Luke Thompson de «Bridgerton»: de l'ombre à la lumière
Anaïs Chabot
Après trois saisons en arrière-plan, c’est à son tour de briller. À l’heure où son personnage, Benedict, s’apprête enfin à prendre le devant de la scène, l’acteur britannique de 37 ans revendique une approche artisanale du jeu, nourrie par le théâtre, la précision des mots et une idée très moderne de la liberté.
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Né à Londres et formé en théâtre, Luke Thompson a passé son enfance et son adolescence en France. «Je vis à Londres depuis 13-15 ans, mais j'ai passé mon enfance et mon adolescence en Seine-et-Marne, à Melun-Fontainebleau. Donc la France est un pays qui me tient très à cœur», a-t-il confié, en français, à Vanity Fair.
Depuis trois saisons, il interprète Benedict Bridgerton, un artiste bohème à la liberté presque insolente, un personnage présent, mais jusqu’alors en marge des grands élans romantiques de la fratrie. Thompson aime qualifier son personnage «d’énigme», un homme dont on a surtout vu la nonchalance, la créativité et l’appétit de liberté, mais jamais vraiment les failles.
Cette saison, tout change: Benedict devient le cœur de l’intrigue, propulsé au rang de héros romantique classique. Là où les princes de conte de fées cachent souvent une fragilité sous une carapace de contrôle, Benedict, lui, affiche en façade un charme libre et désinvolte, tandis qu’à l’intérieur se nouent d’autres rigidités, d’autres peurs, que la série commence enfin à dévoiler. «Benedict est un personnage qui a une grande carapace. Il a vraiment trouvé une manière de contenter tout le monde, mais sans être vulnérable, de peur peut-être d'être blessé», expliquait-il en décembre à Vanity Fair.
Le parcours de Benedict est, pour Thompson, une réflexion sur ce que signifie être un homme dans un univers où la liberté absolue n’existe pas. Le personnage a longtemps confondu émancipation et fuite: refuser l’engagement, multiplier les expériences, s’accrocher à l’idée de ne jamais «se fermer» à quoi que ce soit, jusqu’à se perdre lui-même. L’acteur insiste, en entrevue à Vanity Fair, sur ce paradoxe: choisir, c’est aussi se libérer d’une autre forme de prison, celle du possible infini. Pour lui, Benedict apprend que le désir de «tout avoir» — l’art, l’amour, la fête, la liberté sans conséquence — cache en réalité une profonde peur, et que la série, derrière les corsets et les bals, raconte d’abord ce face-à-face avec soi.
Des coulisses à la lumière

Si Luke Thompson peut aborder la bascule vers le rôle principal avec une forme de calme, c’est qu’il a observé longtemps, en coulisses, ceux qui ont porté la série avant lui. Il évoque avec respect la gravité de Regé Jean Page, l’énergie contagieuse de Jonathan Bailey ou la sensibilité plus intériorisée de Luke Newton, autant de modèles qui lui ont appris à quel point un premier rôle façonne l’atmosphère d’un plateau. «J'ai vraiment eu de la chance. Pour moi, le timing a été parfait. J’ai pu trouver ma place en étant d’abord à la périphérie. J'ai eu le temps d’observer les hommes qui m’ont précédé. Ce qui est très beau, d’ailleurs, avec cette série, c’est qu’on peut faire les choses à sa façon. Focaliser sur un nouveau personnage chaque saison est vraiment intéressant», a-t-il expliqué dans les pages du magazine français.

La trajectoire de Luke Thompson ne ressemble pas à celle d’une star Netflix fabriquée pour les réseaux sociaux, sur lesquels il n’est d’ailleurs pas présent. Avant Bridgerton, il a surtout creusé son sillon sur scène, jusqu’à une nomination aux Olivier Awards pour A Little Life, et a fait une apparition remarquée au cinéma dans Dunkirk de Christopher Nolan. Cette culture de troupe transparaît dans sa façon de parler du métier: il se décrit moins comme un «visage» que comme un artisan.
Une nouvelle partenaire de jeu

Au cœur de cette nouvelle saison se trouve aussi la rencontre entre Benedict et Sophie, interprétée par l’actrice australienne Yerin Ha, nouvelle venue dans la série. Leur alchimie, née sur Zoom lors des auditions, repose selon lui moins sur une magie inexplicable que sur une posture commune: accepter de ne pas contrôler chaque geste, chaque intention, pour laisser surgir l’imprévu. «Yerin et moi, on avait vraiment une juste envie d'aller à la découverte l'un de l'autre, du lien qui unit ces deux personnages, plutôt que de créer quelque chose. Le boulot de comédien est plus jouissif quand on se laisse un peu aller aux choses» confie-t-il.
Une histoire d’amour inspirée de Cendrillon
L’histoire d’amour de Benedict s’apparente un peu au mythe de Cendrillon, Sophie étant la fille illégitime d’un aristocrate, réduite au rang de servante par sa belle-mère, Lady Araminta Gun (Katie Leung), après la mort de son père. Par un concours de circonstances, elle assistera au bal masqué organisé par Violet Bridgerton (Ruth Gemmell), la mère de Benedict, où elle fera la rencontre de ce dernier. Commencera alors la quête de Benedict pour retrouver la femme de sa vie.
La première partie de la saison 4 de Bridgerton sera offerte sur Netflix dès le 29 janvier. La deuxième partie sera offerte dès le 26 février.