Marie-Annick Lépine lance un premier album solo depuis le décès de Karl Tremblay: «Je cherchais quelque chose qui pouvait me remplir de bonheur»

La musicienne propose un disque touchant et lumineux avec «Le cœur est un rêveur»

Ben Pelosse / JdeM
Photo portrait de Raphaël Gendron-Martin

Raphaël Gendron-Martin

2025-03-14T10:00:00Z

«Un cheminement lumineux rempli d’espoir et d’humour». C’est de cette façon que Marie-Annick Lépine décrit son premier album solo depuis le décès de son conjoint, Karl Tremblay. Avec Le cœur est un rêveur, la musicienne cherchait quelque chose pour occuper sa tête et la «remplir de bonheur».

Depuis le tragique 15 novembre 2023, Marie-Annick Lépine a refusé toutes les demandes d’entrevue. Très active sur les réseaux sociaux, parce qu’elle tient à continuer à communiquer avec le public, la musicienne s’est principalement retirée de la place publique pour vivre son deuil en privé, avec ses deux filles.

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À quelques jours de la sortie de son quatrième album solo, Marie-Annick a rencontré Le Journal pour parler de ce nouveau projet qui l’a beaucoup aidée à traverser les difficiles mois de l’automne dernier.

«Je savais qu’on trouverait ça dur, les filles et moi, à l’automne, avec la première année d’un décès, dit-elle. C’était très, très émotif. Je cherchais quelque chose qui pouvait me remplir, en tant qu’individu, de plaisir, de bonheur, et aussi occuper ma tête.»

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C'est l'artiste peintre-collagiste de Sherbrooke, Adèle Blais, qui a conçu la pochette de l'album. «Elle fait seulement des portraits de femmes fortes, dit Marie-Annick Lépine. Ça me rejoint beaucoup parce qu'il y a toujours des éléments sur la tête des femmes qui représentent leur parcours de vie.»
C'est l'artiste peintre-collagiste de Sherbrooke, Adèle Blais, qui a conçu la pochette de l'album. «Elle fait seulement des portraits de femmes fortes, dit Marie-Annick Lépine. Ça me rejoint beaucoup parce qu'il y a toujours des éléments sur la tête des femmes qui représentent leur parcours de vie.» Photo fournie par Adèle Blais
«Un album qui va faire du bien»

Pour la réalisation de l’album, elle a demandé à deux complices de longue date, Daniel Lacoste et Pierre Fortin, de s’en charger. Les deux ont à la fois collaboré avec Marie-Annick pour sa carrière solo, mais aussi avec Les Cowboys Fringants. Les enregistrements des chansons se sont faits au nouveau studio de Lacoste, à Rawdon.

Ses grandes amies, Catherine Durand et Mara Tremblay, ont participé à l’album, tout comme les jeunes de la Chorale du Vieux Palais.

Se disant elle-même de la vieille école, Marie-Annick a pensé à son album comme un tout, en dédiant la première pièce (Comme on était) et la dernière (Ta dernière adresse) à son Karl. «Je pense que c’est un album qui a une trame narrative, une chronologie dans les chansons. C’est un parcours avec un deuil à vivre, mais qui nous entraîne à aborder différents sujets. Je pense que c’est un album qui va faire du bien, en général.»

L’album Le cœur est un rêveur, de Marie-Annick Lépine, est en vente. La musicienne sera en spectacle le 17 juin au Club Soda, dans le cadre des Francos de Montréal. Pour plus d’infos: francosmontreal.com.

Quatre chansons du Cœur est un rêveur commentées par Marie-Annick

Comme on était

«Je l’ai composée quand on a eu la nouvelle du diagnostic [de la maladie de Karl] qui était fatal. On savait qu’il n’y avait pas de chance de guérison. [...] Le premier deuil, c’est l’annonce de la maladie. Le deuil que tu sais que tu ne vieilliras peut-être pas avec la personne, mais aussi que ta vie d’avant n’existe plus. Ce sont des rendez-vous médicaux, des prises de sang, des mauvaises nouvelles tout le temps. Cette chanson m’est venue en me disant que j’aimerais juste une fois qu’on revienne à avant, à comment on était tous les deux. Parce qu’à partir de ce moment-là, nos vies ont changé.»

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Porte-poussière

«Je suis vraiment une fan finie de Stephen Faulkner. Pour moi, c’est un des meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes que le Québec a connus. Malheureusement, pas grand monde le connaît. [...] Ça fait des années que je me dis que je devrais reprendre une toune de lui. J’ai hésité entre Porte-poussière et Le météore. J’ai pris la première parce que le texte se prête à merveille à cet album-là et à ce que je vis.»

Ne me secouez pas

«L’été dernier, aux Îles-de-la-Madeleine, je suis allée dans une petite galerie d’art avec mes filles. Là-bas, on a vu une toile de Louis Boudreault qui reprenait une citation d’Henri Calet qui dit: «Ne me secouez pas, je suis plein de larmes». Je l’ai achetée. En revenant à la maison des Îles, j’ai pris ma guitare et j’ai composé cette chanson-là. J’ai commencé à l’écrire en faisant parler Simone, parce qu’elle était très proche de son papa. Deux petits geeks ensemble, timides, gentils et tranquilles. [...] Je pense que j’ai pleuré tout le long en la composant. Maintenant, je suis capable de l’écouter. J’ai hésité à faire chanter Simone dans les refrains avec moi. Elle avait accepté, mais je me suis dit que ça allait être too much

Ma vieille chum

«Je n’ai jamais été sur les sites de rencontre. Je ne connais pas ça. Mais là, depuis que Karl est décédé, mes chums célibataires se sont mises à m’envoyer des photos des pires cas, pour me faire rire. C’est épouvantable! Je trouvais ça drôle de parler de ça. J’ai beaucoup d’amies qui sont très charmantes, très belles, très intelligentes, qui réussissent bien dans la vie, mais qui ne réussissent pas du tout à rencontrer. Je pense qu’il y a bien des filles qui vont se retrouver dans cette chanson-là. [...] C’est la dernière chanson que j’ai composée pour l’album. J’en ai tassé une autre qui n’est pas sur le disque parce que je trouvais qu’il en manquait une plus festive.»

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