Les pharmaceutiques boudent le Canada
Les fabricants ont refusé de produire le vaccin ici

Anne Caroline Desplanques
OTTAWA | Le fédéral a demandé aux fabricants de vaccins de venir produire leurs fioles au Canada afin d’éviter les problèmes d’importation que l’on connaît actuellement, mais tous ont refusé sauf Novavax.
« Ils ont tous conclu que les capacités biomanufacturières étaient trop limitées pour justifier des investissements de capitaux et d’expertise pour lancer une production au Canada », a affirmé la ministre de l’Approvisionnement, Anita Anand, jeudi en comité parlementaire.
Pendant ce temps, Moderna a diminué ses livraisons cette semaine et « la semaine du 22 février sera également affectée », a dit le major général Fortin qui gère la distribution des fioles.
Il a concédé jeudi qu’« il n’y a aucun moyen d’être certain », que le Canada recevra des doses de Pfizer et de Moderna dans les prochaines semaines.
C’est que les contrats d’approvisionnement ne prévoient pas de livraisons hebdomadaires ou même mensuelles, mais un total global par trimestre a révélé la ministre Anand.
Rien n’oblige donc Moderna et Pfizer à échelonner les livraisons comme elles l’ont fait le mois dernier.
Comme Pfizer et Moderna, AstraZeneca, qui pourrait bien avoir en main le prochain vaccin homologué au pays, a refusé de le produire ici, car le Canada ne serait pas en mesure de soutenir « l’échelle de production exigée », a dit la ministre Anand.
En Inde, la compagnie s’est par exemple alliée au Serum Institute, le plus grand producteur mondial de vaccins, pour qu’il produise un milliard de doses.
Demi-douzaine d’usines
Le Canada compte une demi-douzaine d’usines de production de vaccins qui peuvent ensemble produire près d’un milliard de doses par an.
Mais elles n’ont pas toutes les mêmes technologies et plateformes de production, car « tous les vaccins ne sont pas les mêmes », a précisé le ministre de l’Innovation, François-Philippe Champagne.
Novavax, la seule compagnie qui a accepté l’offre de la ministre Anand, n’avait aucune capacité de production il y a tout juste un an, a indiqué son PDG Stanley Erk, à Bloomberg. Elle a donc développé des partenariats avec sept pays différents pour qu’ils produisent eux-mêmes leurs doses.
Pour M.Erk, il s’agit d’assurer que son vaccin soit produit en continu au pays, afin que les Canadiens puissent être piqués tous les ans s’il le faut, comme c’est le cas pour la grippe.