Masque au primaire: mal de tête et déshydratation

Samuel Pradier | Agence QMI
Le port du masque en permanence dans les classes du primaire n’a pas que des effets positifs. Il aide à contrer le virus, en attendant que cette tranche d’âge soit vaccinée, mais il entraine aussi son lot d’irritants et de problématiques moins quantifiables, mais pas insurmontables.
En première année de primaire, la fille de Vanessa Bernier a de plus en plus de mal à supporter le port du masque en classe. «Elle a tout le temps mal à la tête, explique la maman de la fillette de six ans et demi. Elle est irritable et très fatiguée.» La maman s’est plainte même que le professeur empêchait les élèves de garder leur gourde à leur bureau. «Ils font des pauses dans la journée pour aller boire, mais ma fille ne peut pas boire quand elle veut. C’est sûr qu’elle manque de concentration en fin de journée, et sa motivation est en baisse.» Selon elle, sa fille s’empêche de répondre aux questions et de parler en classe à cause du masque.
Un autre phénomène a aussi fait son apparition dans les écoles primaires, c’est l’intimidation liée au port du masque. La fille de Vanessa en a été victime. «Quand ma fille baisse un peu son masque parce qu’elle n’est plus capable de respirer, elle se fait intimider par les autres amis de la classe. C’est rendu grave.»
Manque de concentration
Simone, la fille de Carolyne, est en troisième année dans une école publique de Granby. Elle a développé des symptômes beaucoup plus intenses. «Elle a une condition médicale particulière qui fait qu’elle ne peut pas porter le masque pédiatrique, explique la maman. Elle a manqué un mois de classe, car l’école refusait de lui laisser porter un masque maison. Il a fallu attendre l’avis d’un pédiatre spécialisé pour qu’elle puisse retourner en classe.»
Malgré cela, elle a encore des maux de tête récurrents, et elle s’isole de plus en plus. Elle est aussi démotivée d’aller à l’école, elle ne parle pas beaucoup en classe et ses notes sont en baisse.
«En début d’année, le professeur ne laissait pas les enfants boire quand ils voulaient, mais je suis intervenue auprès du directeur, et ça va mieux maintenant. Heureusement, l’école est assez récente. Il y a l’air climatisé et un bon système d’aération, c’est quand même encourageant.»
Plusieurs parents ont également souligné des aberrations dans l’organisation de certaines écoles. Des enfants de plusieurs classes et de plusieurs niveaux peuvent être rassemblés dans un même groupe au service de garde. Un fonctionnement qui pourrait favoriser une éclosion à grandeur d’une école.
Un impact minime
Hormis un ou deux récalcitrants, la plupart des enfants portent le masque sans rechigner, selon Brigitte Michon, éducatrice en service de garde à Sorel. «Le plus grand impact est la difficulté de communication. Il faut parler plus fort vu que notre bouche est cachée. Ils nous entendent moins bien. Il faut même parfois leur toucher l’épaule pour leur indiquer que c’est à eux qu’on parle. Ils écoutent moins et sont moins attentifs.»
Elle reconnaît que les maux de tête des enfants étaient plus fréquents en début d’année scolaire, mais avec le temps, tout le monde semble s’habituer à cette nouvelle réalité.
«Par contre, la proximité est la même, insiste Brigitte Michon. On est même plus proche d’eux pour qu’ils puissent nous entendre. On les cajole comme avant, parce qu’ils ont encore plus besoin de réconfort et de liens sociaux.»
Informer et expliquer
Le pédiatre Bernard Delépine a confirmé que le masque pouvait entrainer certaines difficultés. «Certains enfants peuvent avoir la sensation d’étouffer, et il peut y avoir des pertes de facultés respiratoires, ainsi que des maux de tête liés à la diminution d’oxygène et à l’augmentation de gaz carbonique.» Toutefois, il a constaté que la plupart s’habituent rapidement à cette nouvelle réalité. «Il y en a qui sont plus intolérants, mais il n’y a pas d’effets indésirables généralisés.»
Pour Béatrice, la fille de Vicky Marchand, le port du masque a rapidement été naturel. «C’est devenu quelque chose de normal de vivre avec la COVID. Elle est parfois tannée, mais elle le porte quand même. Quand elle voit des amis qui le portent sous le nez, ou d’autres qui ne le mettent pas, elle trouve quand même ça injuste.»
D’abord réticente, Béatrice a même accepté de se faire vacciner. «Elle a peur des aiguilles et elle ne voulait rien savoir au départ. On lui a expliqué que c’était un devoir citoyen de se faire vacciner pour aider tout le monde. Elle a finalement été d’accord et tout s’est bien passé.»
Informer et expliquer la situation aux enfants, sans leur faire peur, semble être une démarche à suivre pour obtenir leur assentiment, et pour les aider à devenir responsables face à ce virus qui nous concerne tous.