Les réfugiés d'Ukraine de plus en plus traumatisés et perdus, selon le HCR

Agence France-Presse
Les réfugiés ukrainiens qui ont fui ces derniers jours leur pays attaqué par les forces russes sont plus traumatisés que ceux qui avaient réussi à le quitter au cours de la première phase de la guerre, a indiqué vendredi le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.
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Ceux qui ont pris tôt la décision de partir avaient souvent des relations à l'étranger, un projet en tête et un endroit où aller, alors que ceux qui fuient maintenant le pays en proie à la guerre sont perdus, ne sachant pas quoi faire, a souligné le HCR.
Le porte-parole du HCR Matthew Saltmarsh a souligné, à Rzeszow en Pologne près de la frontière avec l'Ukraine, que les réfugiés qui arrivent maintenant avaient un plus grand besoin d'aide.
«C'est ce que nous avons vraiment remarqué au cours des cinq à six derniers jours en Pologne», a-t-il déclaré à la presse à Genève par liaison vidéo.
«Ces réfugiés qui sont en train d'arriver ont été plus traumatisés. Beaucoup d'entre eux ont subi un choc. Il est juste de dire qu'ils ont moins de moyens que ceux qui sont arrivés lors de la première phase de cette crise», a-t-il ajouté.
Selon le HCR, 3,27 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février.
Les gardes-frontières polonais ont indiqué que deux millions de réfugiés avaient franchi la frontière entre la Pologne et l'Ukraine.
«Nous avons remarqué que beaucoup n'avaient pas de plan lorsqu'ils arrivaient», a déclaré M. Saltmarsh au sujet des arrivées récentes.
Lors de la première phase, «de nombreux réfugiés avaient des amis, des réseaux au sein de la diaspora, des contacts et des proches chez qui ils pouvaient aller et rester dans un premier temps, avant de projeter» la suite de leur périple, a-t-il expliqué.
«C'est moins le cas récemment, ce qui veut dire que ceux qui arrivent ne savent pas vraiment où ils peuvent aller», a-t-il ajouté.
Cette situation entraîne «une plus grande pression sur les autorités polonaises» qui doivent solliciter un plus grand nombre de municipalités et de régions pour leur demander de trouver des lieux d'hébergement pour les nouveaux arrivants, a souligné le porte-parole.