Mike Gauthier raconte son incroyable opération à cœur ouvert

L'animateur radio a subi une importante intervention cardiaque

Daniel Daignault / TVA Publications

Daniel Daignault

2026-01-22T11:00:00Z

C’est à l’Institut de cardiologie de Montréal, là même où il a subi une importante intervention cardiaque le 23 septembre dernier, que j’ai rencontré Mike Gauthier. La bonne nouvelle est que l’animateur radio se porte très bien et a même repris le travail.

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«C’est drôle à dire, mais quand tu as une opération majeure comme celle-là, il faut que tu sois en santé», dit-il. Quand je lui demande quel incident ou malaise l’a alerté et a finalement fait en sorte qu’il a dû subir une opération, la réponse de Mike étonne. «Je n’ai jamais mal filé, c’est ça mon problème. J’étais asymptomatique. C’est pour ça que j’ai voulu accorder une entrevue, pour sensibiliser les hommes de 60 ans et plus qui ont peut-être une condition cardiaque et qui ne le savent pas.»

C’est lors de son examen annuel avec sa médecin de famille que Mike a su que quelque chose clochait. «J’avais pris l’habitude d’aller la voir chaque année, depuis une vingtaine d’années. Aujourd'hui, il y a des médecins qui n’auscultent plus, mais elle a conservé l'habitude de le faire et c’est là qu’elle a constaté qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Elle a écouté ma poitrine avec son stéthoscope et quand elle l’a placé dans le dos, elle m’a demandé de respirer, puis de recommencer. Normalement, elle entend le déclic de la valve et elle m’a dit: «Il y a quelque chose qui ne marche pas. Tu vas aller passer une échographie», raconte Mike, qui est né avec une malformation cardiaque.

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Le verdict n’a pas tardé. «On m’a annoncé que j’avais une bicuspidie aortique dont l’une des conséquences est une prédisposition à la sténose aortique. Avec le temps, la valve ferme hermétiquement puis ouvre. Le problème était qu’elle claquait et ouvrait tout de suite. Ça faisait en sorte qu’il y avait du calcaire et que j’étais rendu avec une condition sévère. Il y avait des risques que je fasse un AVC.»

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Une condition qui nécessitait une opération

Il a donc été convenu que Mike devait se faire opérer pour qu’on change sa valve. «En fait, soit on changeait ma valve, soit je devais être médicamenté pour le reste de ma vie, dit-il. J’aurais fait de l’insuffisance cardiaque et je n’aurais pas pu voyager parce qu’il n’y a aucune compagnie d’assurances qui veut assurer dans ces cas-là. À un moment donné, je suis parti en Floride, mais j’étais borderline. Ils m’ont laissé aller parce que j’étais stable avec ma médication. Mais si, en Floride, il avait fallu que je me fasse opérer, ça aurait coûte un million et demi de dollars, cette opération-là! Tant qu’à être traité comme quelqu’un qui ne peut pas sortir du pays parce qu’il a un dossier criminel, dans mon cas, ils pouvaient régler le problème, alors j’ai décidé de me faire opérer.»

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Finalement, Mike n’aura jamais véritablement eu de symptômes lui laissant croire que ça n’allait pas, sauf qu’il était souvent essoufflé. «J’avais 64 ans quand j’ai fait le tapis roulant à l’effort, et même avec un niveau important pour voir mon endurance, mon cardiologue m’a dit qu’il n’y avait pas de problème. C’est vraiment par hasard qu’ils ont découvert ce que j’avais, parce que je suis pas mal en forme et que je me suis toujours entraîné. Oui, j’ai profité de la vie, mais j’ai quand même fait attention et mon médecin m’expliquait que c’est possiblement grâce à ça qu’on n’avait pas décelé ce que j’avais auparavant.»

Le système de santé étant ce qu’il est, il s’est quand même écoulé des années avant que Mike puisse subir l’opération. «J’ai été diagnostiqué en 2018, ça a pris sept ans. Mais le cardiologue, le Dr Simard, m’a dit: «C’est peut-être sept ans d’attente, mais tu pouvais vivre avec ça.» Sept ans, ça paraît beaucoup, mais quand je suis tombé en mode modéré sévère, c’est là que le processus a démarré et j’ai eu la chance de tomber sur l’Institut de Cardiologie de Montréal. L’affaire la plus drôle, c'est que je ne me suis jamais inquiété. Je suis même allé voir sur YouTube des émissions comme Découverte, où ils avaient suivi un patient en France, et ça ne m’inquiétait pas. Ma sœur, qui est infirmière, m’a dit que L’Institut est reconnu mondialement et que, de toute façon, dans n’importe quel centre hospitalier, ils n’allaient pas confier mon opération à un Ti-clin!»

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L’attente et la hâte

On peut dire que la vie de Mike était sur pause en attendant l’appel pour savoir à quel moment il allait être opéré. «J’avais prévenu mes patrons à la radio, je leur avais dit que ça se pouvait que je parte en plein cœur de l’été, et qu'il fallait prévoir un remplaçant. Finalement, on m’a téléphoné à la fin août, début septembre, pour me dire que ce serait le 23 septembre. J’avais hâte, à la fin, parce que je commençais à être plus essoufflé. Il y avait aussi autre chose: j’aurais voulu assister à certains lancements ou événements du début de saison, mais je devais éviter les contacts pour ne pas attraper de virus; ça aurait compromis l’opération si j’avais été malade, et ça pouvait devenir sérieux. Avec Geneviève (sa conjointe), on s’est concentrés là-dessus, on s’est dit qu’on allait sacrifier l’été, qu’on n’irait pas à des fêtes d’amis et que, quand je devais sortir à l'extérieur, je porterais un masque. Quand j’ai reçu l'appel que j’attendais depuis si longtemps, j’ai appelé Geneviève comme si j’avais gagné le gros lot!», souligne-t-il.

L’animateur explique plus en détail en quoi consistait l’opération. «Quand j’ai rencontré un chirurgien à la fin du mois d’avril, il m’a dit: “J’ai regardé vos échographies et vous pourriez avoir une procédure de Ross, c’est-à-dire qu'on va remplacer votre valve aortique par une valve pulmonaire, puis on va remplacer votre valve pulmonaire par une valve prise d’une personne décédée.” Moi, ça m’allait, ça ne me dérangeait pas. Quand j’ai passé une nouvelle échographie, on s’est aperçu que ma valve était trop dilatée et qu'ils ne pouvaient plus faire la procédure de Ross. J'ai donc une valve biologique, qui est une valve développée à partir de tissus de veau. L’avantage de la procédure de Ross est que la valve ne s’use plus, tandis que la valve biologique va s’user et, dans à peu près 10 à 15 ans, je devrai subir une autre chirurgie, mais beaucoup moins invasive.»

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On peut penser qu’il s’agissait d’une opération risquée, mais comme le précise Mike, le risque, à la base, est de 3 %. «L’une des choses que ma sœur m’a apprises, c’est que lorsque tu entres à l’hôpital, peu importe pourquoi, le risque zéro n’existe pas. Tu peux attraper une bactérie de quelqu’un qui est là, ou toute autre chose. Je me suis aussi informé à savoir s’il pouvait y avoir des complications durant l’opération. Mon cardiologue m’a dit: “Il y a un risque d’hémorragie, de crise cardiaque et d’AVC.” Mais honnêtement, je n’étais pas craintif, je ne me complique pas la vie. On m’a expliqué que le cœur, c’est une mécanique, comme une voiture. Quand je suis sorti de l’Institut, c’est comme si on m’avait installé une nouvelle pièce de voiture.»

Au moment où vous lisez ces lignes, Mike Gauthier a recommencé à travailler, ou est sur le point de le faire. «Je vais faire de la radio deux jours par semaine et, pour mon nouveau contrat, j’ai dit que je ne travaillerais que les fins de semaine. Je suis quand même rendu à 65 ans et, à un moment donné, il va falloir que j’arrête. Eux, ça fait leur affaire de m’avoir deux jours par semaine et les fins de semaine, alors c’est le meilleur des deux mondes pour les deux parties. Tu sais, j’ai eu 65 ans deux jours avant mon opération et, pour moi, l’arrivée dans la soixantaine a été particulière, parce que j’ai eu 60 ans en 2020, en plein durant la pandémie, où j’étais tout seul avec ma blonde, puis,à 65 ans, j’étais à l’hôpital.»

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La bonne nouvelle dans tout ça est que l’opération a été un succès. Mike dit maintenant se sentir plus léger. «Avant, quand j’allais marcher, je le faisais parce que c’est l’exercice le plus simple, le plus gratuit pour le bien-être que ça donne. Et là, je trouve que j’ai cette légèreté que je n’avais pas avant. Est-ce que c’est parce que mon cœur était trop affaibli? J’avais des avertissements sur ma montre qui me disaient que mon cœur était rendu à 39 pulsations. J’ai communiqué avec mon cardiologue, qui m’a dit: «Casse-toi pas la tête, tu vas être opéré bientôt et si ça arrive souvent, ou quotidiennement, réécris-moi et on va faire quelque chose. Sinon, ce n’est pas grave si ça arrive de temps en temps.» Mon cœur était à 55, 60 en moyenne, et là, il bat à 70, 75 pulsations.»

«Il va revenir à une vie tout à fait normale, et même mieux qu’avant.»

- Dr François Simard

Le Dr François Simard, qui accompagnait l’animateur lors de cette entrevue, donne plus de détails sur cette opération à cœur ouvert. «Avec toute la préparation, la chirurgie et ensuite son transfert aux soins intensifs, c’est un bon trois à quatre heures comme durée. C’est une chirurgie qui est faite régulièrement à l’Institut de cardiologie et, comme procédure, c’est quand même plus gros que des pontages, par exemple.»

Et Mike d’ajouter: «Pendant je ne sais combien de temps, j’ai été branché sur une machine cœur-poumons qui me gardait en vie artificiellement.» «Complètement, précise le chirurgien. Le cœur doit être arrêté, le temps que les réparations soient faites. Les premiers trois mois après l’opération, même si ça va très bien, il doit faire des activités de façon modérée, comme de la marche. Ensuite, on augmente l’intensité; il va pouvoir recommencer à faire de l’activité physique de haute intensité. C’est ce que je lui recommande», ajoute le médecin. Il y a donc plus de trois mois que Mike a été opéré. Il y a donc fort à parier qu’il affichera une très belle forme et se sentira beaucoup mieux en 2026.

On retrouve Stéréo Mike sur le réseau Énergie.  Tous les détails sont au radioenergie.ca. Mike est présentement à créer un  deuxième spectacle hommage à la musique britannique; L’EMPIRE MUSICAL, qui prendra l’affiche en décembre 2026 au Casino de Montréal.  Les billets sont déjà disponibles.

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