Les psychologues du public ne dépistent pas

Marie Christine Trottier
Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.
L'ÉNONCÉ
La chef parlementaire de Québec solidaire, Manon Massé, a interpellé François Legault, cette semaine, sur le temps d’attente pour accéder à des ressources en santé mentale dans le réseau public. Elle accuse le gouvernement de mal répartir ses ressources, accentuant le problème en pleine pandémie. « Au lieu d’envoyer les psychologues du public faire du dépistage ou de la vaccination, le premier ministre devrait mettre les bouchées doubles pour embaucher des renforts et offrir de l’aide psychologique gratuite et rapide à tous les Québécois et Québécoises », a-t-elle déclaré.
LES FAITS
Selon le ministère de la Santé, aucun psychologue ou tout autre professionnel psychosocial du réseau public n’a été délesté pour faire du dépistage ou de la vaccination grippale. Par contre, le premier ministre Legault admet que « c’est très inquiétant de voir les délais d’attente en santé mentale », tout en ajoutant qu’« actuellement, il y a une urgence d’ajouter du personnel pour faire plus de prélèvements, pour analyser les cas de COVID-19 ». Au plus fort de la première vague au printemps, des professionnels de la santé, dont des psychologues du réseau privé, avaient été délestés pour aller travailler dans les résidences pour aînés et les CHSLD.
Des tests rapides qui arrivent lentement
L'ÉNONCÉ
La vice-première ministre et ministre des Finances, Chrystia Freeland, a été interrogée en Chambre par le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, sur l’arrivée des tests rapides pour détecter le coronavirus.
« Concernant les tests rapides, on a acheté 7,9 millions de tests la semaine passée. Les tests seront au Canada la semaine prochaine », a soutenu la ministre lundi.
LES FAITS
Ce ne sont pas tous les 7,9 millions de tests qui arriveront au pays la semaine prochaine. Un « détail » que n’a pas précisé Mme Freeland. Cette dernière faisait référence aux tests ID NOW de la compagnie Abbott, qui ont été autorisés, la semaine dernière, par Santé Canada, et qui permettent d’avoir un résultat en 13 minutes ou moins.
Selon la ministre de l’Approvisionnement, Anita Anand, les premières livraisons de tests commenceront à arriver la semaine prochaine. Un total de 2,5 millions de tests doit être livré d’ici la fin de l’année, et le reste suivra l’année prochaine. Son cabinet n’a pas été en mesure de nous dire exactement combien de tests arriveront à partir du 12 octobre.
Par ailleurs, un autre type de test rapide d’Abbott, Panbio, a été approuvé lundi. Le Canada a l’intention d’en acheter plus de 20 millions, et 8,5 millions de tests sont attendus avant 2021.
– Sarah Daoust-Braun