Lili Francke-Robitaille se confie sur l’évolution choc de Charlie dans «Dumas»

«Dumas» est diffusée sur ICI Télé le lundi à 20h, et en reprise sur ICI Tou.tv

Alicia Bélanger-Bolduc

2026-01-08T11:00:00Z

Lili Francke-Robitaille n’a plus à se faire un nom. En interprétant Charlie dans la série Dumas, elle nous en fait voir de toutes les couleurs, autant par les péripéties de son personnage que par la palette de jeu qu’elle déploie. Fille de Martine Francke et André Robitaille, elle a grandi sur des plateaux, nourrissant très jeune son désir des arts. Maintenant bien installée dans le milieu, elle travaille encore très fort pour pousser sa carrière vers des rôles toujours plus exigeants.

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Comment retrouve-t-on Charlie après cette captivante finale de mi-saison de Dumas?

C’est sûr que ce kidnapping a été traumatisant pour elle, même si ça n’a duré qu’une dizaine de minutes. Elle en ressort ébranlée, mais, avec toutes les épreuves qu’elle a déjà traversées, elle le vit moins intensément qu’avant. Elle est plus détachée, et ce qui compte pour elle, c’est d’être vivante et de retrouver son monde. Elle gagne énormément en maturité. Sa plus grande crainte reste de perdre la tête à nouveau. Elle a une grande confiance en la vie et va s’en sortir somme toute assez bien. Pour ses histoires d’amour, Charlie tombe vite et fort; elle n’a pas la notion de «prendre son temps», et ça ne risque pas de changer.

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Après une tentative de suicide qui lui a laissé un traumatisme crânien, ton personnage a beaucoup changé.

Je suis allée me renseigner auprès de professionnels pour essayer d’interpréter ce trouble le plus justement possible. Elle n’est plus connectée à la réalité comme avant; elle est un peu désinhibée et ne fait pas les liens comme nous. Elle reste toujours au premier degré. Pour elle, si elle est correcte après le kidnapping, ça suffit. On l’a vue en début de saison devoir réapprendre beaucoup de choses, remettre la machine en marche après quelques mois d’arrêt. Elle peut se fâcher plus rapidement, puisqu’elle ne comprend pas le second degré, et elle peut parler sans arrêt en fixant sur un sujet ou en partant dans tous les sens. Elle est vraiment différente de la Charlie de la première saison.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Le public a réagi fortement en disant que ton personnage vivait trop d’épreuves. Mais pour une actrice, c’est un cadeau, non?

Oui! Je prends ça comme une vraie chance. Contrairement à la première saison, Charlie n’est plus aussi émotive. Ça m’oblige à aller chercher ailleurs pour aborder les épreuves différemment, de façon plus détachée. Ça me permet de construire quelque chose de vraiment loin de moi, et ça me fait du bien de me distancier de celle que je suis. Je suis aussi plus ouverte à explorer différentes facettes, parce qu’on me donne l’espace pour le faire.

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Ton rôle prend maintenant de l’ampleur. Constates-tu une certaine notoriété qui s’installe?

Je reçois beaucoup de reconnaissance, autant du public que de mes pairs, et c’est très agréable. C’est une chance de pouvoir naviguer à travers ces beaux défis. Quand je reçois mes textes, je vois que j’ai maintenant beaucoup plus de lignes, parfois des pages complètes! C’est un de mes plus grands plaisirs. Je sens aussi une grande confiance du réalisateur Stéphan Beaudoin, avec qui j’ai travaillé plusieurs notions de langage. Ce personnage est une école en soi.

Tu dois aussi apprendre beaucoup des acteurs chevronnés qui t’entourent, non?

L’observation m’apprend énormément. Ce sont des gens avec beaucoup de métier. Ils ont une aisance et une connaissance très précise de leurs repères, que je commence à comprendre à mon tour. Tout le monde a des techniques différentes et j’essaie de voir ce qui me convient. Ce sont des personnes qui me font confiance, et en qui j’ai confiance, et l’échange est vraiment agréable. Gildor Roy et Isabel Richer sont des partenaires avec qui c’est très facile. Avec la distribution plus jeune, dont Jade Charbonneau, on rit beaucoup. C’est un plateau vraiment agréable.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Quel serait ton bilan de l’année?

Ç’a été une année de floraison. J’ai plus confiance en moi et j’ai moins le syndrome de l’imposteur. C’est la deuxième année que je ne suis pas à l’école et que je suis à temps plein dans ce métier. Ça me donne des repères et je me sens enfin à ma place. J’ai mordu dans tous ces défis et je suis fière. C’était une année tremplin. J’ai l’impression que ce qui m’attend va m’amener encore plus loin. C’est un premier saut dans le vide et j’ai hâte de découvrir la suite.

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Et qu’est-ce que tu souhaites pour 2026?

J’aimerais un rôle qui me sorte du stéréotype dans lequel on me place parfois. C’est facile de m’engager pour ce que je représente, mais je sais que je peux toucher à d’autres sphères. Explorer davantage mon jeu, ce serait un beau défi. Sinon, ma vie personnelle va très bien et j’ai envie que ça continue.

Justement, à quoi ressemble ta vie quand tu n’es pas sur les plateaux?

Je suis très investie dans mes amitiés; j’ai des amies qui sont comme des sœurs pour moi. La famille est aussi très importante. J’ai une belle relation avec mes parents et on garde un beau lien, on va souvent au théâtre ensemble. J’aime travailler dans les cafés pour écrire et rester active dans d’autres formes de création. Je voyage moins depuis quelque temps parce que je suis très occupée, mais j’ai beaucoup voyagé seule et ça m’a énormément fait grandir. Sinon, je vais beaucoup en campagne, je fais de la couture et je lis beaucoup.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Tu as choisi de ne pas aller dans les écoles de théâtre et de te former sur le terrain. Ç’a été un gros questionnement?

Oui, vraiment. J’ai décroché Dumas en même temps que mon acceptation dans les écoles de théâtre, et j’ai dû choisir. Ç’a été déchirant, parce que deux rêves se réalisaient en même temps. Je pense même que, toute ma première année dans Dumas, je me suis demandé si j’avais pris la bonne décision. Maintenant, je suis bien. Je me forme constamment et je me dis que l’école sera toujours là si j’en ai besoin. Je ne sais pas ce que je ferai ensuite, et c’est correct de ne pas avoir toutes les réponses. J’ai juste envie de plonger et de vivre.

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Tu donnes aussi des cours de théâtre au parascolaire. Qu’est-ce que ça t’apporte?

Je m’amuse énormément. Il y a un bel échange et une grande ouverture. Ça me fait aussi réaliser que j’ai plus de connaissances que je pensais. Trouver les bons outils pour expliquer ça à quelqu’un qui n’a jamais touché à ce milieu, c’est un défi. Ça me permet de reconnecter avec ma passion et de me rappeler pourquoi j’ai choisi ce métier.

Quel est ton regard sur le fait d’avoir grandi avec deux parents du milieu?

C’est une chance, mais ça demande aussi des efforts. Tout le monde doit se démarquer à sa manière et c’est difficile pour tous. J’ai dû travailler différemment pour tracer mon chemin et me détacher de l’étiquette de «la fille de». Je travaille très fort pour ce que j’obtiens. Mes parents ne m’ont jamais décroché de rôles et j’ai toujours voulu que ce soit clair entre nous. On peut parler de travail, mais je ne veux pas que toutes nos discussions tournent autour de ça. Oui, j’arrive avec des connaissances parce que j’ai baigné dans ce milieu, mais ça ne veut pas dire que je n’ai rien à apprendre. Il y a une nuance importante.

Dominic Gouin / TVA Publications
Dominic Gouin / TVA Publications

Comment vois-tu la suite de ta carrière?

C’est une grande question! Ma mère me la pose toujours et je ne sais jamais quoi répondre. (rires) J’aimerais pouvoir voyager avec mon travail, ça me ferait vraiment triper. J’ai un esprit très créatif et j’aime être dans l’action. Attendre que les contrats tombent n’est pas quelque chose qui me fait me sentir bien; j’ai besoin de rester active. Est-ce que mes projets personnels seront développés un jour? Je ne sais pas, mais créer me fait du bien. Et j’aimerais toucher à l’envers de la caméra, peut-être réaliser.

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