Les tarifs de 25% sur l’acier font l’affaire d’un fabricant de boîtes de conserve québécois
La demande provenant des producteurs canadiens d’aliments explose

Gabriel Côté
Un producteur de boîtes de conserve québécois est plus populaire que jamais, alors que de nombreuses entreprises canadiennes boudent les cannes américaines produites avec de l’acier ontarien.
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Les tarifs douaniers de 25% du président américain Donald Trump sur les importations d’acier, qui entreront en vigueur le 12 mars prochain, feront augmenter le coût des boîtes de conserve fabriquées aux États-Unis à partir de métal canadien.
Pour Ideal Can, une PME qui produit des boîtes de conserve à Saint-Apollinaire, près de Québec, il s’agit d’une occasion en or. «On est le seul joueur de notre secteur au Canada, alors avec l’augmentation qui s’en vient, on a pas mal plus de demandes», explique le président de l’entreprise, Erick Vachon, en entrevue avec Le Journal.

À l’heure actuelle, Ideal Can dessert environ 17% du marché canadien de boîtes de conserve alimentaires. Avec un carnet de commandes qui se remplit à mesure que les journées passent, la PME, qui compte une quarantaine d’employés, veut doubler sa production dans les prochains mois.
Nouveaux emplois
Pour ce faire, M. Vachon compte embaucher une vingtaine de travailleurs. «Une entreprise du coin a récemment licencié 125 personnes, je vais essayer d’en recruter quelques-unes», explique-t-il.
Ideal Can peut actuellement compter sur trois lignes de production, qui permettent de fabriquer 3000 boîtes de conserve à la minute de façon entièrement automatisée, ce qui représente environ 200 millions d’unités par année.
«Nous voudrions ajouter trois lignes supplémentaires, mais ça prend de l’argent», souffle l’entrepreneur.

L’investissement requis pour réaliser ce projet est d’environ 39 M$. «Il faut que l’aide arrive vite, car c’est maintenant qu’on en a besoin.»
Bien sûr, divers organismes gouvernementaux ont des programmes en place pour aider les entreprises dans ce genre de projet, mais il faut souvent compter quelques mois pour l’évaluation des demandes.
Si le soutien financier arrive à temps, M. Vachon estime qu’il serait en mesure de produire suffisamment de cannes d’ici septembre ou octobre pour desservir l’ensemble du marché canadien, qui est concentré, dans ce secteur, au Québec et dans les provinces maritimes.
En attendant, l’entrepreneur a ajouté un quart de travail de soir pour augmenter sa production. Il envisage également d’en ajouter un la fin de semaine sous peu. Le seul enjeu sera d’avoir assez d’acier pour le faire.
Autonomie
Avant la crise tarifaire, il était difficile pour Ideal Can d’acheter de l’acier ontarien, qui était vendu presque en totalité aux États-Unis. L’entreprise, qui importe une bonne partie de son métal d’Allemagne et de Corée, espère donc qu’il lui sera plus aisé de s’approvisionner en Ontario, et à meilleur coût, au cours des prochaines semaines.

«C’est une crise, c’est difficile pour bien des gens, mais c’est une opportunité de faire les choses autrement», philosophe M. Vachon, convaincu que la demande pour des boîtes de conserve canadiennes se maintiendra même après l’éventuelle disparition des droits de douane.
«L’autonomie alimentaire, c’est extrêmement important, lance-t-il. Et puis, au Québec, les coûts de transport sont tellement plus bas pour mes clients que, s’ils achètent leurs boîtes aux États-Unis, que juste à cause de ça, ça restera avantageux.»
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