Marie-Michèle Gagnon en pleine confiance
Première descente de la saison vendredi


Richard Boutin
LAKE LOUISE | Marie-Michèle Gagnon est plus à l’aise que jamais dans les épreuves de vitesse.
Parce qu’elle enchaînait les épreuves à un rythme endiablé avant de tout miser sur la vitesse en 2018, la fierté de Lac-Etchemin ne pouvait pas apporter les corrections nécessaires.
« J’ai vu une très bonne différence l’an dernier, a-t-elle expliqué. J’avais plus de temps entre les courses pour m’entraîner et j’ai pu corriger le tir quand on identifiait un problème. »
« Au lieu d’être bonne partout, j’ai réalisé que je pouvais être excellente en misant sur la descente et le super-G, de poursuivre Gagnon. J’ai plus de potentiel en vitesse et c’est là que je dois mettre toute mon énergie. C’est devenu plus naturel cette année et je progresse plus rapidement. »
Gagnon adore son nouvel environnement. « J’ai l’impression d’avoir changé complètement de sport, résume-t-elle. De nouvelles filles, de nouveaux sites. Dans les épreuves techniques, c’est demandant physiquement. En vitesse, c’est plus difficile mentalement et les risques sont plus élevés. Je réussis à me détacher entre les courses et me faire plaisir. Je n’ai jamais été aussi détendue qu’au mondial l’an dernier, alors que j’avais l’habitude de terminer le championnat brûlée. J’aurais dû être en vitesse depuis un petit bout, mais je n’ai aucun regret. »
Objectifs
Gagnon ne se fixe pas d’objectifs en fonction des chiffres.
« Mes objectifs ne sont pas en fonction de chiffres, a-t-elle indiqué. Ce n’est pas comme en natation où tu te fixes un objectif de temps et que tu as une bonne idée du rang [où] tu vas terminer si tu le réussis. En ski, il y a tellement de variables qui influencent le résultat. Mon objectif est de skier au niveau dont je suis capable. »
« L’an dernier, je savais que j’avais le potentiel pour bien faire, mais je n’avais pas complètement confiance en mes moyens en début de saison et je n’avais pas un super dossard de départ, de poursuivre Gagnon. Après une 11e place qui représentait un très bon résultat dans une course où je roulais à une intensité variant de 65 à 75 pour cent, cette performance m’a donné une bonne dose de confiance. La course suivante [Garmisch-Partenkirchen], je faisais un podium. »
Cette médaille de bronze était son premier podium en cinq ans et le premier de sa carrière dans une épreuve de vitesse. Elle a enchaîné avec une 6e position au mondial en super-G et des 7e et 9e positions en descente pour terminer la saison. Il s’agissait des deux meilleurs résultats en descente de sa carrière.
Camp profitable
Avant de se pointer à Lake Louise, Gagnon a participé à un camp à Copper Mountain au Colorado en compagnie des meilleures filles du circuit.
« C’est le meilleur camp de préparation que je pouvais avoir, a-t-elle affirmé. C’est une longue piste avec un bon degré de difficulté, des sauts. Il y a de tout, et c’est la place où tout le monde veut aller. Je me suis bien mesurée avec les filles, ce qui est bon pour la confiance et la constance, mais je dois maintenant le faire en course. J’ai la moitié du travail de fait. »
Son entraîneur reste à la maison en raison du vaccin
Marie-Michèle Gagnon s’est pointée en Alberta sans son entraîneur personnel.
Parce qu’il n’avait pas été vacciné dans les délais exigés pour entrer au Canada, l’Italien Hansjord Plankensteiner est demeuré à la maison. Présent lors du dernier camp à Cooper Mountain parce que les restrictions pour entrer aux États-Unis ne sont pas les mêmes et qu’il a pu obtenir une exemption, il retrouvera Gagnon lors de la prochaine étape de la Coupe du monde à Saint-Moritz en Suisse les 11 et 12 décembre.
« C’est plus facile quand mon entraîneur est sur place, a reconnu la skieuse de 32 ans qui a développé une excellente chimie avec son coach, mais il demeure impliqué à distance. À date ça se passe correctement. On verra pour la suite. »
C’est l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne Manuel Gamper qui prend la relève à Lake Louise.
« Mitch n’a pas connu une excellente descente d’entraînement, mardi, mais elle a néanmoins terminé en 4e place [trois skieuses plus rapides ont raté une porte], ce qui est un bon signe. Elle est relaxe et dans un bon état d’esprit. C’est le fun de courir à la maison quand tu sais que tu es prête. »
Bonne décision
Gamper estime que la décision de Gagnon d’opter pour les épreuves de vitesse fut un excellent choix. « Ce fut la bonne décision qui aurait dû être prise avant, a-t-il mentionné. Elle était super rapide avant de se blesser à Lake Louise en novembre 2017 et elle avait terminé en 12e place lors du super-G de l’épreuve test des Jeux de Pyeongchang. Après sa blessure, il a fallu recommencer à zéro et tout reconstruire. La saison dernière a toutefois été un point tournant avec ses bons résultats. »