L’étonnante réorientation d’un travailleur de la restauration

Geneviève Paradis | TVANouvelles.ca

2020-12-21T19:56:05Z

Un travailleur de la restauration qui a perdu son emploi en raison de la crise sanitaire s’est réorienté d’une manière plutôt surprenante.

Gabriel Boies, 30 ans, a d’abord raconté son histoire sur une page Facebook de travailleurs du milieu, une publication qui a fait beaucoup réagir. 

Le jeune homme, qui travaille dans l’industrie de la restauration depuis 16 ans (il a commencé à 14 ans chez Cora Déjeuner), a tout appris dans le milieu. 

Quand le confinement a frappé le Québec, il s’était spécialisé en vente alimentaire. Malheureusement pour lui, 90% des produits étaient destinés... aux restaurants!

Gabriel a ensuite travaillé en production, en préparant des aliments destinés aux particuliers. Un travail difficile, et pas toujours réjouissant.

«Entrer dans un frigo à 3 degrés Celsius à 6 heures le matin... dans le sang, ce n’est pas toujours évident», évoque-t-il en entrevue avec TVANouvelles.ca.

Il est toutefois resté trois mois. 

Depuis octobre, il était à la recherche d’un «bon fit», un emploi qui serait motivant. Il a été deux mois à tourner en rond. 

Un appel décisif

C’est la semaine passée qu’il reçoit un appel d’une amie qui lui propose un boulot dans une résidence pour aînés, d’abord pour faire de l’animation. 

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Elle lui propose d’essayer une journée, pour voir s’il aime ça. 

Si l’idée semblait saugrenue au départ, celui qui a appris à cuisiner auprès de chefs réputés à Montréal, dont celui d'Au Pied de Cochon, accepte la proposition. 

Il se retrouvera rapidement aux commandes de la cuisine. 

«Non, je ne sers pas un foie gras poêlé en entrée ou un bœuf Wellington au souper, mais ma petite cuisine me permet d’exploiter le plus que je peux et elle me permet d’avoir du plaisir!» 

En entrevue avec TVANouvelles.ca, Gabriel raconte que bien que les menus soient restreints dans les résidences, il parvient à y ajouter sa petite touche personnelle, ce qui rend les personnes âgées heureuses. 

Une petite huile aromatisée sur une crème de céleri fait toute la différence pour eux.  

«Aujourd’hui, ça fait une semaine que je travaille sept jours sur sept, 10 heures par jour. De voir mes 32 résidents heureux à chaque dîner-souper, ça fait du bien au moral, au cerveau, pis ça leur fait surtout du bien d’avoir de l’aide!»

Sa publication Facebook a reçu de nombreux commentaires positifs. D’autres travailleurs de l’industrie racontent aussi s’être réorientés dans des résidences, des CHLSD, ou même comme préposés aux bénéficiaires. 

Est-ce que c’est un emploi que Gabriel Boies voudrait conserver même après la pandémie? «Oui, je pense que je resterai!» conclut-il.

Voyez sa publication Facebook ici.

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