Les talibans reprennent l'Afghanistan: désespoir parmi la communauté au Québec

Elsa Iskander

2021-08-16T03:11:24Z

La prise de pouvoir par les talibans plonge plusieurs Québécois d’origine afghane dans le désespoir, alors qu’ils ont toujours de la famille là-bas.

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« Il n’y a pas d’espoir tant que les talibans sont au pouvoir dans le pays », déplore Syed Ahmad, 30 ans, qui demeure et travaille à Montréal. 

Né en Afghanistan, il est arrivé ici en 2016. « Les gens s’attendent à rien de différent cette fois-ci », dit-il, rappelant les problèmes durant les règnes passés des talibans, dont l’exclusion des femmes du système d’éducation. 

  •  Écoutez l'entrevue avec Jocelyn Démétré, Ancien militaire canadien qui a fait 2 missions en Afghanistan comme capitaine de bataille en 2007 sur QUB radio :  

Il était sous le choc et très malheureux en voyant les nouvelles, dimanche. 

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« On me raconte que les institutions sont fermées, et qu’il y a des gens [dont] on ne sait pas s’ils sont des talibans ou juste des voleurs dans la ville », se désole M. Ahmad, dont des proches sont à Kaboul. « Ils ont peur, ils ne savent pas ce qui se passe. »

« Aide-nous »

« Depuis quatre jours, j’ai dormi à peu près six heures. Les gens me disent : “aide-nous” », relate Shah Ismatullah Habibi, directeur de l’Association éducative transculturelle à Sherbrooke, qui parraine des réfugiés. 

« Depuis le matin, il y a tout le monde qui m’appelle, surtout des femmes, des avocats, des juges, ceux qui travaillent pour le gouvernement, tout le monde est paniqué », dit celui qui est arrivé au Canada en 1993. 

« Le sentiment des Afghans, c’est celui de trahison de la part de leur gouvernement et de la communauté internationale. Tout le monde est inquiet vraiment », se désole-t-il. 

« Je trouve que ça fait une mauvaise image aussi, que les talibans sont en train de prendre la plus haute position », soupire Cohrav Yousefi, 22 ans, du Marché Afghan à Brossard, sur la Rive-Sud de Montréal. 

« Finalement, on s’est battu durant tout ce temps, pour perdre tout. Toute la famille de mon père est encore là », dit-il, implorant la communauté internationale d’agir. 

La fin des violence ?

Selon A Hadi Qaderi, professeur de sciences politiques au Collège Maisonneuve à Montréal, les récents développements ont engendré un sentiment de « déception », mais aussi de « soulagement ». 

Pour un pays en guerre depuis plus de quatre décennies, la prise de pouvoir par les talibans peut signifier un arrêt des violences qui ont fait tant de morts, explique celui qui est né en Afghanistan et arrivé au Québec dans les années 1990. 

« La fin de la guerre, c’est en soi une excellente chose, malgré le régime qui vient », dit celui dont la famille d’outre-mer vivait dans « l’insécurité quotidienne » depuis des années.

– Avec Francis Pilon
 

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