Sécurité aérienne: les «leçons» du 11 Septembre n'ont pas servi face à la COVID-19

Photo d'archives

AFP

2021-09-09T15:50:58Z

Les «leçons» du 11 Septembre pour la sécurité du transport aérien, c'est-à-dire une adaptation concertée face à une nouvelle menace, n'ont malheureusement pas servi lors de la crise de la COVID-19, a estimé mercredi le porte-voix des compagnies aériennes.

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Deux décennies après les pires attentats sur le sol américain, commis par des commandos d'Al-Qaïda qui avaient détourné quatre avions de ligne, «nous vivons toujours avec leurs conséquences, dont un dispositif de sécurité et de renseignement très étendu», a rappelé le directeur général de l'Association internationale du transport aérien (Iata), Willie Walsh.

Le secteur aérien mondial avait pâti à long terme des attentats, ne retrouvant son niveau de chiffre d'affaires de 2000 qu'en 2004.

Aussi violent qu'ait été le choc économique il y a 20 ans, celui-ci ne représente qu'une «goutte d'eau» par rapport aux conséquences de la pandémie de la COVID-19, a affirmé M. Walsh, cité dans un communiqué de son organisation, avec une chute du revenu par passager-kilomètre, indice de référence du secteur, de 65,9% entre 2019 et 2020, contre 2,9% entre 2000 et 2001.

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Dix-huit mois après que la pandémie a mis à l'arrêt le trafic aérien mondial, de nombreux pays ayant fermé leurs frontières ou imposé des quarantaines pour tenter d'éviter la progression du virus, «le trafic international reste à un quart des niveaux d'avant-crise», a remarqué M. Walsh, y voyant les conséquences de «mesures sanitaires imposées à l'aviation civile sans consultations dignes de ce nom».

Pour lui, l'une des leçons du 11 Septembre pour la sécurité du transport aérien «est de dépasser le modèle à taille unique (...) qui préside au contrôle des passagers». «Nous avons aussi appris que l'on pouvait améliorer l'efficacité en établissant la confiance avec des groupes de passagers identifiés, et en appliquant des mesures de sécurité sur la base des faibles risques présentés par la majorité des voyageurs», a argumenté M. Walsh.

Une autre leçon, selon lui, est «d'établir une date d'expiration pour ces mesures d'exception».

M. Walsh, dont l'organisation milite de longue date pour une meilleure coordination afin de relancer le transport aérien international face à la COVID-19, a dressé des «parallèles» entre la situation sécuritaire post 11-Septembre et la crise sanitaire actuelle, et souhaite notamment voir «exempter les passagers vaccinés de tests et de mesures de quarantaine».

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