Matériel scolaire: des écoles mettent la main à la pâte pour déjouer l’inflation
Le Journal a recensé des initiatives mises en place dans le réseau scolaire pour donner un peu de répit au portefeuille des parents


Daphnée Dion-Viens
La rentrée coûtera encore plus cher aux familles cette année en raison de l’augmentation des coûts des fournitures scolaires, mais des écoles n’hésitent pas à mettre la main à la pâte pour contrer l’inflation.
Au cours des derniers jours, Le Journal a recensé des initiatives mises en place dans le réseau scolaire pour donner un peu de répit au portefeuille des parents. Il s’agit souvent de gestes simples, mais qui peuvent compter pour beaucoup.
À l’école primaire de l’Odyssée, située sur la Rive-Sud de Québec, les couleurs des cartables et des duo-tangs ont été harmonisées cette année pour favoriser la récupération. Le bleu est utilisé en français, le rouge en mathématique, ce qui permet de réutiliser le matériel d’une année à l’autre.

L’initiative a été mise en place à la suite de la suggestion d’un parent qui siège au conseil d’établissement, raconte la directrice de l’école de l’Odyssée, Josée LeBel.
«C’est quelque chose de très facile à mettre en place», dit-elle.
À l’école de l’Épervière, située à Saint-Agapit, un service d’achat regroupé, géré par l’école, a été mis en place cette année pour le matériel didactique, comme les cahiers d’exercices, afin que les parents puissent bénéficier de rabais en raison de la quantité commandée.
Hausse du coût du papier
L’équipe-école a aussi tenté de réduire le nombre de photocopies pour limiter la hausse des coûts chargés aux parents.
«Le grand enjeu de la rentrée 2023, c’est l’augmentation du coût du papier», lance Marie-Josée Pelletier, qui était jusqu’à tout récemment directrice de l’école de l’Épervière. Le prix d’une boîte de papier, pour faire des photocopies, a doublé par rapport à l’an passé, affirme celle qui dirige maintenant une autre école primaire située dans le secteur de Charny, à Lévis.
Frigo-partage
Pour aider les familles qui peinent à joindre les deux bouts, l'école de la Clé-d'Or située à Saint-Antoine-de-Tilly a aussi mis sur pied, en partenariat avec un organisme communautaire, une initiative originale: depuis le début de l’été, les citoyens sont invités à utiliser le garde-manger communautaire, installé à côté du frigo-partage, pour y déposer du matériel scolaire. Comme pour la nourriture, il s’agit d’une offre en «libre-service» pour ceux qui en ont besoin.

Les efforts viennent aussi parfois des centres de services scolaires, qui incitent leurs écoles à se limiter au strict nécessaire. C’est le cas notamment au centre de services de Laval, qui a créé récemment des modèles de liste de matériel scolaire afin d’inciter ses établissements à éviter les achats superflus.
Des écoles ont fait de réels efforts cette année pour diminuer le nombre de fourniture réclamées sur la liste de matériel scolaire, constate de son côté Lyne Lebel, responsable du magasin Ma boutique scolaire, situé à Québec.

À la Fédération des comités de parents du Québec, on rappelle par ailleurs que toutes les listes de fournitures scolaires doivent être approuvées par le conseil d’établissement, composé de parents.
Les assemblées générales annuelles sont aussi un bon moment, en début d’année, pour partager des préoccupations concernant les frais chargés aux parents.
Mme Pelletier tient aussi à rappeler que plusieurs enseignants et autres membres du personnel contribuent souvent de leur poche pour aider les élèves dans le besoin. Ils sont nombreux à fournir des collations ou du matériel à ceux qui en manquent en cours d’année.
«J’ai toujours en réserve dans le congélateur de l’école des lunchs que j’ai faits à la maison», dit-elle.
«Ça m’aide vraiment, on n’a pas besoin de payer cher pour avoir ce dont on a besoin»
Des organismes communautaires multiplient aussi les initiatives cette année pour venir en aide aux familles dans le besoin à l’approche de la rentrée. À Québec, une centaine d’élèves comme Daniel, 13 ans, pourront avoir accès à des fournitures scolaires à prix symboliques grâce à une initiative du YMCA Saint-Roch.
Daniel Nishimwe est très heureux de pouvoir compter, comme l’an dernier, sur le programme Opération Sac à dos, qui permet d’offrir aux jeunes et à leur famille du matériel scolaire à 90% de réduction, les prix modiques étant une façon de préserver leur dignité.
«Ça m’aide vraiment, on n’a pas besoin de payer cher pour avoir ce dont on a besoin», lance-t-il.

Pour ce garçon qui provient d’une famille de six enfants, demander à ses parents de payer pour ses fournitures scolaires aurait été une solution de dernier recours.
«En cas d’urgence, je leur aurais demandé d’acheter mes choses. Mais ils doivent payer déjà beaucoup de choses, c’est difficile», laisse-t-il tomber.
Un sac de plastique comme sac à dos
Les besoins sont grands dans le quartier, raconte Kim-Lauréane Pitre-Grenier, agente de développement responsable de ce programme au YMCA Saint-Roch. La clientèle jeunesse qui fréquente l’organisme est composée à 85% de nouveaux arrivants.
Certains qui n’ont pas de sac à dos doivent se contenter de trimballer leur matériel dans un sac de plastique, raconte-t-elle: «Nos jeunes ont énormément de besoins.»
Leur offrir du matériel scolaire à bas coût permet aussi aux élèves d’éviter de se faire stigmatiser, en leur permettant de commencer l’année scolaire du bon pied, ajoute-t-elle.
Parmi les articles les plus recherchés par les familles, on trouve les fameux cartables à anneaux, dispendieux et requis dans plusieurs matières au secondaire, tout comme les calculatrices scientifiques et les ensembles de géométrie, qui alourdissent aussi la facture.
Après avoir donné un coup de pouce à une cinquantaine de jeunes l’an passé lors de la rentrée, le YMCA Saint-Roch espère cette année en aider une centaine. Des vêtements seront aussi distribués pour permettre aux élèves de commencer l’année avec quelques nouveaux morceaux à porter.
Des dons peuvent être faits au YMCA Saint-Roch jusqu’à dimanche.