[PHOTOS] Déconfinement: les Québécois s’arrachent les terrasses

Malgré la température, plusieurs affichaient complet vendredi

Elsa Iskander et Jérémy Bernier

2021-05-29T04:00:00Z

Même si le temps était plutôt frais vendredi, le soleil radieux a poussé les amateurs de bonne bouffe à se précipiter dans leur restaurant préféré pour célébrer la réouverture des terrasses. Si bien, que plusieurs affichaient presque complet en soirée, au grand plaisir des restaurateurs qui voient ce week-end comme un entraînement avant l’ouverture officielle de leur salle à manger, lundi. 

• À lire aussi: Le Québec n’est pas à l’abri d’une autre vague de COVID-19

• À lire aussi: [PHOTOS] Assouplissements: Ça va faire du bien!

• À lire aussi: Déconfinement à Québec: présence policière accrue dans les parcs

« Bon déconfinement ! » lance Legault 

Photo Agence QMI, Joël Lemay
Photo Agence QMI, Joël Lemay

Le premier ministre François Legault s’est installé avec sa femme sur la terrasse du restaurant Chez Lévêque dans le quartier Outremont vers 16 h vendredi pour célébrer à la fois le déconfinenent et son anniversaire qui a eu lieu le 26 mai. « Je veux en profiter pour dire merci aux Québécois qui ont fait des efforts qui ont valu la peine. Sur une échelle du bonheur de 1 à 10, je ne suis pas loin de 10. Bon déconfinement ! » La copropriétaire, Patricia Lévêque, s’est dite « vraiment honorée » de recevoir le premier ministre sur sa terrasse. 

Publicité

Renouer avec les traditions 

Photo Elsa Iskander
Photo Elsa Iskander

Pour Josée Marcoux et Claude Boily (photo), retraités de Saint-Émile, pouvoir enfin être attablés à une terrasse, c’est une bouffée d’oxygène. « On est très heureux de revivre, on était comme en pause, là on revit. C’est le printemps, il fait soleil, on est sur une terrasse, on prend une bière, quoi demander de plus ? » lance Mme Marcoux. « C’est comme si on avait de l’oxygène, en bon français : on ne se pouvait plus ! Voir des gens se socialiser, échanger, ça nous manquait. » Le couple n’est d’ailleurs pas étranger à l’établissement à l’ambiance sportive. « On est des fans de sport », lance Mme Marcoux.  

Pour d’autres clients de La Cage Brasserie sportive Lebourgneuf, c’est une occasion de renouer avec certaines traditions, laissées de côté durant la pandémie, comme aller prendre une bière avec ses collègues vendredi en fin de journée. « On travaille à côté, à l’Industrielle Alliance, et c’était une habitude le vendredi après-midi de prendre une bière à La Cage », raconte Philip Lefrançois. « Je suis initié aujourd’hui à la coutume », s’enthousiasme Carl Denis, assis vis-à-vis.   

Rassurées par la vaccination 

Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

La vaccination de masse dissipe certaines craintes. « On se sent plus en sécurité de ressortir », raconte Katherine Quintero, savourant un repas au restaurant et micro brasserie La Souche dans Limoilou. « Ça me rassure un peu », dit celle qui avait plutôt évité les restaurants lors des précédentes réouvertures. « On est contentes que ça rouvre pour fêter nos anniversaires » raconte cette résidente de Limoilou, en compagnie de sa petite-amie, Gala Petit. 

Publicité

Fidèle au poste depuis quatre décennies !  

Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

Il y a près de 40 ans, Jean Ménard était le tout premier client de l’Auberge et Restaurant Louis-Hébert. En tant que fidèle client depuis plusieurs décennies, il n’aurait voulu rater pour rien au monde la réouverture de son établissement favori.

« C’est devenu une deuxième famille pour moi. Durant le confinement, on a commandé ici plusieurs fois pour les encourager et garder la flamme », raconte l’homme qui a profité de l’occasion pour célébrer l’anniversaire de son ami Michel Brunet. 

« On est devenus amis avec le propriétaire, son fils, et on célèbre tous nos grands moments ici. C’était important de venir les appuyer aujourd’hui », indique ce dernier. 

Au resto du matin au soir  

Photo Jérémy Bernier
Photo Jérémy Bernier

Rencontrés au Restaurant le Grand Café, sur Grande Allée, Carmen Faille et Robert Henderson dégustaient leur deuxième repas de la journée sur une terrasse. Ils comptaient bien revenir à la charge à l’heure du souper. 

Publicité

« On en profite pour goûter les différents restaurants de Québec. Ça fait longtemps qu’on n’est pas sortis ! » explique Mme Faille en riant.  

Le couple a pris soin d’entamer ses vacances dans la Vieille Capitale juste à temps pour la réouverture des restaurants. Il compte bien encourager le plus de restaurateurs possible durant le week-end.

« C’est vraiment l’ambiance qui nous manquait le plus. Ça fait plus d’un an qu’on est enfermés à la maison, c’est le fun de voir du monde et de jaser ! » lance M. Henderson. 

Bon pour le moral  

Photo Jérémy Bernier
Photo Jérémy Bernier

Depuis quelques années, Marthe Lefebvre et sa collègue de travail Nadya Fournier célèbrent l’arrivée de l’été avec une bonne guédille au homard de chez Saint-Hubert. Quand elles ont su que les terrasses ouvraient vendredi, elles ont sauté sur l’occasion pour poursuivre leur tradition.

« Ça fait du bien, c’est bon pour le moral ! » affirme Mme Fournier, tout sourire.

« Surtout quand on est une personne seule. On a tellement été privées de social que c’est un soulagement de pouvoir voir d’autres humains », renchérit son amie.  

Un retour au travail qui fait du bien   

Photo Didier Debusschère
Photo Didier Debusschère

« Je suis vraiment contente de pouvoir revoir mes collègues et mes clients, de voir du monde et d’occuper mes journées », souligne Cécile Deutsch, barista au Café Krieghoff sur l’avenue Cartier. 

Publicité

Étudiante, elle a trouvé les dernières semaines particulièrement longues lorsque ses cours se sont terminés, alors que presque tout était fermé. Quand sa patronne l’a contactée pour qu’elle rentre au travail, elle n’a pas hésité une seconde.

« Ça fait vraiment du bien ! » s’exclame-t-elle, comme la plupart des restaurateurs rencontrés par Le Journal, vendredi. 

Toujours en pénurie de main-d’œuvre   

Photo Jérémy Bernier
Photo Jérémy Bernier

Bien qu’ils soient « super contents » de pouvoir rouvrir leurs portes à la clientèle pour la première fois depuis deux mois, de nombreux restaurateurs disent toujours souffrir d’un important problème de personnel.

Pour certains, la prestation canadienne de relance économique (PCRE) — successeure de la PCU — demeure plus rentable que de rentrer au boulot, alors que d’autres ont réorienté leur carrière. 

« Il me manque au moins cinq employés en cuisine, plus de la moitié de mon personnel, et peut-être deux ou trois hôtesses. Je suis obligé de travailler en cuisine en attendant », raconte Christopher Chouinard, propriétaire du Restaurant le Grand Café.

Le propriétaire des pubs Galway et Claddagh a dû repousser l’ouverture de ce dernier pour permettre au premier d’avoir assez de personnel. « Il y a une certaine frustration, on n’est pas capable d’ouvrir comme on veut », déplore-t-il. 

À voir aussi

Publicité