Marc Beaupré évoque ses souhaits pour son personnage dans «STAT»
Alicia Bélanger-Bolduc
Marc Beaupré nous impressionne à chaque interprétation. Oscillant ces dernières années entre les rôles comiques et les grands méchants qui ont marqué notre télévision, il n’a plus rien à prouver. Présent dans plusieurs projets attendus en 2026, il nous parle tout de même des rêves qu’il chérit encore.
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Tu feras partie de la distribution de Je te tiens et de Prescott cette année. Parle-moi un peu de ces deux projets.
Dans Je te tiens, j’interprète un client d’Antoine Pilon, qui joue un homme escorte. C’était un partenaire de jeu formidable. Nous sommes deux acteurs qui s’investissent à 100 % dans leurs personnages, donc nos scènes sont assez intenses. Au niveau de la nudité, on est allés loin. C’est aussi un thriller, alors plusieurs secrets seront dévoilés au fil de la série. J’ai adoré faire ce projet, et on m’y verra tout au long de la saison. Prescott a également été une superbe expérience. Je fais partie de la famille Meunier, je suis un beau chien sale! Je suis dans les rôles principaux, ce qui me permet d’explorer plusieurs facettes du personnage. Il est rempli de contradictions, complètement décalé. C’était vraiment intéressant à interpréter.
Maintenant que ton personnage dans STAT est reconnu non criminellement responsable de ses actes, le retour du docteur Jolicoeur est attendu par le public...
Ce serait un peu dommage d’en rester là, en effet! Il y a de bonnes chances qu’il revienne, mais dans quel contexte, je ne le sais pas encore. Je crois que ce sera intéressant de voir ce qu’on fait d’un docteur qui fonctionnait bien à l’hôpital, mais qui a tué l’un des siens. Il était clairement en psychose, mais comment les autres vont-ils réagir? On peut être d’accord ou non avec cette décision, mais dramatiquement parlant, c’est un sujet extrêmement riche.
Quel serait ton scénario idéal pour Steve Jolicoeur?
Saint-Vincent est tellement central dans l’histoire que c’est difficile de ne pas revenir à l’hôpital. S’il pouvait se retrouver dans une situation où il devient le héros qu’il est capable d’être, un bon médecin, c’est ce que je lui souhaite. Il est bipolaire, il a vécu une psychose, mais c’est indéniable qu’il était compétent dans son métier avant tout ça. C’est un personnage qui a commis des gestes horribles, mais j’aimerais qu’il soit capable de se faire pardonner. Pour moi, ce serait l’idéal. Est-ce que Steve Jolicoeur peut réintégrer l’histoire et connaître une forme de rédemption auprès du public et de ses collègues? On verra bien.

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Quelle a été la réaction du public par rapport à ton geste et à la résolution de l’intrigue?
Je vois un peu de tout. On m’arrête un peu partout pour me donner des avis. Certains disent que je suis un bon médecin, que je ne suis pas réellement dangereux et qu’ils ont hâte de me revoir. D’autres ne me pardonnent absolument pas le meurtre de Philippe. Tous les jours, j’ai droit à une nouvelle variation! (rires) Personne n’est unanime, donc je crois que le retour de Steve fera beaucoup réagir.
T’es-tu demandé comment tu réagirais à un tel drame dans ton entourage?
Être reconnu non criminellement responsable, c’est un sujet nuancé, parfois tabou. Je n’ai jamais vécu ça autour de moi, donc je ne parle pas par expérience, mais je sais que rien n’est tout blanc ou tout noir. On ne choisit pas sa vie, et encore moins de vivre avec une maladie mentale. Nos discours sont souvent très polarisés, on aime mettre les choses dans des cases, mais c’est beaucoup plus complexe que ça. Honnêtement, je ne sais pas comment je réagirais; j’espère simplement que je serais capable de faire la part des choses.

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Tu as interprété plusieurs grands méchants marquants au cours de ta carrière. Pourquoi penses-tu qu’on te confie souvent ce type de rôles?
D’abord parce qu’avec l’expérience, je crois que je les défends bien. Avec les moyens de production actuels, je suis une valeur sûre en termes de qualité et d’efficacité. J’ai commencé ma carrière dans 2 frères, ce qui a été très marquant pour moi: j’y jouais un gros bum. Pourtant, dans la vie, je suis à l’opposé de ça; je déteste la confrontation et la chicane. J’essaie aussi d’amener des personnages qui ne sont pas bidimensionnels. Oui, je peux jouer le vrai fou quand on en a besoin, mais j’aime surtout leur donner une part d’humanité, tenter de les comprendre, de montrer leur quotidien. J’ai aussi un côté assez masculin, sans que ce soit toxique. Si je dois faire la grosse voix, je suis crédible. Je n’ai pas le gabarit de six pieds quatre, mais je peux faire des choses tellement inattendues et intenses que ça devient inquiétant. On ne viendra pas me chercher pour jouer un briseur de cœurs, mais je peux être drôle, sympathique, attachant, séduisant et complètement fou. C’est un bel amalgame.
Tu as aussi un fort côté comique. Comment vis-tu cette dualité?
Je peux jouer les deux assez facilement. Je pense que tout comédien doit caresser un certain ego, mais quand je me retrouve devant la caméra, je suis à ma place. En comédie, il faut être capable de ne pas trop se prendre au sérieux et de mettre son ego de côté. On est tous des cons un jour ou l’autre dans notre vie! (rires) J’adore jouer le personnage complètement dans le champ, convaincu d’avoir raison alors qu’il se trompe, ou encore le dominé. Ça ne me dérange absolument pas de me mettre dans cet état de vulnérabilité.
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Après 26 ans dans le métier, as-tu la carrière dont tu rêvais à ta sortie de l’école?
Oui et non. J’ai une carrière très privilégiée: j’ai fait de belles rencontres, incarné de beaux personnages. Je ne peux pas me plaindre, mais je rêve encore à plein de choses. Je n’ai jamais été le personnage principal d’une série. J’ai eu des rôles importants, mais un rôle central me permettrait de jouer davantage dans la nuance. J’ai encore quelques frustrations et des souhaits. Je sais que je suis souvent associé à un certain type de personnage, mais j’aimerais pouvoir montrer toute l’étendue de mes capacités.

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Tu fais aussi de la mise en scène et de la scénarisation. Aimerais-tu en faire davantage?
Ça fait partie de mes rêves, oui. Comme comédien, j’ai aussi le privilège d’avoir du temps pour écrire. Cet hiver, je suis un peu plus libre, donc je devrais m’y mettre sérieusement. J’ai réalisé et scénarisé un court métrage, mais j’aimerais faire de même avec un long métrage ou même une série télé. Je ne peux pas me plaindre: ma carrière de metteur en scène s’est très bien déroulée. Si je n’en fais pas en ce moment, c’est vraiment par choix. J’ai voulu privilégier l’écriture scénaristique. Je suis très bon pour défendre les idées des autres, moins quand ce sont les miennes. Je trouve que nos œuvres manquent parfois de nuances et de complexité, et c’est ce que j’aimerais apporter au milieu avec mes projets.
Tu as collaboré avec ta conjointe, Catherine Larochelle, sur différents projets. Aimeriez-vous retravailler ensemble?
On aime beaucoup travailler ensemble. Je l’ai souvent dirigée au théâtre; on est de véritables complices artistiques. On a commencé à se fréquenter quand elle m’a demandé de lire une de ses pièces, et aujourd’hui, elle écrit des romans. Je suis toujours son premier lecteur. C’est une comédienne très polyvalente, reconnue pour la tragédie, et je trouve qu’elle a un talent immense. On n’a pas de projet commun pour le moment, mais on reste ouverts.

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Et ta fille, Romane, comment va-t-elle?
Elle a 11 ans et termine son primaire cette année, donc une grosse transition s’en vient. Elle ne se dirige pas vers une spécialisation précise à l’école, mais elle est très attirée par les arts. Je ne suis pas certain d’aimer ça... C’est un milieu tellement incertain! Mais elle a un réel talent. Elle passe des auditions et, pour l’instant, ça va bien. On se dit souvent «je t’aime» dans notre famille. J’adore la prendre dans mes bras, même si elle est rendue à un âge où ça la dérange un peu plus. (rires)
Tu as déjà mentionné vouloir ralentir pour être plus présent pour ta famille. Est-ce toujours le cas?
Je n’ai pas peur de manquer des expériences, mais plutôt de manquer du temps avec ma famille. J’ai été très absent à l’automne, car je travaillais beaucoup, et ma fille me disait que je lui manquais, qu’on ne passait pas assez de temps ensemble. Je ne veux pas que ça ait un impact sur elle, ça m’inquiète. Prochainement, je serai beaucoup moins occupé et je pourrai passer plus de temps avec elle. Elle fréquente une école alternative, donc je peux aussi m’y impliquer davantage.
En terminant, as-tu d’autres projets à venir?
Outre Prescott et Je te tiens, j’ai aussi participé au plus beau projet de ma vie avec The Stunt Driver. C’est un film canadoanglophone inspiré de l’histoire vraie de Ken Carter, qui a construit une voiture aérodynamique pour tenter de sauter par-dessus le fleuve Saint-Laurent. J’y joue son acolyte, Danny Lafortune, qui l’aurait remplacé s’il n’avait pas pu réaliser l’exploit. J’ai eu énormément de plaisir sur ce projet. J’ai aussi tourné une microsérie destinée aux réseaux sociaux, La mascotte du chaos. J’ai adoré ce type d’expérience et j’aimerais en faire davantage. C’est un format très intéressant pour les jeunes et pour l’avenir.