Guerre en Ukraine: les journalistes sur le terrain doivent faire preuve de sincérité

Agence QMI
Avec la guerre en Ukraine, le travail des journalistes sur le terrain devient primordial pour montrer à la population ce qu’il se passe réellement, mais ces derniers doivent aussi faire preuve d’humanité envers les victimes qui sont parfois en état de choc.
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«Déjà il faut être sincère, il faut être humble, il faut comprendre la détresse de ces gens», a expliqué le grand reporter pour Paris Match, Nicolas Delesalle, au micro de Philippe-Vincent Foisy à QUB radio mardi.
Il explique aussi que les journalistes croisent plusieurs types de réactions en Ukraine, en passant des gens méfiants à ceux qui ont besoin d’une oreille pour les écouter. «Il y a des gens qui sont très méfiants et qui ont peur qui vont vous dire ‘’Sputnik Sputnik, les Russes nous observent’’ quand vous les prenez en photo. C’est une parano assez naturelle et c’est une minorité. Il y a beaucoup de gens qui vous prennent presque comme un psy d’urgence comme un frère qui vient vers vous, qui vous parlent (...) Ça leur fait, je pense, beaucoup de bien de parler», a-t-il confié.
Que faire avec les personnes en état de choc?
Il y a bien évidemment des personnes en état de choc, a indiqué M. Delesalle. Pour ces personnes-là, il est recommandé d’utiliser le «protocole 6C». Mis en œuvre en Israël, il permet de prévenir les chocs post-traumatiques en faisant sortir la victime de ses émotions. «Par un hasard curieux, j’ai [appris] ce protocole dans un [genre] de stage juste avant de partir en Ukraine. Je revenais de Syrie et je me sentais un peu désemparé justement face à ces gens-là. J’ai pu le mettre en application immédiatement», a raconté Nicolas Delesalle qui est parti en Ukraine quelques jours après avoir terminé cette formation.
Le «protocole 6C» consiste à poser des questions ouvertes et très courtes à la victime qui devra sortir de ses émotions pour y répondre. Il suffit que de quatre ou cinq questions «très bêtes», estime le reporter. Ensuite, on peut la remettre en action afin qu’elle ne soit plus victime, mais plutôt une actrice qui raconte ce qu’il vient de se produire.
«C’est [un protocole] contre-intuitif», a mentionné le journaliste qui insiste cependant sur son efficacité.