Cinq personnes arrêtées lors d'une manifestation contre les restrictions sanitaires à Londres

Agence France-Presse

2021-04-24T17:31:16Z
2021-04-25T00:53:16Z

Cinq personnes ont été arrêtées et huit agents de police ont été blessés à Londres selon la police, à la suite d’incidents survenus durant une manifestation de grande ampleur contre les restrictions sanitaires imposées en Angleterre, le port du masque obligatoire et l'éventuelle introduction de «passeports vaccinaux».

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Les manifestants s'étaient rassemblés en début d'après-midi et ont défilé le long de plusieurs grandes artères, dont le principal quartier commerçant d'Oxford Street. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montraient des milliers de personnes défilant dans les rues de la capitale.

Munis de banderoles et panneaux sur lesquels on pouvait lire des slogans comme «Vous êtes contrôlés», «Pas de masque, pas de vaxx, pas de confinement», ou encore «Reprenons notre liberté !», les manifestants de la marche «Unite for freedom» (Unis pour la liberté) sont partis à 13h00 locales de Hyde Park.

Des centaines de personnes se sont ensuite rassemblées à Hyde Park, a constaté un journaliste de l'AFP, où de «petites poches de désordre» ont éclaté, selon les services de la police métropolitaine de Londres.

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«Huit agents ont été blessés alors qu'ils s'efforçaient de disperser la foule à Hyde Park ce soir», ont-ils indiqué, ajoutant que des projectiles, notamment des bouteilles, ont été lancés.

Selon cette même source, «deux agents ont été transportés à l'hôpital», mais «ne semblent pas gravement blessés». Cinq personnes ont été arrêtées pour des infractions, notamment pour agression contre la police, et sont actuellement en garde à vue.

Malgré les restrictions contre les rassemblements en plein air de plus de 30 personnes, plusieurs organisations avaient appelé à manifester en petits groupes contre les dernières mesures de confinement encore en vigueur, ainsi que contre la potentielle mise en place de passeports vaccinaux, étudiée par le gouvernement.

«Aujourd'hui, nous marchons pour notre liberté médicale», peut-on lire sur la page Facebook de Save Our Rights UK, un des organisateurs, qui dit se «mobiliser contre toute proposition de passeport vaccinal ou de certification du statut COVID, car elles vont à l'encontre de l'éthique médicale et de nos droits humains».

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«Je vais survivre à cette pandémie en faisant l'opposé de ce qu'ils disent», peut-on lire sur la pancarte qu'arbore fièrement une jeune femme. D'autres se sont munis de parapluies blancs, sur lesquels ils ont peint «No to vax passport» («Non aux passeports vaccinaux).

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Cette marche traverse Londres au moment où la capitale a commencé à lever ses restrictions, face à la nette amélioration de la situation sanitaire au Royaume-Uni, pays le plus touché en Europe par la COVID-19 avec plus de 127 000 morts, et la progression de la vaccination.

Après plus de trois mois de confinement, les commerces non essentiels, les terrasses de pubs et de restaurants ainsi que les coiffeurs et salles de gym d'Angleterre ont rouvert leurs portes il y a presque deux semaines, rendant aux villes leur animation.

Un nouvel assouplissement est prévu à la mi-mai, lorsque certaines activités sociales en intérieur pourront reprendre, avant que la quasi-totalité des restrictions ne soit levée fin juin.

Le gouvernement étudie la possibilité d'introduire un système de «passeport» dans divers domaines, notamment les loisirs et l'hôtellerie ainsi que les voyages à l'étranger, afin de vérifier si les personnes ont été vaccinées ou sont immunisées contre le virus.

Manifestation en Suisse   

Une manifestation interdite par les autorités a réuni samedi dans l'est de la Suisse des milliers de personnes protestant contre les restrictions anti-coronavirus dans le pays.

Portant rarement le masque, les manifestants ont marché dans la petite ville de Rapperswil-Jona, en arborant des drapeaux suisses et criant «Liberté». Selon la police, environ 4 000 personnes ont manifesté dans le calme pour ce nouveau rassemblement anti-restrictions sanitaires à l'appel du groupe baptisé Stiller protest («Protestation silencieuse»).

Les autorités ont indiqué qu'elles avaient tenté de dissuader les manifestants, en arrêtant des voitures se dirigeant vers le centre-ville et en expliquant la nature illégale du rassemblement.

Elles ont précisé avoir choisi de ne pas disperser la manifestation de crainte de débordements, estimant qu'«une forte répression n'aurait pas été justifiable en vertu de la loi».

La police a indiqué avoir interpellé brièvement deux personnes et expulsé 45 personnes de la ville pour 24H. Les manifestants accusent le gouvernement suisse d'user de pouvoirs dictatoriaux pour imposer des restrictions visant à freiner la propagation de la COVID-19.

La Suisse a mis en place un processus de levée graduelle des restrictions. Cette semaine, les infrastructures sportives et les terrasses des bars et restaurants ont ainsi pu rouvrir. Mais les critiques estiment que le retour à une vie normale prend trop de temps.

La Suisse, qui compte 8,6 millions d'habitants, a enregistré près de 650 000 cas de contamination au coronavirus et près de 10 000 décès depuis le début de la pandémie. Près de 10% de la population est vaccinée.

Alors que la situation épidémique semble plutôt sable dans le pays, la Suisse a annoncé samedi avoir détecté sur son sol le premier cas du variant indien de la COVID-19, responsable d'une flambée épidémique en Inde.

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