avant la pandémie, on dirait que ça fait une éternité, la «Grosse Pomme» était une destination de choix pour célébrer Noël ou le Jour de l’an. Mais à l’intérieur d’une chambre d’hôtel, la magie s’évapore assez rapidement. Il y aurait toutefois une alternative pour éviter le scénario d’un confinement à New York advenant un cas positif.
«Il faut faire ce qu’on peut pour prévenir une contagion, a répliqué Dominique Ducharme. On doit prendre les bonnes mesures. Si je ne me trompe pas, on pourrait avoir une voiture qui ramène un joueur par voie terrestre en partant de l’État de New York. Le joueur pourrait ensuite venir s’isoler à la maison. On souhaite pouvoir faire le voyage sans avoir un seul cas.»
Écoutez la chronique sportive de Jean-François Baril au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:
Si Gallagher et Sami Niku ont maintenant terminé leur quarantaine, Artturi Lehkonen vient tout juste d’amorcer la sienne. Absent à l’entraînement, Cédric Paquette pourrait également se retrouver sur le protocole de la COVID-19 de la LNH. Il était dans l’attente d’un résultat à un test. Et la liste pourrait bien s’allonger. Le CH a d’ailleurs choisi de retarder son départ pour New York à 14 h lundi, soit seulement cinq heures avant le match à Long Island.
Fausse perception
Steve Yzerman, le directeur général des Red Wings, a fait sourciller bien des gens en disant que la LNH pourrait permettre aux joueurs asymptomatiques de poursuivre leurs activités. Aux dires de l’ancienne légende des Wings, la Covid-19 se comparait à un vilain rhume et les joueurs atteints au sein de la LNH ne ressentaient pas de gros symptômes.
Ce n’était pas le cas pour Gallagher. Et s’il y a un joueur qui a un bon seul de tolérance à la douleur, c’est bien lui.
«J’ai souffert de symptômes sévères qui m’ont frappé durement, a-t-il confié. Je suis resté couché dans mon lit, j’ai combattu ce virus. Après deux jours pénibles, je me sentais mieux. Heureusement, j’avais reçu mes deux doses pour le vaccin.»
Et un petit rappel. Gallagher a seulement 29 ans et il est en très bonne condition physique.