Mairie de Québec: Marchand déjà dans le «dernier droit»
Le candidat à la mairie ne veut pas se laisser distraire par l’élection fédérale


Dominique Lelièvre
Troisième dans les sondages au début de l’été, le candidat à la mairie de Québec Bruno Marchand s’est dit prêt mardi à entamer le long marathon de la campagne municipale, sans se laisser distraire par l’élection fédérale.
• À lire aussi: Deux votes en deux mois cet automne
• À lire aussi: Courtes vacances pour les candidats à la mairie de Québec
«J’aurais envie de vous dire que c’est le dernier droit de la campagne électorale qui commence. Ça va peut-être vous surprendre, mais au municipal, contrairement au fédéral, ça fait longtemps qu’on est à pied d’œuvre», a lancé le chef de Québec forte et fière (QFF), lors de sa première conférence de presse depuis plusieurs semaines.
Les citoyens de Québec n’iront aux urnes que le 7 novembre, dans plus de 80 jours, mais entre-temps, l’attention des électeurs sera également disputée par les candidats fédéraux, qui tentent de se faire élire le 20 septembre.
«On ne fera pas fi de la campagne [fédérale], mais en même temps, on a le pied sur l’accélérateur puis on n’arrêtera pas», a déclaré M. Marchand.
Progrès
Un sondage Léger–Le Journal plaçait Bruno Marchand bon troisième à 13 % des intentions de vote à la mi-juin, derrière Jean-François Gosselin à 18 % et Marie-Josée Savard à 29 %.
M. Marchand, qui était largement inconnu du grand public avant de se lancer en politique en avril, estime toutefois que le chemin parcouru est encourageant.

«QFF s’est affirmée dans le paysage politique municipal et on sent l’appui, le vent des citoyens», soutient-il. «Présentement nos dons vont bien, ils vont mieux que les autres partis», a-t-il soulevé également.
L’aspirant maire entend préciser prochainement un éventail de demandes aux partis fédéraux. Le rachat du pont de Québec par le fédéral, qui n’est toujours pas confirmé, est un enjeu qu’il voudrait voir se régler rapidement.
«Je ne comprends pas ce qui se passe dans ce dossier-là. Il y a deux gouvernements qui devraient s’entendre. [...] Je demande aux politiciens : vous gérez l’argent des autres [...], ce pont-là est important pour Québec, faites arriver les choses et rapidement», peste-t-il.
Une flèche vers Savard
D’autre part, il a décoché une flèche à l’endroit de Mme Savard, jugeant que son adversaire est encore dans l’ombre du maire sortant, même si Régis Labeaume a promis de s’effacer d’ici la mi-septembre, qui marquera le début officiel de la période électorale. «On le croira quand ça arrivera», a lancé M. Marchand.
QFF a par le fait même présenté deux nouvelles candidatures, pour un total de 10 candidats connus, dont sept femmes.
Christine Marinelli, fille de l’ancienne mairesse de Lévis Danielle Roy-Marinelli et infirmière depuis 17 ans, dont 13 en bloc opératoire, sera candidate dans Les Saules-Les Méandres. Maude Mercier Larouche, qui cumule 20 ans d’expérience en ressources humaines et services aux entreprises, se présentera quant à elle dans Saint-Louis-Sillery.
À la recherche d’une position consensuelle sur le 3e lien
La position de Québec forte et fière sur la construction d’un lien sous-fluvial entre les deux rives du fleuve fait encore l’objet de discussions au sein du parti.
Aux dernières nouvelles, le parti dirigé par l’ancien président de Centraide Québec n’est ni pour, ni contre le mégaprojet d’infrastructure, et demeure préoccupé par des «zones d’ombres», comme la sortie dans Saint-Roch et ses impacts sur le tissu social.
«Le but pour nous, et je vais faire un mauvais jeu de mots, c’est de faire un pont. Présentement, ce dossier-là divise, alors, selon où est l’électorat des partis, on se positionne si on est pour ou contre le troisième lien. Pour nous, ce n’est pas la façon de faire de la politique. La façon qu’on a envie de faire de la politique, c’est une politique qui est capable de rassembler», a affirmé le chef Bruno Marchand, mardi.
Dilemme
Un récent sondage Léger commandé par la Chambre de commerce de Lévis indiquait que 59 % des répondants de la Ville de Québec étaient favorables au projet de tunnel, soit davantage que ceux qui sont en accord avec le projet de tramway (52 %).
«Alors quelqu’un qui vient dire non au troisième lien, alors que dans un dernier sondage presque deux électeurs sur trois sont favorables, bien c’est venir dire à du monde : “je n’ai pas envie de t’écouter, ce qui est important pour toi, je m’en fous”, et nous on n’a pas envie de dire ça, pas plus qu’on a envie de dire aux gens qui sont contre : “tu es complètement à côté de la coche, tu devrais être absolument pour”».
Face à ces deux positions qui semblent à première vue irréconciliables, M. Marchand s’est engagé à clarifier sa position d’ici le 7 novembre. Celle-ci pourrait toutefois s’avérer nuancée, a-t-il prévenu.
«C’est possible qu’on vous dise : voici les éléments importants, voici les éléments sur lesquels on est inquiets, ou voici les éléments sur lesquels on est favorables. Ça se peut qu’on arrive avec une position comme ça. On aura une position. Est-ce que ce sera oui ou non? Je ne le sais pas», a déclaré l’aspirant maire.