Luc De Larochellière et Andrea Lindsay se confient sur leur mariage de rêve

Jean-François Brassard
Samedi dernier, en ouvrant les rideaux, andrea lindsay et luc de larochellière avaient l’impression de rêver tout éveillés. une nappe de brume flottait au-dessus de la rivière à proximité du manoir où ils venaient de passer la nuit et où, dans quelques heures, ils allaient se marier!
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Cleveland est une petite municipalité comptant à peine 1600 habitants. C’est une perle estrienne que protège jalousement sa population. Voilà le cadre enchanteur où Andrea et Luc ont eu le bonheur de s’épouser.
Le nouveau marié établit d’abord: «C’est un endroit qu’on connaissait déjà. Deux amis à nous sont propriétaires de ce manoir avec un terrain magnifique, qu’ils nous ont prêté.» Ajoutez à ce décor une température exquise, et vous obtenez le scénario d’un mariage idyllique. «Il n’y avait que des gens qu’on aime, et tout le monde était de bonne humeur. Ç’a été une journée parfaite.»
Au départ, le couple songeait à un mariage plutôt intime en présence de 35 ou 40 invités. Au bout du compte, 70 convives se sont joints à eux. Aux premières loges: Louis, le fils que le couple a eu il y a huit ans, et Claudel, l’unique fille que Luc a eue de son mariage précédent.

Les parents d’Andrea, qui habitent à Cornwall, étaient fiers d’assister à l’événement. Leur fille fait remarquer: «Ils étaient émus et très impressionnés par tout l’amour qui nous entourait et le réseau qu’on a tissé. L’une de mes soeurs m’a dit qu’on avait bien entretenu notre jardin d’amitié et que ça se voyait dans le mariage. Toute ma famille était très heureuse de voir combien on était entourés d’amour et d’amitié.»
Présents malgré...L'absence
Du côté des De Larochellière, la famille a été ébranlée ces dernières années par la perte de ses piliers: «J’ai perdu mon père il y a trois ans et ma mère, l’été dernier, regrette Luc. Il me reste juste un frère, un neveu et mes enfants.»
Le jour du mariage, il faisait un soleil radieux. Avec toute la sérénité du monde, il poursuit: «J’étais dans mon trois-pièces submergé par le soleil et la chaleur. C’était beau, mais ça m’a rappelé que chacun d’eux a été enterré à cette période de l’année. Au cimetière, il faisait le même soleil, la même chaleur... C’était pour moi une façon de sentir leur présence, comme s’ils m’avaient dit: “On a eu de belles journées pour nos funérailles, on va te donner une belle journée pour ton mariage.”»
Et ça ne se termine pas là: «Durant la cérémonie, Andrea a eu la bonne idée d’inclure un enregistrement magistral de ma mère qui chante Madame Butterfly dans une émission de télé. On peut le trouver sur YouTube sous le nom de Thérèse Guérard. On écoutait ça pendant que j’étais sous ce soleil-là. Encore là, Andrea, qui a toujours ce genre d’attentions, avait inclus dans sa playlist de danse un enregistrement de mon père qui chante La danse à St-Dilon. C’est comme si, malgré leurs décès récents, tous les deux étaient présents au mariage.»
L’épilogue n’est pas banal. C’est Andrea qui relate: «Quand on est revenus à la maison dans la nuit du 14 au 15, fatigués et tout heureux, on a réalisé que c’était leur date de mariage...» Ce constat lui a davantage fait apprécier la présence de ses parents à l’événement: «Mon père a eu 80 ans au mois d’août. J’ai marché jusqu’à l’autel avec lui et Luc a marché avec ma mère. Ils étaient ravis.»

Choisir l'amour
René Charbonneau était le célébrant du mariage. «On avait pensé prendre un ami, mais quand on lui a parlé par vidéoconférence, on l’a trouvé très sympathique», fait remarquer Andrea, qui a pris en charge une bonne partie de l’organisation de la journée. «On a choisi ce que nous, on voulait.»
Durant la cérémonie, elle a été particulièrement touchée par les mots de Luc: «Dans ses voeux, Luc a dit qu’on se mariait en connaissance de cause. On n’est pas naïfs: on sait dans quoi on s’embarque et on y va quand même. J’étais émue d’entendre ça de la part de Luc. On dirait qu’il y a un espoir en la vie, dans ça. On croit encore à l’amour. Plus on vieillit, plus on aurait peut-être raison d’être un peu plus sceptiques, mais je trouve que c’est beau de choisir l’amour, l’espoir et la lumière.»
Parmi les invités se trouvaient, bien entendu, beaucoup d’amis chanteurs, musiciens et auteurs-compositeurs, dont Michel Rivard, Pierre Huet, Éric Goulet, Emilie Clepper, Geneviève Toupin et Brigitte St-Aubin. «Il y avait beaucoup de talent au pied carré et on a eu un beau jam de fin de soirée», se réjouit Luc, qui prend soin d’ajouter: «Naturellement, Sylvie Paquette y était. C’est grâce à elle qu’on s’est rencontrés. Elle nous avait présentés l’un à l’autre pendant le Festival en chanson de Petite-Vallée, en 2007.»

Andrea rappelle: «On avait vraiment flashé l’un sur l’autre, mais ça n’était pas le bon moment. On a mis ça sur la glace pendant trois ans. On a essayé de s’oublier, mais ça n’a pas marché.» Pince-sans-rire, son mari enchaîne: «C’est le plus bel échec qu’on a vécu.» Puis, plus sérieusement: «Quand on s’est connus, mon divorce n’avait pas encore été prononcé et Andrea était fraîchement séparée. Quand les gens nous demandaient si on était mariés, on répondait: “Oui, mais pas ensemble.”» Trois ans plus tard, ils tombaient dans les bras l’un de l’autre.
Feux d'artifice
Samedi soir dernier, c’est par des feux d’artifice illuminant le ciel de Cleveland qu’a culminé ce mariage qui, assure le couple, a dépassé toutes leurs espérances. Luc conclut: «Ce que je retiens, à part notre bonheur à nous, c’est le bonheur des gens qui étaient présents. Lorsqu’on monte sur scène, c’est notre job de faire vivre des émotions aux gens. Ça nous rendait heureux que tout le monde partage ça avec nous. C’était notre plus beau show!»