L’inquiétude grimpe pour le réseau de la santé

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Erika Aubin

2020-12-06T02:39:04Z

Face à une période des Fêtes qui fait craindre le pire pour le réseau de la santé, le comportement de la population doit s’améliorer, clament des experts au lendemain d’un triste record de propagation du virus.

« Le constat est clair. Comment on se comporte comme population avec les mesures qui sont en place, ça ne permet pas à la pandémie de ralentir », observe Gaston De Serres, médecin-épidémiologiste à l’Institut national de santé publique.

Pour lui, cela confirme la bonne décision de François Legault à annuler les rassemblements des Fêtes « qui faisaient planer le risque d’augmentation des cas ».

« Le bilan [de samedi] est épeurant, parce qu’en plus, les agissements d’une partie de la population ne font que mettre de l’huile sur le feu », déplore François Marquis, chef de service des soins intensifs à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, en parlant notamment des centres commerciaux bondés.

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec le Dr François Marquis sur QUB radio:

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La peur des Fêtes

Le Dr Marquis est abasourdi d’entendre des Québécois dire ouvertement vouloir désobéir en voyageant dans le Sud ou en faisant des rassemblements clandestins pour les Fêtes.

« On utilise déjà le délestage et les décrets ministériels pour forcer le temps supplémentaire obligatoire des travailleurs et la période des Fêtes n’est même pas commencée », explique-t-il.

Une infirmière de Montréal, qui a elle-même contracté la COVID-19, insiste sur le fait que ces solutions ont une limite.

« On a peur d’être au bout du rouleau et de ne pas pouvoir donner des soins adéquats à la population. On essaie depuis mars de se sortir la tête de l’eau. Les gens qui disent que c’est juste une grippe manquent de considération face au personnel », dit Stéphanie, qui a préféré taire son nom complet.

Vaccins

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a pointé du doigt la contamination communautaire et rappelé que la « solution est dans les mains de chaque Québécois » en réduisant ses contacts.

« Les gens sont tannés, ça fait neuf mois qu’on est dans cette pandémie-là, mais malheureusement, il n’y a pas d’autres solutions », a-t-il dit en entrevue à LCN.

La venue prochaine de vaccins vient peut-être donner un peu trop d’espoir aux Québécois et M. Dubé prévient que l’« on n’est pas encore rendu là ».

- Avec Jérémie Bernier et l’Agence QMI

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