Lévis est en retard en matière de mobilité durable

Collectif de signataires
Depuis l'annonce d’un projet de troisième lien autoroutier en 2017, Lévis semble avoir mis en suspens le développement de la mobilité durable sur son territoire, et tout le monde y perd. Il nous apparaît pourtant essentiel que Lévis développe une pluralité de solutions de transport sur son territoire, pour améliorer la qualité de vie de tous et préparer un avenir plus vert.
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Malgré une croissance fulgurante, Lévis tarde à adapter ses transports
On n’a jamais vu autant de grues dans le paysage lévisien : les tours d’habitation poussent comme des champignons! La densification du territoire est une bonne nouvelle en soi, mais c’est la forme qu’elle prend et la façon dont elle se réalise qui est inquiétante. Sans un développement du transport collectif et actif qui suit le même rythme que la densification, celle-ci entraîne inévitablement une augmentation du nombre d’automobiles par individu et par ménage. C’est la recette idéale pour augmenter la congestion routière, et le contraire de ce que nécessite la lutte aux changements climatiques.
Altenatives
Les municipalités doivent être des acteurs de premier plan pour limiter l’expansion du parc automobile sur leur territoire et proposer des alternatives valables de mobilité à leurs citoyens. À ce chapitre, la ville de Lévis tarde à rejoindre les autres grandes villes du Québec qui, depuis l’arrivée de nouvelles équipes et de nouveaux maires, se sont mises au diapason de la lutte aux changements climatiques.
Lévis investit peu dans son réseau de transport en commun. Depuis l’abandon du Service rapide par bus (SRB), les projets de transport en commun lancés sont de faible ampleur, notamment le projet de voies réservées sur le boulevard Guillaume-Couture. Pourtant, d’importants programmes de subvention fédéraux sont disponibles à cette fin. Comment Lévis peut-elle passer à côté de ceux-ci? Il serait grand temps qu’elle emboîte le pas à ses homologues, qui font preuve d’audace pour freiner le réchauffement climatique tout en assurant leur avenir économique.
Il est également temps que nos élus municipaux s’insurgent contre la détérioration du service de traversiers entre les deux rives du fleuve, et que ce service essentiel soit bonifié plutôt qu’amputé. Qu’ils se lèvent pour exiger des gouvernements provincial et fédéral l’entretien et la pérennisation des ponts de Québec et Pierre-Laporte. Ces trois liens sont pourtant la pierre angulaire des déplacements entre les deux rives. Qu’attendons-nous?
Enfin, les infrastructures piétonnières sont trop souvent non sécuritaires, entrecoupées ou carrément absentes, et leur entretien hivernal est minimal. La mobilité en vélo en dehors des pistes récréatives est souvent non sécuritaire et parcellaire, ne permettant pas des déplacements continus pour rejoindre les centres d’intérêt, les lieux de travail et les services.
Choisir la qualité de vie
Pendant que les élus provinciaux et municipaux font la promotion d’un tunnel autoroutier, Lévis développe la mobilité durable au ralenti. Il ne s’agit pas de faire la guerre à l’automobile, mais d’attaquer les problèmes de mobilité sur la rive Sud sur plusieurs fronts :
- Combattre la dépendance à l’auto-solo dans les quartiers de Lévis en améliorant les infrastructures destinées aux piétons et cyclistes, ainsi qu’en favorisant les services de proximité.
- Accélérer le développement du transport en commun et évaluer de nouveaux projets axés sur ce mode de transport, en tirant pleinement parti des programmes offerts par les gouvernements provincial et fédéral.
- Veiller au maintien des services de traversiers, à leur fiabilité ainsi qu'à leur bonification.
- En partenariat avec les ordres de gouvernement concernés, assurer la pérennité des ponts de Québec et Pierre-Laporte.
- Demander une étude d'opportunité complète qui permettra d'identifier les solutions de transport interrives répondant aux critères du développement durable.
La population de Lévis mérite que l’on améliore les transports collectifs, les infrastructures pour piétons, les pistes multifonctionnelles et le service de traversiers. Quand les élus feront-ils le choix de privilégier la qualité de vie en développant un éventail varié de solutions de mobilité?
Les signataires sont membres du Collectif Virage, un groupe citoyen de Lévis ayant pour mission de sensibiliser la population et les élus à l'importance de développer la mobilité durable.
- Michel Bégin Lamy, quartier Notre-Dame
- Marie-France Vincent, quartier Saint-Jean-Chrysostome
- Andrée Labrecque, quartier de la Martinière
- Jocelyn Tremblay, quartier Saint-Romuald
- Yves Richard, quartier Lauzon
- Yolande Lépine, quartier Notre-Dame
- Pierre Bisson, quartier Notre-Dame