Troisième vague: les vaccins ne sauveront pas Québec à court terme

Même un envoi massif de doses ne permettrait pas de contrecarrer la tendance

Photo d'archives, Stevens LeBlanc
Photo portrait de Pierre-Paul Biron

Pierre-Paul Biron

2021-04-09T04:00:00Z

Même si le gouvernement envoyait 100 % de ses doses dans la Vieille-Capitale, il est trop tard pour sauver Québec des affres de la troisième vague, croient des experts.

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Avec un nouveau record de 436 cas confirmés hier, les vaccins ne peuvent pas grand-chose à court terme pour Québec, sachant que l’immunité prend deux à trois semaines avant de se créer.

«Je n’aime pas dire qu’il est trop tard, mais disons que la vague est bien enclenchée», soutient Alain Lamarre, professeur d’immunologie à l’Institut national de recherche scientifique (INRS). 

L’expert soutient que le gouvernement ne doit pas tomber en mode trop réactif et doit garder la tête froide.

Un avis que partage Roxane Borgès Da Silva. «Même si on vaccinait l’ensemble de la population de Québec demain, sans les mesures mises en place, on verrait une hausse importante des cas dans les trois prochaines semaines», explique la professeure en santé publique.

Vaccins insuffisants

La Dre Nima Machouf n’est pas du même avis et appelle le gouvernement Legault à prioriser Québec. L’épidémiologiste est d’avis qu’il faut s’attaquer au virus où il est actif.

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«[Le nombre de vaccins], ce n’est pas suffisant. C’est un bon début, mais je suis persuadée qu’ils vont s’ajuster. Ils ne peuvent pas ignorer un tel renversement de tendance», estime la Dre Machouf.

Le concessionnaire Kia Val-Bélair a été fermé hier par la Santé publique, en raison d’une éclosion de cas de COVID-19. Selon nos informations, c’est un manque de collaboration de la part de la direction du concessionnaire pour faire respecter les normes sanitaires qui a forcé les autorités à agir.
Le concessionnaire Kia Val-Bélair a été fermé hier par la Santé publique, en raison d’une éclosion de cas de COVID-19. Selon nos informations, c’est un manque de collaboration de la part de la direction du concessionnaire pour faire respecter les normes sanitaires qui a forcé les autorités à agir. Photo Stevens LeBlanc

Là où la spécialiste rejoint l’avis de ses collègues, c’est sur le fait que le vaccin ne sera pas suffisant à court terme.

Le prolongement des mesures de confinement apparaissait inévitable, surtout avec les éclosions et les hospitalisations qui s’accumulent. Le CHU de Québec indiquait hier avoir presque triplé son nombre de patients COVID depuis le 25 mars.

«Le vaccin seul ne fonctionnera pas pour tout de suite. [...] Le vaccin avec les restrictions pour diminuer les contacts va fonctionner», précise la Dre Machouf.

C’est donc dire que la clé dans l’immédiat pour sauver Québec passe toujours par un confinement strict. 

«À Québec, on ne peut pas vraiment faire plus que ce qu’on fait là, mis à part demander aux gens de respecter les mesures au maximum. On ne peut pas non plus les assigner à résidence», indique Roxane Borgès Da Silva, rappelant que l’élimination des contacts éliminerait le virus.

«Zéro transmission» 

Nima Machouf va toutefois plus loin, prônant une position «zéro transmission» pour éliminer complètement le virus et par le fait même, le yoyo actuel.

«On se donne un six semaines de restrictions quasi complètes et après ça, on peut espérer s’en sortir», propose l’épidémiologiste, qui insiste aussi sur l’importance d’assurer la qualité de l’air dans les établissements.

«Tant et aussi longtemps que le gouvernement refuse de mettre la surveillance de la qualité de l’air et la transmission par aérosols dans son message, on va être en danger».  

Les solutions des experts pour renverser la tendance   

  • Solution «zéro transmission» où tout est fermé pendant 6 semaines 
  • Port du masque en tout temps 
  • Surveillance de la qualité de l’air des établissements (transmission par aérosols) 
  • Éviter à tout prix les déplacements interrégionaux 
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