Les résidences privées pour aînés, toujours aussi populaires?
Molly Béland | TVA Nouvelles
La gestion défaillante de la COVID-19 par certaines résidences privées a semé le doute chez de nombreux Québécois, qui ont changé d’idée quant à leur avenir.
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Manon Gagné, par exemple, accueillera ses parents chez elle en avril prochain, alors que son père et sa mère avaient envisagé de vendre leur maison et de déménager en résidence privée. Mme Gagné a préféré leur aménager un espace dans sa propre demeure.
«Mon père oubliait qu'on lui avait dit que le logement était disponible si jamais ils en avaient besoin, a-t-elle relaté. Il n'arrêtait pas de me dire ''je vais aller dans un foyer pour personnes âgées bientôt'', et je lui disais ''non, non, non...tu vas venir chez nous», a dit Mme Gagné, dont le père est atteint de la maladie d’Alzheimer.
Manon Gagné n'est pas seule dans sa situation. La pandémie en a fait réfléchir plusieurs.
«Il faut rappeler qu'en décembre, on était à presque 150 milieux d'éclosion dans la région et que plusieurs d'entre eux étaient en résidence privée, alors c'est clair que ça inquiétait des gens de choisir ce type de milieu là, vu la situation», a expliqué le directeur général du réseau FADOQ pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, Patrice St-Pierre.
«Mai, juin, juillet, c'est normalement nos plus gros mois. On peut louer une quinzaine d'appartements en temps normal, et là, pour la même période, on en a loué 3», a détaillé la propriétaire de la Villa des Sables à Jonquière, Véronique Bouchard.
Les propriétaires de résidences pensent que la situation reviendra à la normale bientôt.
«La mentalité ne changera jamais autant pour que les enfants prennent tous en charge leurs parents à la maison. On a des vies chargées», a-t-elle ajouté.
La FADOQ – auparavant connue sous le nom de Fédération de l’Âge d’Or du Québec – a confiance dans l'avenir des résidences privées. Après avoir fait un sondage, elle estime que les besoins seront grands au moins jusqu'en 2030 en raison de la population vieillissante du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Avant d'emménager en résidence, les futurs clients s'assurent maintenant de pouvoir conserver une certaine liberté.
«On n'a pas tant de difficulté que ça à louer. Mais ce que les gens veulent savoir quand ils appellent, c'est s'ils pourront aller au centre d'achats, s’ils pourront sortir encore», a expliqué la propriétaire des Habitations du Carrefour et de la résidence L'Émeraude, Karine Blackburn.