Maxim Martin: «Ce diagnostic a changé ma vie pour le mieux.»

Patrick Delisle-Crevier

2025-03-06T11:00:00Z

C’est en compagnie de son adorable chienne, Aura, que Maxim Martin est venu s’asseoir dans notre coloré fauteuil. L’humoriste de 55 ans nous parle de son nouveau spectacle intitulé Bon chien, de sa carrière et du bonheur que lui procurent ses deux enfants, Livia et William. Il revient également sur ses années de party ainsi que sur cette impression qu’il a longtemps eue de ne jamais être sur son X.

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Maxim, parlons d’abord d’Aura. Comment est-elle entrée dans ta vie?

Au départ, je ne pensais jamais que j'aurais un chien. C'est qu'un jour, on m’a diagnostiqué un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et on m’a dit que ce serait bénéfique pour moi d’avoir un chien de service. Peu à peu, j’ai commencé à faire des recherches pour trouver le genre de chien qui irait le mieux avec ma personnalité. J’ai arrêté mon choix sur le berger australien. Au beau milieu de la pandémie, j’ai rencontré une éleveuse et j’ai eu un coup de cœur pour ses chiots. Puis je me suis donné du temps pour y réfléchir et je suis tombé par hasard sur Stéphane Fallu, qui anime justement une émission sur les animaux de compagnie. J’ai vu ça comme un signe et je me suis lancé. Peu de temps après, je suis allé chercher Aura. Elle avait deux mois et demi. 

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Et as-tu l’impression qu’avoir un chien de service est bénéfique pour toi?

Oui, tellement! Sa présence m’aide beaucoup dans mon TDAH et mon anxiété. Quand je cours avec Aura, je la regarde et je ne pense à rien d’autre. M’en occuper me calme. Il y a une grande connexion entre nous deux. Elle me suit partout en tournée, et nous avons une grande complicité. Sa présence dans ma vie est tellement réconfortante et rassurante.

Tu avais 51 ans quand ton TDAH a été diagnostiqué. C’est plutôt tardif, non?

Oui, vraiment. Quand j’ai eu mon diagnostic, je l’ai annoncé à Mélanie Couture, avec qui j’étais en spectacle. Elle m’a répondu qu’elle s’en doutait déjà et que je n’avais pas besoin de faire un test pour le savoir. Il faut croire que tout le monde le savait, sauf moi! Je ne connaissais pas trop les symptômes... C’est mon médecin de famille de l’époque qui a levé un drapeau, parce que j’avais fait six triathlons et plusieurs marathons en un été. Il m’a dit que lui et ses cinq collègues médecins sont de grands sportifs et que, mis ensemble, ils n’avaient pas fait l’équivalent de ce que j’avais fait individuellement. Il m’a suggéré d’aller passer un test de TDAH. Et finalement, le résultat était positif.

Comment accueille-t-on un tel diagnostic à cet âge?

C’est venu confirmer bien des choses. Je savais que j’avais un haut niveau d’anxiété. Mais comme j’avais longtemps eu des problèmes de consommation, je mettais ça sur le dos de la drogue. J’ai consulté longtemps et, depuis la fin de la vingtaine, je voulais tenter de nouvelles choses pour mieux me sentir et régler certains maux chez moi. Ce n’est pas simple, mais quand on prend sa santé mentale et sa santé physique en main, ça nous ouvre plein de portes et ça nous permet d’apprendre à nous connaître. Ce diagnostic a changé ma vie pour le mieux.

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Comment vas-tu, en ce moment?

Je flotte! Mon nouveau spectacle, le sixième, est maintenant commencé. Disons que je n’étais pas parti pour ça... Même vivre jusqu’à 55 ans, je n’étais pas parti pour ça non plus! Je fais des allers-retours en France, je suis en train d’écrire la suite de mon livre, Excessif, qui va sortir cet automne, et je continue de faire de la radio à CKOI. Ma vie va bien, autant sur le plan personnel que sur le plan professionnel. Je suis heureux dans ma vie et j’ai deux enfants extraordinaires!

Ton spectacle aura pour titre Bon chien. Peux-tu m’en parler?

Il m'a fallu tellement de temps avant d’être inspiré. C’est à la suite d’une expérience de vie en Écosse que tout a débloqué. Ça m’a rassuré, parce que ça faisait un an que j’avais le syndrome de la page blanche. Je capotais, parce que tous mes amis humoristes terminaient l’écriture de leur spectacle, alors que moi, je n’avançais pas dans le mien. Mais quand la valve s’est ouverte, ça n’a pas arrêté. Alors, je pense que je dois vraiment faire le plein d’expériences avant de me lancer dans l’écriture. Mes spectacles précédents étaient plutôt lourds, car ils parlaient de mes périodes noires et de ce que j’avais vécu. Mais, cette fois, je voulais arriver avec une proposition surprenante.

Est-ce que ton chien sera sur scène avec toi?

Parfois oui. Elle est souvent avec moi dans les grandes salles; elle n’est tellement pas tannante. C’est fou comme les gens l’aiment! Et, quand j’arrive dans ma loge, il y a souvent plus de cadeaux pour elle que pour moi! Ça me fait sourire. Mais le titre fait aussi référence à moi, qui suis plus sage et qui suis devenu un bon chien.

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As-tu l’impression que tu es rendu un bon chien?

Ben oui! Bon, j’ai mes défauts et je jappe encore quand il faut, mais je ne suis plus le gars de mes premiers spectacles, le petit gars enragé qui gueulait après plein de choses. J’avais des blessures non réglées. Ce gars-là a disparu. Je suis aussi tranchant qu'avant, mais je n'embarque pas du tout dans la mentalité où on ne peut plus rien dire. En même temps, ça fait du bien de ne plus toujours être en colère - même si ma face ne le sait pas! J’ai encore la face d’un gars en maudit: je passe mes journées à convaincre le monde, même mes amis, que je suis de bonne humeur!

Pourquoi étais-tu toujours en colère?

Je vivais beaucoup de frustration et d’envie. Quand j’ai commencé ma carrière, j’étais pas mal le seul qui avait un discours assez osé et, un jour, Pierre Légaré m’a dit de ne jamais laisser personne dire que mon humour est toxique. Oui, j’ai un humour caustique, et ça a pris un certain temps avant que je réussisse à trouver mon public. Au même moment, mes amis qui faisaient un humour plus standard avaient de belles voitures, des grosses cabanes et faisaient des salaires dans les six chiffres par année, alors que, moi, j’avais du mal à faire 30 000 $. Ils roulaient en Volvo, je prenais le métro. Ils avaient de belles maisons sur la Rive-Sud, et moi, un trois et demi sur la Rive-Nord. Tout ça me confrontait. Un jour, un producteur m’a dit que ce n’était pas que le milieu ne m’aimait pas; c’était que les producteurs ne savaient pas quoi faire avec moi. J’avais un humour différent, qui dérangeait plus. Après mon premier spectacle, Guy A. Lepage m’a dit que je venais d’ouvrir une porte et que j’allais devoir vivre avec le fait que les premiers qui ouvrent une porte sont souvent les derniers à passer dedans. Et Mike Ward est arrivé, puis Cathy Gauthier, Jean-François Mercier, Mariana Mazza... Ça fait juste 10 ans que je vis bien avec ça. En plus, je consommais et je n'étais donc pas en pleine possession de mes moyens. Sonia Benezra a été la seule qui m’a donné une chance en me faisant passer à son émission une fois par mois, et j’ai eu aussi une chance avec les galas Juste pour rire.

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Au cours des deux dernières années, on ne t’a pas vu à la télévision et on ne t’a pas entendu à la radio. Est-ce que cette pause était volontaire?

Oui, mais je pense que la vie m’a poussé vers ça et que j’avais besoin de faire le vide pour mieux refaire le plein ensuite. J’entends souvent des gens autour de moi dire que ce n’est pas le fun de vieillir. Je vieillis moi aussi, mais je m’étais promis que je ne ferais pas mon retour en spectacle avec un bonhomme blanc de 55 ans qui se plaint. Je voulais arriver avec quelque chose qui aborde le fait de vieillir positivement. Alors, je parle de ce que je fais pour bien vieillir physiquement, spirituellement et mentalement. Après cinq spectacles, un livre, un podcast et une série avec ma fille, j’ai encore des choses à raconter. Ce dont je suis le plus fier dans ce spectacle, c’est la proposition: je vais où on ne m’attend pas nécessairement. Et les gens vont s’identifier à ce que je dis à travers tout ça. À 55 ans, je découvre encore qui est la bibitte Maxim Martin et je découvre, entre autres, que je suis pas mal sûr que je vais être célibataire pour le reste de ma vie.

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Pourquoi?

Je dois être trop dur à vivre. J’avais une blonde, Annabel - avec pas de «e»! Ça a débuté un peu avant la pandémie et, finalement, ça n’a pas duré. On s’est laissés pendant la pandémie. Je pense que je ne suis pas fait pour être en couple. Je n’ai pas de frustrations par rapport à ça. Je suis bien seul, et la vie à deux ne me manque pas. Si ça arrive un jour, tant mieux, sinon, je ne serai pas plus malheureux pour autant.

Tu as déjà dit que tu ne lisais jamais les critiques. Pourquoi?

Je ne lis jamais les critiques et j’ai prévenu mon équipe de ne pas m’en parler. On met tellement d’efforts à créer un spectacle que je n’ai pas envie d’être jugé sur une seule performance! Et sérieusement, je considère que j’ai été chanceux, avec le style d’humour que je préconise, de ne pas avoir été écorché par les critiques plus que ça. Pourtant, Dieu sait que s’il y en a un qui a essayé de saboter ma carrière, c’est bien moi! Le public est encore au rendez-vous et c’est un grand privilège.

Eric Myre / TVA Publications
Eric Myre / TVA Publications

Tu dis que tu n’as pas réussi à saboter ta carrière. Comment expliques-tu ça? C’est pourtant facile à faire, de nos jours!

En fait, j’ai beaucoup plus saboté ma vie que ma carrière. J’ai été dans une lutte constante contre mes démons. Mais le feu de faire rire a toujours été en moi, même quand on m’a mis au pied du mur par rapport à ma consommation, en 2009. À l'époque, peu de gens savaient que j’avais des problèmes de poudre, car ma consommation était cachée. Quand j’ai avoué que j’avais un problème, plusieurs personnes ont été surprises.

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Comment ce problème de consommation est-il né?

La première fois que j’ai fait de la poudre, j’avais 33 ans, mais l’alcoolisme est arrivé très tôt. Pendant ma grosse période de consommation, j’ai eu deux bouées de sauvetage. D’abord, ma fille: comme j'étais heureux quand je l'avais, je n'avais pas besoin de consommer. Mais quand j'allais la mener chez sa mère: Bang! J’étais triste et je consommais. Il y a eu une période où je n’avais plus un sou dans mon compte en banque et je travaillais moins, parce que j’étais de moins en moins bon et de moins en moins efficace sur scène. Je jouais alors dans les fonds de bars, devant des spectateurs qui étaient aussi intoxiqués que moi. Mais le simple fait de les entendre rire, ç'a été ma deuxième bouée de sauvetage.

Regrettes-tu tes 20 ans de consommation?

Un jour, quelqu’un m’a demandé si je repasserais par là où je suis passé pour connaître le bonheur que j’ai aujourd’hui... Je me suis rendu compte qu’il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse à ça. Au fond, la sobriété n’est pas un gage de bonheur non plus. Ça a pris du temps avant que l’industrie me prenne à nouveau au sérieux. Et quand j’ai connu la radio, à 45 ans, j’avais 1200 $ dans mon compte en banque. Si je n’avais pas eu la radio, j’aurais tout perdu et il aurait fallu que je vende ma maison. Un jour, une thérapeute m’a dit quelque chose qui m’a brassé et qui est devenu une grande leçon de vie... Elle m’a dit sans détour que mon problème, dans la vie, c’était que je n’avais de gratitude pour rien. Elle m’a dit que, quand j’arrivais dans son bureau, je parlais de ce qui m’arrivait de bien pendant cinq minutes et que je passais le reste de l’heure à me plaindre de ce que les autres avaient et de ce que je n’avais pas. Je crachais mon envie et ma jalousie. Et elle m’a fait réaliser qu’après avoir consommé et fait le party toute ma vie, mon corps me permettait encore de faire des triathlons. Ça m’a réveillé en maudit! Et je suis certain que dans la vie, quand tu tiens une chose pour acquise, la vie finit par te l’enlever parce que tu n’y tiens pas tant que ça. Aussi, à force d'être dans la merde, tu finis par t’y habituer. Alors, le bonheur m’a souvent étourdi. Je me suis imposé un malheur pendant une si longue période de ma vie que, si je pouvais y changer quelque chose, ce serait de trouver plus rapidement une solution pour régler tout ça. 

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Il n’y a pas si longtemps, tu es parti en France pour essayer d'entamer une carrière là-bas. Pourquoi vouloir conquérir la France à 50 ans?

J’y suis allé quand j'étais plus jeune et, comme je n’ai pas toujours été celui qui prenait les meilleures décisions dans la vie, j’avais un truc qui n'était pas terminé avec cette idée-là. Et puis, j'avais besoin de changer d’air et je ne voulais plus vivre avec la frustration de ne pas être allé au bout de mon aventure en France. Je suis donc allé rencontrer des producteurs là-bas et je vais y retourner. Mais pour le moment, j’avais besoin de faire mon spectacle ici. Alors, entre-temps, je vais continuer à faire des allers-retours entre le Québec et la France pour garder ça vivant.

Quel genre d’adolescent étais-tu?

J’étais un garçon pas trop heureux. On déménageait beaucoup, et j’avais une mère qui tentait de survivre. C’était le fameux classique: «On cherche le bonheur sans réaliser qu’on traîne nos problèmes dans nos valises.» On a fait le Canada au complet. J’ai habité dans chaque province. Ça m’a fait grandir et atteindre une certaine maturité plus vite. Quand je suis arrivé dans le milieu du showbiz, je voyais Yvon Deschamps à la télévision et j’étais fasciné que cet homme-là soit seul devant un micro et qu’il arrive à faire rire le monde. Puis j’ai vu le spectacle Delirious d’Eddie Murphy; ça a aussi semé quelque chose en moi. Comme je parlais anglais, j’ai d’abord fait quelques spectacles aux États-Unis, mais c’était une jungle. Anthony Kavanagh m’a conseillé de faire de l’humour au Québec. J’ai suivi son conseil et c’est tant mieux, parce que j’aurais étouffé à force d'essayer de percer aux États-Unis. Je n’étais pas armé pour débarquer ainsi dans le métier le plus difficile et le plus ingrat du monde. À ce moment, l’alcool et la drogue sont devenus un maudit beau bouclier.

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Tu as 36 ans de carrière. Est-ce que ça se passe comme tu le souhaitais?

Je n’ai pas eu une carrière sans embûche, et je ne suis pas celui qui a vendu le plus de billets ou qui a le plus gros following sur les réseaux sociaux, mais j’ai assurément l’un des publics les plus fidèles et j'en suis bien conscient. J'en suis quand même à mon sixième spectacle, j’ai fait de la radio pendant six ans et je recommence à en faire. J’ai sorti un livre qui a été un best-seller et j’ai fait une série avec ma fille qui a été numéro un pendant trois ans à Vrak. Ce n’est donc pas si pire. Et il est temps que je l'apprécie. J’ai une grande gratitude aujourd’hui pour tout ça.

As-tu autant de gratitude pour ta vie personnelle?

Je n’ai pas eu de très longues relations amoureuses. Mon record a été quatre ans avec la mère de ma fille. J’ai peur de l’engagement. À part elle, j’ai eu une série de relations d’une année ou une année et demie. Il y a plusieurs raisons à ça. Bon,je ne suis pas quelqu'un de sédentaire dans la vie - il m'est donc difficile d’être sédentaire dans une relation.

Est-ce difficile pour toi d’être fidèle?

Ça l’a été dans ma période de consommation. Quand Maxim Martin était sur le party, une femme n’aurait pas voulu être dans sa vie. Mais, depuis que je suis sobre, je n’ai jamais trompé une de mes blondes. Ça fait 15 ans que je suis sobre et donc fidèle.

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Parle-moi de ton fils, William. Vous avez une histoire assez incroyable!

Sa mère était une fréquentation un peu «party», à l’époque. Nous étions tous les deux dans cette période en même temps, et elle est tombée enceinte malgré certaines protections. Elle m’a avoué qu’elle était enceinte et c’était clair pour moi que je ne pouvais pas avoir d'enfant à ce moment-là de ma vie, parce que je consommais beaucoup. Je n’ai plus eu de nouvelles d’elle et j’ai su, plus tard, qu’elle ne s’était pas fait avorter et que l'arrivée de cet enfant l’avait sortie de la consommation. Elle a respecté mon choix mais, en grandissant, mon fils posait des questions; il savait que son père était quelqu’un de connu. De fil en aiguille, sa mère et moi avons repris contact, et j’ai annoncé à ma fille qu’elle avait un frère. La nouvelle a eu l'effet d'une bombe sur elle. Finalement, les deux ont cliqué et ils ont une belle relation. Mon fils avait six ans quand il est entré dans nos vies.

Comment c'est d’avoir un fils qui débarque dans sa vie?

C’est fantastique! Et il est arrivé au bon moment, car j’avais repris le contrôle de mes démons. Ç'a été un maudit beau cadeau de le voir apparaître dans ma vie. Je suis aussi content que ma fille ait un frère et de savoir qu’ils pourront compter l’un sur l’autre quand je ne serai plus là. Mon fils est un ado aujourd’hui, il va avoir 16 ans bientôt. Il est l’antithèse de qui je suis; il est beaucoup plus posé et tranquille que sa sœur et moi. Marie-Ève, sa mère, a fait un excellent travail. Mon fils est un bon garçon. Mais il me confronte à sa façon. Mes deux enfants m’apprennent à être un meilleur parent, chacun à leur manière. Nous avons une belle relation père-fils.

Quels sont tes prochains projets?

Après mon spectacle, je vais lancer mon prochain livre cet automne. Ce sera la suite d'Excessif. Je veux aussi reprendre le podcast Trio psycho avec Livia et Marc Pistorio, et je compte retourner en Europe.

Par le passé, tu as souvent dit que tu n’étais jamais sur ton X. As-tu l’impression d’y être aujourd'hui?

Je pense que j’ai un bon pied dessus, c’est déjà pas si mal...

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