Lituanie: tomber sous le charme de Vilnius et de ses histoires
Marie-Julie Gagnon
Tour à tour polonaise, allemande et russe, la capitale de la Lituanie garde des traces des multiples influences qui ont forgé sa personnalité. Ville natale de l’écrivain Romain Gary, Vilnius était le centre politique du Grand-Duché de Lituanie entre le 13e siècle et la fin du 18e. Cap sur une cité méconnue située en plein centre de l’Europe.

En se baladant dans les rues pavées de Vilnius, on réalise rapidement que ses quelque 700 ans d’histoire n’ont rien de banal.
Bien préservés, ses édifices de style gothique, renaissance, classique et baroque témoignent de la richesse de son passé. On ne s’étonne pas d’apprendre que la vieille ville est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Capitale européenne de la culture en 2009 avec Linz, en Autriche, Vilnius affiche son amour pour l’art dans ses musées comme à l’extérieur.

Depuis 2019, une mosaïque présente d’ailleurs des auteurs ayant un lien avec la ville sur l’un des murs de la rue Literatų (pour «littérature»).

Un détour insolite

Sur la rive droite de la rivière Vilnelé, une micronation autoproclamée a érigé l’humour en véritable art de vivre.
Baptisée Uzupis, cette république utopique née en 1998 a son propre président, l’artiste multidisciplinaire Romas Lileikis. Ici, on se livre à des joutes poétiques et on refait le monde dans un «barlement».
Affichée fièrement en plusieurs langues sur un mur, sa constitution fait sourire. On y mentionne notamment que «l’Homme a le droit de mourir, mais ce n’est pas un devoir» et qu’il a «le droit d’apprécier sa propre petitesse et sa grandeur».
Une histoire d’amour tragique
En s’intéressant de plus près à certains chapitres de son passé, on a l’impression de plonger dans un roman avec, comme protagonistes, un couple illicite au destin tragique.
Au début du 15e siècle, le Grand-Duché de Lituanie s’étend de la mer Baltique à la mer Noire.
Alors le plus vaste État d’Europe, il est dirigé, dès 1544, par Žygimantas Augustas. Amoureux fou de Barbora Radvilaitė, héritière d’une famille noble, mais sans aucune trace de sang royal, le grand-duc plonge tête première dans cette liaison dangereuse, faisant fi des remontrances de sa mère. Il fait même creuser un tunnel pour rendre visite à sa belle en cachette.
Leur mariage secret en 1547 fait scandale et déclenche les foudres du Parlement comme de la cour. Barbora Radvilait ne fut couronnée reine qu’en 1550.
À peine cinq mois plus tard, la souveraine rendit son dernier souffle. Empoisonnée? C’est en tout cas ce que raconte la légende, malgré l’absence de preuves. D’autres sources évoquent la possibilité d’un cancer. Chose certaine, le couple maudit continue de fasciner aujourd’hui.
D’autres incontournables à découvrir

- Parmi les endroits à découvrir à Vilnius, il y a également la tour de Gediminas, dernier vestige du château de Vilnius érigé à la fin du 14e siècle et au début du 15e sur la colline du même nom, qui offre un panorama unique.
- Le Musée des Occupations et des Luttes pour la liberté, qui se trouve dans l’ancien bâtiment du KGB, est également à visiter, tout comme le musée national de la Lituanie, qui a remporté le prix du patrimoine européen en 2025.
Informations pratiques

- S’y rendre: Vilnius s’intègre bien à une virée dans les pays baltes ou d’Europe de l’Est. Si vous prévoyez vous arrêter dans plusieurs cités européennes, les passes d’Eurail peuvent s’avérer très pratiques.
- Bon à savoir: La Vilnius Pass permet d’accéder à une soixantaine de musées et des rabais sur plusieurs visites et attractions (24, 48 ou 72 heures). À partir de 37 euros (environ 60$ CA) pour 24h.
- Pour s’informer: govilnius.lt et Eurail.com.

Notre collaboratrice était en partie invitée par Go Vilnius et Eurail, qui n’ont eu aucun droit de regard sur ce texte.