Montréal: moins d’argent prévu dans les routes et les infrastructures de l’eau

Elsa Iskander
Malgré la vétusté des routes et des canalisations, Montréal a révisé à la baisse ses dépenses prévues dans les infrastructures routières et de l’eau.
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Du côté des routes, les investissements s'élèvent à 486 millions $ en 2021, soit 30 millions $ en moins que ce qui était prévu dans le Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2020-2022 présenté l’an dernier, peut-on lire dans les documents budgétaires présentés jeudi par la mairesse de Montréal, Valérie Plante.
Du côté des infrastructures de l'eau, les dépenses prévues s'élèvent maintenant à 456 millions $, soit 22 millions $ en moins que ce qui était prévu.
Argent pas utilisé
Pour l’année en cours, la Ville comptait débourser 506 millions $ pour les routes et 497 millions $ pour l’eau. Dans les faits, ces sommes n’ont pas entièrement été utilisées en 2020.
La municipalité a injecté 420 millions $ dans les infrastructures routières, une différence de 86 millions $. Elle a versé 405 millions $ dans les infrastructures de l’eau, soit 92 millions $ de moins qu’anticipé.
La Ville n’a pas précisé l’impact que cela aura sur les infrastructures vieillissantes. Rappelons qu'en 2019, une évaluation des infrastructures de l’eau a indiqué que 10 % d’entre elles étaient dans un mauvais ou très mauvais état, selon le Bilan de l’usage de l’eau potable de la Ville.
«En conséquence, le déficit de maintien d’actifs de l’eau de la Ville de Montréal est estimé à 3,3 milliards $», d’après ce bilan, de telle sorte que des investissements annuels de 950 millions $ par an seraient nécessaires, en plus des frais d’exploitation.
«Lorsque vous regardez les investissements sur une période de 10 ans (...), on s’attaque au déficit d’entretien», a soutenu toutefois Benoit Dorais, président du comité exécutif de la Ville de Montréal.
Selon Lionel Perez, chef du parti d’opposition Ensemble Montréal, la diminution des investissements ne vise pas à donner un répit aux citoyens incommodés par les chantiers, mais plutôt à faire des économies temporaires. «Ça va nous coûter encore plus cher à long terme», a-t-il déploré.
18 milliards $ en 10 ans
Le Programme décennal d'immobilisations (PDI) 2021-2030 de 18,69 milliards $ a été dévoilé jeudi, soit 1,9 milliard $ par an en moyenne. Les infrastructures routières et de l’eau obtiennent malgré tout la part du lion, avec des investissements de 4,5 milliards $ et 5,8 milliards $ d’ici 2030. Les bâtiments et terrains obtiennent 3,7 milliards $, et 2,9 milliards $ sont consacrés aux parcs, espaces verts et terrains de jeu.
Les emprunts et le paiement au comptant des immobilisations financeront plus de 80 % du PDI et les subventions gouvernementales 13 %, soit 2,4 milliards $, incluant 400 millions $ basés sur «des hypothèses d’aide financière».